La philosophie de l’Imâmat chez Mollâ Sadrâ (7)

Explication et élucidation philosophique des qualités des Imâms (as)

 

F. L’Imâm est unique en son temps, le seul de son vivant

 

Puisque l’Imâm est au sommet de la hiérarchie du monde de l’être, qu’il est investi de l’intensité la plus forte de l’être de son temps terrestre et qu’il est le premier chaînon sans intermédiaire de l’effusion sacrosainte de Dieu, il jouit naturellement de toutes les perfections qui sont inhérentes à ce rang. Entre autres qualités parfaites, celle de l’unicité, qui signifie que l’Imâm de chaque époque est unique, il n’y a que lui et il est impossible qu’il y en ait deux en fonction en même temps.

Il en résulte :

  • Pour chaque époque ou cycle, il n’y aura jamais plus d’un Imâm. Les traditions remontant à l’Imâm Rezâ (as) confirment ce point.
  • Chaque nouvel Imâm est investi des qualités et perfections de la science, dans les derniers instants de la vie de son Imâm prédécesseur.
  • Comme l’a mis en évidence l’Imâm Rezâ (as), un Imâm se doit de désigner l’Imâm qui lui succèdera et de le faire connaître, afin que le transfert du dépôt sacré soit effectué.
  • Chaque Imâm est informé miraculeusement de la mort de l’Imâm précédent, même quand il ne vit pas (ou ne se trouve pas) aux côtés de son prédécesseur. De même, en éprouvant un sentiment et un état nouveau de son être, il ressent par inspiration divine que c’est lui qui est élu pour porter cette charge de l’Imâmat.

 

G. L’existence ne sera jamais dépourvue d’Imâm

 

Le sujet portant sur le fait que la terre ne sera jamais dépourvue de la présence d’un « Hojjat », d’une Preuve de Dieu, – que la présence de la Preuve divine est nécessaire et que l’existence ne peut se poursuivre sans elle –, repose sur l’idée que l’existence de l’Imâm est une nécessité de l’effusion divine dans le monde de l’être, ce qui implique que tant que le monde de l’être subsistera, l’existence de l’Imâm sera nécessaire et indispensable.

D’autre part, en raison du besoin des hommes d’une guidance céleste, l’Imâm est le flambeau éclairant de la guidance, le garant et le protecteur de la révélation divine, ainsi que la référence légale de l’herméneutique coranique, c'est-à-dire qu’il est l’autorité la plus compétente pour faire l’exégèse du texte coranique. Et de ce point de vue, tant qu’il y aura des hommes, il y aura un Imâm. C’est pour cela que dans les traditions chiites, il est dit que le dernier homme à mourir sera l’Imâm, et que s’il ne restait plus que deux hommes sur la terre, l’un deux serait l’Imâm. L’Imâm Rezâ (as) a dit : « Sans la présence de la Preuve de Dieu, la terre s’écroulerait », parce que le monde de l’existence, privé du soutien de l’Effusion continue et du secours divin, ne connaîtrait pas d’autre destinée que le néant.

Outre cela, la nécessité de la présence de l’Imâm peut aussi se démontrer par les arguments suivants :

  • La réalité de la révélation divine est un ensemble de significations générales et vastes que les esprits ordinaires n’ont pas la capacité de comprendre. Comme le Coran est un Livre qui existera toujours et que l’interlocuteur réel de Dieu est le Noble Prophète (s) qui sert de Cœur et d’Esprit, de lieu d’inhésion et de réception de la révélation ; après lui, seuls les Imâms sont à même d’hériter la fonction de référents et d’interprètes du Coran. Comme cela a d’ailleurs été confirmé par une tradition de l’Imâm Sâdeq (as).
  • L’effusion et l’inspiration divines sont continues. Il est donc nécessaire qu’à chaque époque, il existe un être ayant qualité pour recevoir cette effusion et cette inspiration et qui soit digne que l’Esprit et les anges s’adressent à lui. Rappelons que les Imâms se sont appuyés sur la continuité de la Nuit du Destin (laylat al-qadr) après le Noble Prophète (s) pour justifier et démontrer la continuité et la permanence de la fonction de l’Imâmat.
  • Avec l’Imâm, Dieu établit Sa Preuve (Hojjat) devant la création. Comme l’Imâm Mûsâ Ibn Ja'far et l’Imâm Rezâ (as) l’ont affirmé.
  • Les Imâms sont les témoins de Dieu à charge et à décharge vis-à-vis des créatures en tant que modèles et exemples ; et aussi pour la surveillance et l’examen des actes et témoignages au jour de la Résurrection.

