Comparaison de l’existence de Dieu dans les textes sacrés du christianisme et de l’islam (2)

 

  • L’existence de Dieu dans les textes sacrés du christianisme

 

La quiddité de Dieu dans la religion de Jésus-Christ

 

Dans le christianisme (masîhiyat), Dieu est Un, simple, unique, sans pareil, absolu et parfait. Il est impossible et contraire à la raison de se représenter deux ou plusieurs êtres illimités, absolus. Mais l’unicité divine n’est pas en contradiction avec l’affirmation de la Trinité parce que l’unité divine n’est pas simple comme celle d’un nombre. Dans l’unité divine, bien que nous croyions en son unicité, nous acceptons l’existence des trois hypostases en un seul Dieu. Le christianisme ne croit en réalité qu’en un Dieu unique. Ce Dieu possède une quiddité spirituelle pure et possède une volonté et une conscience. Si le Dieu du christianisme possède une personnalité, ce n’est pas dans le sens d’une personnalité d’un être ordinaire. C’est un Dieu illimité, infini, puissant, omniprésent, sachant, éternel et dont l’existence est nécessaire. Personne ne peut concevoir son inexistence. Il n’a ni commencement ni fin. Il est le Dieu créateur du monde et Celui qui le maintient. Il a créé le monde à partir du néant. Il est à la fois dans le monde et hors du monde. Il peut aussi par sa volonté annihiler le monde. Sa nature est mystérieuse et bien qu’Il se fasse connaître dans les expériences mystiques des hommes, personne ne peut vraiment Le connaître parfaitement. C’est un Dieu infini et transcendant, mais qui peut aussi, par Sa volonté, fixer une limite à Sa puissance afin de donner davantage de liberté aux hommes. Il est la perfection absolue et le bien absolu, mais plus que tout, Il est infiniment bon, miséricordieux et débordant d’amour. Le christianisme met insiste sur les qualités de bonté et de miséricorde de Dieu ainsi que sur Son amour. Dieu est synonyme d’Amour.

 

  • Le point de vue de l’évidence de l’existence de Dieu dans la Bible

 

Pour certains, l’existence de Dieu, dans les deux Testaments, est quelque chose de nécessaire et d’évident : « La Bible suppose que tous les hommes devraient avoir foi en Dieu. C’est la raison pour laquelle la Bible ne s’emploie pas à élaborer une démonstration de l’existence de Dieu. Tout au long du texte sacré, l’existence de Dieu est supposée comme allant de soi. La Bible s’ouvre par ces mots : « Au commencement était le Verbe (Dieu)… » (Genèse ; 1 : 1). Et par la suite, dans tous les livres et les chapitres qui composent la Bible, cette existence de Dieu est comptée comme évidente. Les passages comme Psaumes, 8 : 94 ou Ésaïe 40 : 12 à 31 ne sont pas des arguments pour démontrer l’existence de Dieu, mais exposent l’Essence divine et nous invitent à l’accepter. » De toutes ces expressions bibliques, il ressort que l’existence de Dieu est quelque chose qui relève de la connaissance immédiate. Mais le même écrivain considère dans un autre paragraphe de son livre que la connaissance de Dieu est innée. « La croyance en Dieu est une connaissance nécessaire. La nécessité de cette croyance est dans le sens que si nous nions l’existence de Dieu, cela revient à contredire nos règles et nos principes fondamentaux et naturels. Nier l’existence de Dieu est contraire à la nature, est généralement une expérience provisoire non durable et survient le plus souvent dans une situation de contrainte. De même que l’on peut déplacer manuellement l’aiguille d’une pendule de son heure exacte, de même on peut pour un temps et par des pressions, éloigner un homme de sa croyance naturelle en l’existence de Dieu. »

Dans un autre paragraphe, il présente un témoignage tiré de la Bible qui pourrait être un argument en faveur de l’évidence de l’existence de Dieu et non de son caractère inné (fitrî). 

