La philosophie de l’Imâmat chez Mollâ Sadrâ (5)

Explication philosophique des qualités des Imâms (as) (suite)

 

B. L’Imâm est constamment l’objet du soutien divin et de l’inspiration du monde invisible :

 

Ce soutien et cette inspiration divine résultent de l’élévation du degré de l’être des Imâms. Car l’Imâm, à l’instar du prophète, bénéficie d’un degré de l’être spécial. Ce degré est immatériel et miraculeux par rapport aux degrés atteints par les autres humains. Pour cette raison et comme nous l'avons vu, les effets de ce degré sublime sont aussi miraculeux, et l’un d’entre eux consiste dans le fait que la science de l’Imâm est extraordinaire.

 

Nous allons maintenant relever quelques points importants en rapport avec ce qui précède. Ces points ont aussi été évoqués largement dans les hadiths et les traditions :

 

  • L’Imâmat est l’ésotérique de la prophétie, et les deux ont en partage de boire à la même source. Comme l’Imâm Rezâ (as) l'a souligné, la seule différence entre un prophète et un Imâm consiste dans le fait que le prophète voit l’ange (de la révélation) et entend sa parole, alors que l’Imâm entend l’ange mais ne le voit pas.

 

  • Etant donné que du point de vue des perfections existentielles, l’Imâm ne jouit pas de la position de prophète et que l’Imâmat est dans la jonction étroite et ininterrompue avec la prophétie, l’Imâm est donc l’héritier légitime des sciences et des Livres révélés aux prophètes. L’Imâm Rezâ (as) a décrit les Imâms comme les élus de Dieu et les héritiers du Livre de Dieu (le Coran). L’Imâm connaît tous les Livres célestes dans quelque langue qu’ils soient écrits ou révélés, comme l’a déclaré l’Imâm Mûsa ibn Jaafar (as).

 

  • Nous disposons de nombreuses attestations de cet héritage à travers les différents hadiths et traditions tels que :

 

  • Les Imâms sont ceux que le Coran décrit comme « ceux qui détiennent une science bien assise» ou encore « ceux qui sont bien enracinés dans la science » (Sourate Âl ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 7) ; ils possèdent la capacité d’interprétation des versets du Coran. En outre, les fondations sur lesquelles reposent les nombreuses profondeurs de sens ésotérique (batn) du Coran correspondent aux mêmes différences de degré d’être parmi les humains. Chaque homme ou femme obtient une connaissance des réalités coraniques en proportion de son degré de perfection et de « séparation » au sens philosophique (tajarrod). Ils sont les trésors de la science divine et les interprètes de la révélation ; les Imâms Sâdeq et Bâqer (as) ont dit : « Personne, hormis les Imâms, ne possède pleinement l’ensemble des sciences coraniques ».

 

  • Les Imâms sont les Associés du Noble Prophète (s).

 

  • Les emblèmes et les preuves miraculeuses des anciens prophètes sont détenus par les Imâms. Comme les Tablettes de la Loi et le bâton de Moïse, le sceau de Salomon, la chemise de Joseph, les armes du Prophète de l’islam (s), ses lettres cachetées, le Feuillet (Sahîfa) et l’Englobante (Jâmi’a) et autres insignes de l’héritage et de la puissance des prophètes (as).

 

  • L’affectation de l’Esprit Saint du service du Prophète au service de l’Imâm, comme l’a expliqué l’Imâm Sâdeq (as) : « L’Esprit qui descendait sur le Prophète de l’islam n’est pas retourné au ciel : il est resté avec les Imâms. ». Rappelons aussi que l’Imâm 'Alî (as) a dit que cet Esprit (al-Rûh) n’était pas un ange parmi d’autres.

 

  • Comme la science de l’Imâm est innée, à savoir une inspiration et une science provenant directement de Dieu (ladunni), elle possède les caractéristiques suivantes :

 

  • L’Imâm est l’homme le plus savant de son temps, parce que sa science est un effet de son être, et que son être est doté du plus haut degré d’être de son temps.

