La réalité du Mi‛raj du Prophète (s)

La réalité du Mi‛raj du Prophète (s) n’est rien d’autre que le voyage l’ayant conduit de la Mosquée sacrée à la Mosquée al-Aqsâ, et de là au « lotus de la limite ». On peut en tirer les vérités de l’analyse des versets coraniques révélés à ce sujet :

 

1- Distance de ce voyage céleste.

2- Moment et durée de ce voyage.

3- Quelles choses ont été observées au cours de ce voyage céleste ?

 

On déduira les réponses à ces questions en se basant sur les traditions et sur la traduction des versets.

 

Le premier verset de la sourate 17 Al-Isrâ’ (Le voyage nocturne) concerne le Mi‛raj du noble Envoyé (s) :

 

« Gloire à Celui qui a fait voyager de nuit Son serviteur de la Mosquée sacrée à la Mosquée très éloignée dont Nous avons béni l’enceinte, et ceci pour Lui montrer certains de Nos Signes. Dieu est Celui qui entend et qui voit parfaitement. »

 

Et dans la sourate 53 Al-Najm (L'étoile), une partie des versets 4 à 18 est consacrée à ce voyage spirituel et divin tandis qu’une autre relate l’événement de la descente de la révélation, au début de la mission :

 

« C’est seulement une Révélation qui lui a été inspirée. Le Puissant, le Fort la lui a fait connaître. Celui qui possède la force s’est tenu en majesté, alors qu’il se trouvait à l’horizon suprême ; puis il s’approcha et il demeura suspendu. Il était à une distance de deux portées d’arc – ou moins encore – et il révéla à Son serviteur ce qu’Il lui révéla. Le cœur n’a pas inventé ce qu’il a vu. Allez-vous donc élever des doutes sur ce qu’il voit ? Il l’a vu, en vérité, une autre fois à côté du jujubier de la limite auprès duquel se trouve le Jardin de la Demeure ; au moment où le jujubier était enveloppé par ce qui le couvrait. Son regard ne dévia pas et ne fut pas abusé. Il a vu les plus grands Signes de son Seigneur. »

 

 

Les versets cités rapportent deux ascensions et se rapportent à deux événements.

 

La première ascension a trait au début de la descente de la révélation. Pour cette première partie, il existe deux interprétations : lors de cet événement, le Prophète (s) voit Dieu, selon une première interprétation, ou Jabra’îl (as), selon une seconde, à l’horizon supérieur, avec une stature élevée. La première supposition semble cependant être la plus avérée étant donné que le verset dit : « il révéla à Son serviteur ce qu’Il lui révéla », le mot de "serviteur" ('abd) décrivant davantage la façon dont Dieu désigne Mohammad (s), plus qu'un qualificatif utilisé par Jabra'îl (as) pour s'adresser à Mohammad (s), ce dernier n'était pas au sens propre son "serviteur". Il se rapproche tellement de Lui qu’il ne se trouve plus qu’à la distance de deux jets de flèche, ou un peu moins. Là, Dieu révèle donc au Prophète (s) ce qu’il était tenu de lui révéler :

 

« عَلَّمَهُ شَدِيدُ الْقُوَى » (‘allamahu shadîdu al-quwâ) (Al-Najm (L'étoile) ; 53 : 5) : ce maître jouit de raison et de sagesse et dresse sa stature dans le ciel (au moment de la descente de la révélation).

« وَهُوَ بِالْأُفُقِ الْأَعْلَى » (wa huwa bil ufuqi-l-a‛lâ) (Al-Najm (L'étoile) ; 53 : 7) : ce maître se tenait à l’horizon supérieur.

« ثُمَّ دَنَا فَتَدَلَّى » (thumma danâ fatadallâ) (Al-Najm (L'étoile) ; 53 : 8) : ce maître du Prophète se rapprocha et resta suspendu dans le ciel.

 « فَكَانَ قَابَ قَوْسَيْنِ أَوْ أَدْنَى » (fakâna qâba qawsayni aw adnî) (Al-Najm (L'étoile) ; 53 : 9) : ce maître se rapprocha du Prophète de sorte à n’être plus séparé de lui que par la portée de deux flèches, ou un peu moins.

« فَأَوْحَى إِلَى عَبْدِهِ مَا أَوْحَى » (fa’awhâ ilâ ‘abdihi mâ awhâ) (Al-Najm (L'étoile) ; 53 : 10) : ce maître transmit la révélation au serviteur de Dieu (au Prophète) et lui révéla ce qu’il devait lui révéler.

 

La deuxième ascension dont parlent ces versets se réfère au Mi‛râj durant lequel il voit « les plus grands signes de son Seigneur ».

 

Par conséquent, au cours de son voyage, le Prophète (s) voit deux fois les signes de Dieu :

- Lors de son voyage le conduisant de la Mosquée sacrée à la Mosquée al-Aqsâ, comme le dit la sourate Al-Isrâ’ : « pour Lui montrer certains de Nos Signes ».