« La croyance en l’existence de Dieu est une réalité principielle qui devrait logiquement précéder l’acceptation de la Bible. La perception intérieure est une connaissance universelle et nécessaire. L’apôtre Paul dit: « Car ce qu'on peut connaître de Dieu est évident pour eux, puisque Dieu le leur a fait connaître. » (Epître aux Romains ; 1 : 19). Il ajoute au verset 20 : « En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient depuis la création du monde, elles se comprennent par ce qu'il a fait. Ils sont donc inexcusables… » L’auteur a repris ces deux versets, dont la traduction est quelque peu ambigüe de l’ancienne édition connue de la Bible. Les versets sont rendus ainsi dans une autre traduction : « Car ce que les hommes peuvent connaître de Dieu est évident pour eux, puisque Dieu l’a mis sous leurs yeux. Depuis le temps de la création du monde, les qualités invisibles de Dieu, c'est-à-dire sa puissance éternelle et sa divinité peuvent aisément se contempler dans les choses qu’Il a créées, et ils seront donc à jamais inexcusables. » 

Il semble que ce paragraphe n’ait pas de rapport avec la perception innée ou intuitive. Il dit plutôt que quiconque contemple les signes de Dieu, contemplera manifestement Son existence. Sur la base de la théorie « du caractère inné de la connaissance de Dieu », ceci est une connaissance partielle de la nature humaine, et rien de cela ne peut se déduire de la citation de Paul, mais on pourrait peut-être en inférer à la rigueur l’immédiateté de la connaissance de Dieu.

Un autre écrivain a exprimé un point de vue à propos de ce même paragraphe de l’épître de Paul qui conclut à l’immédiateté de la connaissance de l’existence de Dieu. : « Paul (qui a recouru à l’emploi de tout moyen possible susceptible de l’établir de façon rationnelle) n’a pas soulevé le sujet pour renforcer la certitude de la foi chrétienne ; il a été en-deçà de son intention de montrer que le secret de l’existence de Dieu peut être atteint par la raison humaine. Son but était plutôt de montrer que même les païens sont à même de percevoir l’existence de Dieu, et qu’ils n’auront plus, en conséquence, de prétexte pour continuer à adorer les idoles et pour se livrer à la corruption morale. ». Les religions ont convaincu bien plus d’hommes de l’existence de Dieu que ceux qui s’appuient sur la raison.

 

  • Le caractère inné de la connaissance de l’existence de Dieu, selon Jean Damascène

 

Jean Damascène fait partie de ceux qui professent que la connaissance de Dieu est innée en l’homme. « Dieu ne nous a pas laissés dans l’ignorance totale. Il a mis dans la nature de chacun de nous la reconnaissance de Son existence nécessaire. Tous les hommes reconnaissent l’existence de Dieu, et cette connaissance innée de l’existence de Dieu est inscrite en chaque homme. Mais la domination du mal de Satan sur la nature des humains les a conduits à rejeter l’existence de Dieu, ce qui a entraîné leur perte. Le Prophète David (as) s’exprime ainsi au sujet de la stupidité de ces hommes : « L'insensé dit en son cœur : il n’y a point de Dieu! » (Psaumes ; 14 : 1).

Le paragraphe sur lequel s’appuie Jean Damascène apparait dans deux des psaumes de David (as), numérotés 14 et 53, avec une légère variante : « L'insensé a dit en son cœur : Il n'y a point de Dieu. Ils se sont corrompus, ils ont commis des actions abominables, il n'y a personne qui fasse le bien. L'Éternel abaisse des cieux Son regard sur les fils des hommes pour voir s'il y a quelqu'un qui soit intelligent, qui recherche Dieu. Ils se sont tous égarés, ils se sont corrompus tous ensemble ; il n'y en a point qui fasse le bien, non pas même un seul. Ont-ils perdu le sens, tous ces ouvriers d'iniquité ? Ils dévorent mon peuple comme s'ils mangeaient du pain ; ils n'invoquent point l'Éternel. ». (Psaumes ; 14 : 1 à 4). Comparez avec Psaumes, 53 : 1. : « L'insensé dit en son cœur: Il n'y a point de Dieu ! Ils se sont corrompus, ils ont commis des iniquités abominables ; Il n'en est aucun qui fasse le bien. »