 

  • La science des Imâms est une science ininterrompue, constante, qui s’enrichit et se renouvelle à chaque instant à la source infinie de l’inspiration divine. L’Imâm Musâ Ibn Jaafar (as) a dit : « La science de l’Imâm possède trois directions : le passé, le futur et le présent. » Il a ajouté que la troisième sorte de science, celle du présent, était la résultante de l’inspiration projetée sur le cœur de l’Imâm, la transmission au moyen de l’audition. Cette troisième sorte de science est la plus élevée qui soit. Mais il rappelle qu’aucun prophète, après le Noble Prophète de l’islam (s), ne viendra plus et qu’il ne faut pas considérer l’Imâm comme un prophète.

 

  • Chaque fois que l’Imâm souhaite connaître une chose, Dieu la lui enseigne.

 

  • Quand ils rencontrent des hommes sages et dignes de confiance, des hommes ayant accédé à un degré d’être proche du leur, les Imâms (as) les informent de toute chose. Parce que le Pur ne se confie qu'au Pur.

 

  • La science des Imâms est la seule qui soit exempte d’erreur et de contradiction.

 

C- L’Imâm est l’observateur de tous les évènements du monde et de tous les comportements humains.

D’après la doctrine de l’unité de l’être (wahdat al-wujûd) et de sa réalité modulée selon différents degrés, comme on l’a vu, l’Imâm jouit du plus haut degré d’intensité de l’être. Pour cette raison, il se trouve au sommet de la hiérarchie ontologique. Il en résulte :

 

  • Une souveraineté universelle de l’Imâm sur le monde des possibles.

 

  • Une maîtrise et un contrôle du cours des évènements, et principalement des comportements humains face à ces évènements. Ceci est conforme à ce que disent les traditions, à savoir que toutes les actions des hommes sont présentées au Prophète (s) et aux Imâms (as).

 

(à suivre)

Idem, de l’Imâm Rezâ (as) 705 ; de l’Imâm Bâqer (as) 699 ; et de l’Imâm Sâdeq (as) 697 et 700. Voir aussi les traditions 1020 à 1024, 1031 à 1035, et au sujet de ce que les sciences des Imâms font partie des mystères divins, Abû al-Hasan (as), 650.

Idem, de l’Imâm Rezâ (as) 559 ; et à ce sujet, les traditions des autres Imâms, 552 à 556 et 589 à 592.

Idem, 600 ; et aussi de l’Imâm al-Sâdiq (as), traditions 601, et 653 à 655

Mûsa fils de Jaafar (as) est le septième Imâm des chiites duodécimains. Il est le père de l’Imâm Rezâ.

L’expression coranique désignant « ceux qui sont bien enracinés dans la science » est la suivante : (râsikhûn fi al-‘ilm)

Idem, Imâm Sâdiq (as), 449 à 451. Au sujet du rapport existant entre les profondeurs de sens du Coran et les degrés de l’être, voir Asfâr, volume 7, page 36 et suivantes.

Idem, 500 à 505

Ja’far al-Sâdiq (as) est le sixième Imâm des chiites. Il est connu pour celui qui a définitivement assis le chiisme, au point que l'école duodécimaine est parfois appelée école ja'farite (al-mazhab al-ja'farî)

L'Imâm Muhammad al-Bâqir (as), mort en 733, est le cinquième Imâm du chiisme. Son surnom al-Bâqir fait référence à sa science religieuse immense.

Idem, 402 à 407

Idem, 678 à 680

Idem, les Imâms Bâqir et Sâdiq (as), 611 à 636

Idem, 709 à 715

Idem, tradition numéro 716

Idem, 672 à 677 ; les Imâms sont la source des sciences : 1036 et 1037

Idem, 681.

Idem, Imâm Sâdeq (as), 661 à 663, et 672 à 675.

Idem, les Imâms Bâqir et Sâdiq (as), 684 et 685.

Doctrine la plus conforme à l’enseignement philosophique de l’islam, dont les prémisses ont été posées par Ibn 'Arabî (mort en 1240) et son école, pour être exprimée de façon rationnelle dans le cadre d'un système philosophique précis par Mollâ Sadrâ Shîrâzî.

 

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