- Lors de son voyage le conduisant de la Mosquée al-Aqsâ au « lotus de la limite », lorsqu’il voit « les plus grands signes de son Seigneur ».

Il est intéressant de remarquer que le Coran ne qualifie pas de « grands » les signes que le Prophète (s) voit au cours de son voyage le conduisant de la Mosquée sacrée à la Mosquée al-Aqsâ, alors que c’est le cas pour ceux qui sont observés durant la suite de son voyage. Ceci montre que le contenant de ses signes diffère : les premiers signes sont observés sur cette terre, tandis que les seconds le sont à l’extérieur de la terre.

 

Bien entendu, ces versets ne disent pas que le second voyage a lieu à la suite du premier, ni que ces deux voyages ont eu lieu au même endroit et au même moment. Il est possible qu’ils se soient déroulés à deux moments distincts et qu’ils aient été accomplis séparément. Cependant, si le Mi‛râj corporel et spirituel de son Excellence (s) ne s’est produit qu’une seule fois, il faut nécessairement que la seconde ascension ait eu lieu à la suite de la première et qu’elles aient été réalisées ensemble, au cours de la même nuit.

 

Considérant ces éclaircissements, il est possible de tirer les réponses des versets eux-mêmes. Voici ce qu’il en est :

 

A : La distance parcourue lors de ce voyage vers les horizons va de la Mosquée sacrée à la Mosquée al-Aqsâ, puis de là au « lotus de la limite », près duquel se situe le « Jardin de la Demeure ».

B : La durée de ce voyage - de par l’emploi du terme isrâ' qui désigne un voyage nocturne - correspond à une nuit. Cependant, les versets se taisent au sujet de la proportion qu’occupe le voyage au cours de cette nuit.

C : Au cours du voyage, le Prophète (s) voit les plus grands signes de Dieu. Cependant, la formulation arabe indique qu’il ne les voit pas tous, mais seulement une partie (« certains de Nos Signes »).

 

Bien que le terme isrâ' situe dans le temps ce voyage vers les horizons, et indique le fait qu’il ait été accompli entièrement de nuit, le terme laylân vient insister sur ce point, dissipant toute forme de doute au sujet du moment concerné. Ce genre d’emphase est courante dans la langue arabe, avec par exemple, comme ici, la présence de deux termes se rapportant à la nuit dans la même phrase.

 

Le Coran relie fermement le miracle du Mi‛raj au Prophète (s) et défend cet événement. Sachant cela, comment des chrétiens et leurs adeptes peuvent-ils écrire : « Les musulmans rapportent des miracles du Prophète (s) mais il est étonnant de constater à la lecture du Coran qu’il n’y soit pas question de miracle à son sujet. »

Comment interprètent-ils ces versets que nous venons de voir ?

Il existe tellement de traditions et de hadiths à propos du Mi‛raj qu’il est impossible de dire que ces hadiths et traditions soient tous factices et remis en question.

 

Il est étonnant de constater qu’une personne capable de se référer, concernant les états du noble Prophète (s), aux hadiths uniques rapportés par Tabarî, de juger que les fables concernant les idoles s’accordent à l’esprit du Prophète (s) et de considérer que les discussions du Prophète avec Khadîja (as) témoignent de son absence de certitude, puisse ignorer ces hadiths rapportés de manière fréquente par Tabarî comme par d’autres et de son propre chef, et puisse les barrer tous d’un trait rouge.

 

Ces auteurs nourris de préjugés sont des fanatiques. Ils ont au préalable une thèse et s’occupent ensuite de l’étayer, c’est pourquoi ils se contentent d’un seul cas, d’une tradition unique, pourvu qu’elle s’accorde avec ce qu’ils croient. Face à cela, ils peuvent ignorer des centaines de hadiths qui ont pour seul défaut de ne pas s’accorder à ce qu’ils pensent.

La mosquée de Makka (La Mecque).

La mosquée de Jérusalem, initialement Temple de Solaymân (Salomon) et première qibla (direction de la prière) des musulmans.

Ou jujubier.

Traduction Denise Masson.

Il s’agit du Prophète Mohammad (s).

Denise Masson, tout en parlant du lotus dans ses notes, lui préfère le jujubier pour sa traduction, par un probable souci de cohérence botanique. Le lotus a cependant le mérite de permettre un rapprochement avec d’autres voyages spirituels issus d’autres traditions religieuses, ce qui est éclairant. Elle note également que le mot qui peut être traduit par lotus, ou jujubier, peut également désigner un nom de lieu.

Traduction Denise Masson.

De nuit, nocturne.

Rapportés une seule fois, par une seule chaîne de transmission, ce qui les classe au rang de « faibles ».

Manshûr-e Jawîd, Vol. 7, p. 217.

 

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