La déduction que font certains commentateurs de la Bible, du paragraphe en question est que l’insensé nie Dieu dans le sens qu’il souhaite vivre sans Dieu et échapper ainsi aux malheurs qu’il subira en conséquence de ses péchés. De cette parole, il ressort que la négation de l’insensé est une négation délibérée exprimée par opiniâtreté, rébellion. Il ne veut pas se soumettre à la réalité pour qu’il se conforme à ses implications. Il veut être libre et sans attaches, agir en mal s’il le veut. Dans ce paragraphe, la négation de Dieu est considérée plusieurs fois comme la cause directe, le concomitant de la corruption et des mauvaises œuvres. D’une part, l’insensé nie Dieu, de l’autre, le sage et intelligent cherche Dieu ; par conséquent, à la différence du raisonnable, l’insensé est une personne qui ne sait pas distinguer son intérêt. Toujours dans ce paragraphe, la négation de Dieu n’est pas mise en opposition avec la quête de Dieu ou la demande de Dieu, ni même par opposition à l’adhésion à Dieu. Et dans la quête de Dieu, on comprendra par opposition le sens de la soumission à Dieu qu’elle implique. Par conséquent, on pourrait peut-être prétendre qu’il ressort de ce paragraphe que l’existence de Dieu est claire et évidente pour tous. Mais peut-on déduire de cette prétention de Jean Damascène le caractère inné de (la croyance en) l’existence de Dieu ? On objectera sans doute que même si, de ce paragraphe, on peut déduire à bon droit que l’existence de Dieu soit évidente pour tous, il n’empêche que cette évidence peut être dérivée des versets divins et non forcément résulter du caractère inné de la croyance en l’existence de Dieu.

 

La doctrine du caractère inné de la croyance en l’existence de Dieu dans d’autres textes chrétiens

 

Nous retrouvons cette doctrine du caractère inné de la croyance en l’existence de Dieu dans d’autres textes du christianisme. Nous sommes en présence, cette fois, d’une doctrine s’appuyant sur la Bible. Sur cette question, Eusèbe a écrit un texte plus élaboré et réfléchi. Il soutient que la nature ou plutôt Dieu enseigne à tous les hommes, de telle sorte qu’une conscience bien faite et efficace connaît le Nom et l’Essence de Dieu. La quête de Dieu est une propension gravée dans le cœur de l’homme - parce que l’homme est une créature de Dieu, qu’il appartient à Dieu et que Dieu l’attire sans cesse vers Lui. Comme tout au long des siècles, l’homme a toujours exprimé sa quête de Dieu par des voies et sous des formes diverses. Cela constitue en soi une preuve que l’homme est un être essentiellement religieux.

 

L’opposition à la doctrine du caractère inné ou immédiat de la croyance en l’existence de Dieu

 

Malgré cela, il existe des chrétiens qui s’opposent à l’idée du caractère inné de la foi en Dieu ou de son immédiateté. Etienne Gilson, s’appuyant sur l’opinion de Jean Damascène affirmant que la foi en l’existence de Dieu est innée en l’homme et une citation de Thomas d’Aquin qui en soutient l’évidence, en conclut que si l’existence de Dieu était manifeste, personne ne devrait la nier. Or, la Bible reconnaît sans difficulté que certains hommes nient l’existence de Dieu. « L’insensé dit en son cœur : il n’y a point de Dieu » (Psaumes ; 53 : 1). Gilson dit aussi : « Si l’existence de Dieu devenait claire pour tous, il ne serait plus possible d’argumenter pour sa démonstration. De ce qui précède, il semble que la réponse (à) la première partie de son assertion soit devenue claire. C'est-à-dire qu’en considérant les quelques phrases qui suivent cette citation du Livre des Psaumes, la négation de l’insensé est la négation d’un opiniâtre, d’un rebelle ; il est possible que quelqu’un, bien qu’admettant l’existence de Dieu, puisse la nier quand même. La deuxième affirmation de Thomas d’Aquin était qu’ils avaient considéré l’existence de Dieu comme claire et évidente, mais ils avaient aussi produit une démonstration rationnelle de son existence. Un exemple en est Jean Damascène qui considérant comme innée la connaissance de l’existence de Dieu, a rassemblé un certain nombre de preuves pour cela.