 

H. Obéir à l’Imâm : source de bonheur ; s’opposer à lui : source d’infortune

 

Avec les qualités que nous avons exposées et qui sont requises de l’Imâm, il est évident que se rallier à l’Imâm, lui obéir, reconnaître son rang et témoigner de sa légitimité ne peut que garantir le bonheur dans ce monde et dans l’autre. Par contre, s’opposer à lui, lui désobéir ne peut être que source de malheur et d’égarement. Les Imâms sont les piliers du monde de l’être, et les seuls moyens pour assurer le salut de l’humanité. Pour cette raison, ceux qui prétendent faussement à l’Imâmat, au califat divin et qui nient cette dignité divine accordée à la Famille du Prophète (s), ou qui soutiennent ces dénégateurs de la vérité divine, sont tous voués au châtiment divin.

Selon une tradition du Prophète (s) : « Mourir sans avoir connu l’Imâm, c’est mourir dans l’ignorance (jâhiliya) et la perdition ».

 

  • Connaître l’Imâm et se rallier à lui nécessitent une aptitude et une capacité spéciales

 

Les traditions rapportent que : « La parole de la Famille de Mohammad, (Salla Allah ‘alayhi wa âlihi wa sallam) est une parole difficile et rare que seul un prophète envoyé, un ange rapproché ou un croyant dont le cœur a été éprouvé, peuvent croire pleinement et supporter. »

Cela s’explique par le principe que la connaissance de la station de l’Imâm requiert impérieusement un degré d’être élevé et parfait, ou proche de la perfection, correspondant à cette noble station. Il n’est donc pas donné à tout le monde de se mettre à l’ombre du seuil de ces Êtres Beaux et Lumineux. La capacité limitée des hommes ordinaires ne leur permet pas d’embrasser du regard ce soleil flamboyant, et cette mer sans rivage de l’Imâmat.

C’est pourquoi nos Imâms impeccables (as) font remonter le lien de la reconnaissance de la walâya, tout comme la reconnaissance de l’unité divine, au moment initial où les êtres étaient des poussières dans les mains de Dieu : dans Sa Main droite, les partisans des Imâms, et dans la gauche, leurs ennemis. De même, ils considèrent les chiites et les partisans de la walâya (alliance et vassalité avec les Imâms) comme faisant partie intégrante de l’Imâmat, c'est-à-dire qu’ils ont été créés de la même origine et de la même matière qu’eux. Ce qui est pur l’est depuis les origines. Pour connaître les Imâms, il faut une pureté intérieure, une capacité en rapport et une aptitude spéciale, car ces Purs sont l’âme du monde ; l’âme de l’âme. Même si en apparence, ce sont des hommes comme les autres hommes.

Al-Usûl min al-Kâfî, tradition numéro 923.

Idem, Imâm Sâdiq (as), 717 à 719.

Traditions 723 et 724

Idem, l’Imâm 'Alî al-Naqî (as), 984.

Rappelons que l’expression Hujjat Allâh, « Preuve de Dieu », désigne d’abord les prophètes et les Imâms.

Ce qui n’empêche pas bien entendu que des savants puissent écrire des commentaires du Coran, comme cela a été fait et se poursuivra sûrement. Il est ici question de la capacité de l’Imâm de donner une interprétation mettant fin au débat des non qualifiés, C’est la raison pour laquelle il n’existe pas de commentaire canonique du Coran, que l’on pourrait imposer à l’ensemble des croyants. Le texte divin génère en permanence des sens nouveaux, et seuls les Imâms peuvent apporter des sens ayant force de Loi.

Idem, 498.

Voir la Sourate Al-Qadr (Le destin) ; 97, tous les versets.

Idem, 637 à 645.

Idem, successivement 438, puis 439 et 440.

Idem, 491 à 495.

Idem, 515 à 517.

Idem, l’Imâm Sâdiq (as), 693

Bihâr al-Anwâr (Les Océans des Lumières) de Allamâh Majlisî, vol. 23, p. 41.

« Que les prières et les Salutations de Dieu soient sur lui » : c'est la formule complète de la salutation rituelle prononcée après la mention du nom du Prophète. Pour chacun des Douze Imâms, la formule complète est « 'Alayhi- al-salâm » « Que la Paix soit sur lui ». Pour Fatimâ al-Zahrâ, la fille de l’Envoyé de Dieu, la formule est mise au féminin, on dit : « 'Alayhâ al-salâm ».

Al-Usûl min al-Kâfî, Idem, 1044 à 1048.

Dans la langue arabe, la forme wilâya se réfère à une autorité et le nom agent wâlî, qui en dérive, signifie gouverneur, protecteur ou préfet. La forme walâya se réfère à une proximité, d’amitié, de parenté. Dans ce cas, le nom agent est walî et sert à désigner le saint, awliyâ au pluriel. Le degré de walâya et la fonction de wilâya sont en fait reconnus à l’Imâm, car la relation d’alliance qui existe entre les Imâms (as) et leurs partisans est double : à la fois une allégeance spirituelle et une allégeance à une autorité temporelle. Cette allégeance affirme la reconnaissance de la fonction d’Imâm et proclame le désaveu (bara’ât) de ceux qui ne reconnaissent pas les droits des Imâms.

 

 

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