 

Conclusion :

 

Ainsi, nous en concluons qu’aussi bien la thèse de la connaissance a priori de l’existence de Dieu, que celle de la connaissance innée de la foi en Dieu trouvent appui dans la Bible. Parmi les théologiens chrétiens, il en est qui en sont encore les partisans. Mais on ne peut inférer à partir des cas tirés de la Bible une théorie de la connaissance innée, même s’il est évident que l’on peut en comprendre le principe de l’existence de Dieu.

 

  • Les arguments de la Bible pour démontrer l’existence de Dieu

 

Voyons à présent si dans ce Livre, on peut trouver une démonstration de l’existence de Dieu.

 

La démontrabilité de l’existence de Dieu

 

Certains savants professent cette croyance : Dieu a inspiré aux hommes qu’ils peuvent démontrer Son existence par le raisonnement. Même la Bible, au moins de façon générale, indique comment une telle démonstration est possible. Dans un texte que les théologiens et les philosophes ont dû citer maintes fois, il est mentionné que l’apôtre Paul a dit : « Depuis la création du monde, les hommes, avec leur intelligence, peuvent voir, à travers les œuvres de Dieu, ce qui est invisible : sa puissance éternelle et sa divinité. Ils n'ont donc pas d'excuse. » (Epître aux Romains ; 1 : 20). Nous avions auparavant cité le témoignage d’un autre auteur que les versets 19 et 20 de l’épitre de Paul aux Romains tendaient à prouver que l’existence de Dieu était évidente et claire pour tous. Mais ce qui est remarquable c’est que l’auteur présent, poursuivant le paragraphe cité plus haut, ajoute : « Dans cette expression, Saint Paul nous dit que l’existence de Dieu peut être clairement contemplée ; c'est-à-dire qu’elle peut être démontrée, et cela est possible par la voie de la méditation et de l’examen des choses sensibles de la nature. » Dans la première phrase (de ce paragraphe de Paul), il nous dit que l’existence de Dieu peut être contemplée et dans le segment suivant, il en infère que l’existence de Dieu peut être démontrée. Il nous semble que les deux assertions ne sont pas compatibles. La première phrase fait état de la connaissance a priori de l’existence de Dieu, et la deuxième en est la négation. En outre, l’auteur s’appuie sur le verset 20 de l’épître aux Romains, alors que le verset 19 qui en est l’introduction affirme que ce qu’il est possible pour l’homme de connaître au sujet de Dieu, lui est rendu manifeste, parce que Dieu le lui a rendu manifeste. Il aurait dû donc suivre le premier écrivain et s’appuyer sur le verset 19 pour déduire l’évidence de l’existence de Dieu de ce paragraphe.

 

L’existence des êtres, preuve de l’existence du Créateur

 

Le paragraphe de la Bible qui a servi aussi d’argument de l’existence de Dieu est celui-ci : « Chaque maison est construite par quelqu'un, mais celui qui a construit toutes choses, c'est Dieu. » (Hébreux ; 3 : 4). Il ressort de ce verset que l’existence des êtres est une preuve de l’existence du Créateur. Si une chose existe, soit elle possède cette existence de toute éternité, soit elle est venue à l’existence. Or il est impossible que des créatures soient éternelles et pour éviter la chaîne de causalité à l’infini, la cause première doit être détachée de la chaine des créatures et doit être non-créée.

 

Preuve de l’existence de Dieu par la voie de l’ordre de l’univers

 

Certains versets de la Bible tentent aussi de démontrer l’existence de Dieu par l’ordre qui règne dans la nature et les créatures. « Quand je contemple les cieux, ouvrage de Tes mains, la lune et les étoiles que Tu as créées : qu'est-ce que l'homme, pour que Tu te souviennes de lui? Et le fils de l'homme, pour que Tu prennes garde de lui? » (Psaumes ; 8 : 3 et 4) « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l'étendue manifeste l'œuvre de Ses mains. Le jour en instruit un autre jour, la nuit en donne connaissance à une autre nuit. » (Psaumes ; 19 : 2 et 3)

« Celui qui a planté l'oreille n'entendrait-il pas? Celui qui a formé l'œil ne verrait-il pas? » (Psaumes ; 94 : 9)

« Quoiqu'il n'ait cessé de rendre témoignage de ce qu'il est, en faisant du bien, en vous dispensant du ciel les pluies et les saisons fertiles, en vous donnant la nourriture avec abondance et en remplissant vos cœurs de joie.» (Actes des Apôtres ; 14 : 17).

 

  • L’existence de Dieu dans les textes sacrés de l’islam

 

A présent, nous devons nous poser à propos du Coran les questions précédentes que nous avons posées à propos de la Bible. Est-ce que pour le Coran, l’existence de Dieu est perceptible a priori ? Le Coran considère-t-il la connaissance de Dieu comme une connaissance innée, naturelle en l’homme ? Le Coran a-t-il apporté une démonstration rationnelle de l’existence de Dieu ?

Il faut dire que chacune de ces questions a des partisans, en plus ou moins grand nombre, qui y répondent par oui et qui illustrent leur position par le témoignage de versets coraniques.

 

  • Point de vue de la connaissance a priori de l’existence de Dieu

 

Est-ce que le Coran considère l’assentiment à l’existence de Dieu comme évident et a priori ? C’est en tout cas l’opinion d’un certain nombre de théologiens musulmans.

 

L’argumentation par le verset 10 de la sourate Ibrâhîm

 

Le verset 10 de la 14ème sourate, Ibrâhîm (Abraham), est formulé de telle sorte qu’il situe très bien le problème de la connaissance a priori de l’existence de Dieu. : « Peut-il y avoir un doute sur Dieu, en tant qu’Il a créé de rien les cieux et la terre ?... » La question est posée en langue arabe dans la forme qui n’attend pas de réponse autre que : bien sûr que non !

De ce verset, en écartant le regard de ce qui le précède et de ce qui le suit, il ressort très bien que :

1) Il ne faut jamais douter de l’existence de Dieu, parce que Son existence est évidente et manifeste pour tous.

2) Cette clarté et cette évidence sont dues à Ses signes et à Ses actes, c'est-à-dire que celui qui considère le ciel et la terre ne peut pas avoir le moindre doute au sujet de l’existence de Dieu. Mais si nous analysons ce verset dans son contexte, avec le verset qui le précède, la situation change : « Ne vous est-elle pas arrivée, l’histoire de vos devanciers, les peuples de Noé, de ‘Ad, de Thamûd, et de ceux qui vinrent après eux et que connaît Dieu seul ? Leurs envoyés leur sont venus avec des preuves, mais eux de porter leurs mains à leur bouche, en disant : "Nous dénions ce pour quoi vous fûtes envoyés. Nous restons, sur ce à quoi vous nous conviez, dans un doute sceptique". Leurs envoyés dirent : "Peut-il y avoir un doute sur Dieu, en tant qu’Il a créé de rien les cieux et la terre, et vous convie au pardon de tels de vos péchés, et vous ajourne à temps fixé ?" Ils dirent : "Vous n’êtes que des hommes comme nous. Vous voulez faire obstacle à ce qu’adoraient nos pères. Produisez-nous justification explicite" ». (14 : 9 et 10).

Pour beaucoup de commentateurs, les peuples mentionnés nommément dans le verset ne niaient pas l’existence de Dieu, mais ils étaient des polythéistes, des adorateurs d’idoles. La négation du doute dont il est fait cas dans ce verset se rapporte à l’absence de doute au sujet de l’unicité de Dieu. Pour donner un exemple, dans le commentaire de ce verset par Ibn Abbâs, rapporté dans le Majma’ al-Bayân et dans Al-Mizân (de Tabâtabâ’î), ce verset porte sur l’unicité de Dieu. Malgré cela, d’autres en ont déduit le principe de l’existence de Dieu. Zamakhsharî, commentant ce verset dit : l’existence de Dieu ne fait aucun doute parce que ses preuves sont évidentes et les arguments témoignant de son existence sont clairs. Fakhr al-Dîn al-Râzî et d’autres commentateurs et théologiens ont considéré ce verset comme portant bien sur l’existence de Dieu et en ont déduit le caractère perceptible a priori de l’existence de Dieu.

 

Les sceptiques au sujet de l’existence de Dieu dans le Coran

 

Les négateurs de Dieu ne sont parfois que des sceptiques exprimant leur doute à propos de la vérité de certaines promesses des textes sacrés, comme la Résurrection. Ils nient indirectement Dieu en niant Sa capacité à ramener les hommes à la vie après avoir été enterrés et oubliés dans ce monde. Ils demandent un miracle pour accorder du crédit à cette promesse ; que l’on ramène à ce monde leurs ancêtres. Or cette requête impliquerait un bouleversement du système même de la création. En outre, un miracle ne constitue une preuve que pour les témoins oculaires. Il serait impossible qu’à chaque génération on ramène tous les hommes à la vie pour les convaincre. Ajoutons que même les miracles ont souvent été démentis par les témoins qui sont repris par le doute au sujet de ce qu’ils ont vu.

« Ils disent aussi : ‘’Nous n’avons à nous que cette vie d’ici-bas, pour vivre et mourir. Seul le temps nous anéantit’’. Mais de cela, ils n’ont aucune science ; ils se bornent à conjecturer et quand Nos signes leur sont récités comme preuves, leur argument se réduit à dire : ‘’ Faites revenir nos pères, si vous dites vrai !’’ » (sourate al-Jâthiya (L'agenouillée) ; 45 : versets 24 et 25. La même demande est faite en Al-Dûkhân (La fumée) ; 44 : versets 35 et 36).

Dieu refuse de les suivre dans leur raisonnement qui n’est qu’un prétexte.

(à suivre)

 

Masîhiyat qui désigne le christianisme, est la traduction de Christos qui signifie l’Oint, al-Masîh, surnom de Jésus, fils de Maryam (Marie) (as). Pour désigner les chrétiens, on emploie le terme de al-Nasârâ, pluriel de nasrânî, qui se référerait aux partisans (ansâr) de Jésus (as).

Paul de Tarse appelé Saint Paul par les chrétiens est une grande figure du christianisme primitif. Mort en 67 après Jésus-Christ. On considère que son interprétation des Evangiles a prévalu dans beaucoup de domaines.

Mort en 749, Jean de Damas, est un auteur chrétien d’origine arabe formé à l’école de l’islam, écrivant en arabe. Au service du califat omeyyade, il fut contemporain du début de l’âge classique, et surtout le témoin du début de l’islamisation massive des terres chrétiennes orientales. Nous sommes déjà devant une pensée chrétienne confrontée à la pensée musulmane et enrichie par elle.

Eusèbe de Pamphile, l’un des premiers théologiens et hagiographes du christianisme, mort en 340.

Célèbre historien français de la philosophie médiévale, mort en 1978. Il fut entre autres professeur à la Sorbonne. Auteur notamment du Thomisme où il étudie la pensée de Saint Thomas d’Aquin.

Célèbre théologien et philosophe chrétien, d’origine italienne, mort en 1274. Enseigna à la Sorbonne. Auteur notamment de la Somme théologique.

Argument connu plus tard comme l’argument de l’Horloger, depuis la conclusion de Voltaire : le monde marche comme une horloge, à la perfection : il y a sûrement un Horloger qui l’a fabriqué et s’en occupe.

Il s’agit de Abdallâh Ibn ‘Abbâs, cousin et compagnon du Prophète (s) et l’un des hommes les plus savants du début de l’islam.

Titre complet : Majma' al-Bayân li-'ulûm al-Qur'an, Commentaire du Coran par l’auteur chiite du XIIème siècle, le shaykh al-Fadl ibn al-Hasan al-Tabarsî. Ouvrage faisant autorité

Commentaire du Coran, par Allâmeh Tabâtabâ’î, auteur du XXème siècle.

Mort en 1143. Surnommé Jâr Allâh, "le voisin de Dieu", pour le degré de sa science, il est l’auteur d’un commentaire du Coran, Al-Kashshâf.

Mort en 1207, auteur d’un commentaire du Coran intitulé Mafâtih al-Ghayb, les clés de l’invisible.

 

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