En quoi le miracle peut-il constituer une preuve solide ?

Il faut maintenant voir si le miracle, en tant que preuve attestant la prophétie des prophètes (as) ainsi que la véracité de ce qu’ils prétendent, a trait à l’argument et à la raison, ou revêt simplement un aspect populaire. Autrement dit, si le miracle constitue une preuve solide, pourquoi est-ce la masse, la classe populaire qui penche vers lui ? Le miracle est un argument raisonnable qui atteste de la véracité de l’appel de la prophétie, et comme on l’a vu, il s’agit d’un acte extraordinaire qu’aucun être humain ordinaire n’est à même de reproduire. Tant que l’être humain ne se trouve pas relié au surnaturel, tant qu’il n’est pas attaché au monde occulte et ne sollicite pas l’aide de la puissance divine, il n’a aucune capacité en la matière. Ainsi, dans le cas où un individu produit un miracle tel qu’aucun être humain ordinaire ne se trouve en mesure de le reproduire, il apparaît clairement que cet individu compte parmi les Amis de Dieu et que sa prétention à se trouver en contact avec Dieu est absolument véritable. Tout être humain ayant une âme paisible et méditant suffisamment à propos des créatures découvre son Créateur : « Dans la création des cieux et de la terre, dans la succession de la nuit et du jour, il y a vraiment des Signes pour ceux qui sont doués d’intelligence. » (Sourate Âle ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 190). Par la réflexion, au sujet des aspects de chaque être extraordinairement invincible de son époque, on trouve la foi en la prophétie ou en l’Imâmat qu’il apporte. Bien entendu, de même que les ignorants ne prennent pas le parti du monothéisme à la seule vue des versets divins : « Que de Signes contiennent les cieux et la terre ! Les hommes passent auprès d’eux et s’en détournent. » (Sourate Yûsof (Joseph) ; 12 : 105), les fanatiques obstinés également ne tirent aucun profit de la vue des versets révélés à propos de la prophétie ou de l’Imâmat : « Si tu apportais quelque Signe à ceux qui ont reçu le Livre, ils n’adopteraient pas ta Qibla et tu n’adopterais pas leur Qibla. » (Sourate Al-Baqara (La vache) ; 2 : 145). Maintenant, s’agissant de se demander pourquoi la classe populaire s’attache davantage aux miracles qu’aux arguments et aux raisonnements, cela est dû au fait que la perception et la compréhension des arguments leur est plus difficile.

 

Les trois types de croyants

 

L’élucidation de notre question nécessite de préciser que ceux qui croient aux prophètes (as) sont de trois sortes : certains distinguent la vérité sans miracle, et s’y soumettent tout simplement, d’autres ont besoin du miracle afin de distinguer la vérité de ce qui est vain. Ces derniers font soit partie des nobles qui parviennent à la vérité grâce aux miracles liés à la connaissance et au verbe et s’y soumettent, soit ils comptent parmi le plus grand nombre, le commun des croyants, qui a besoin de miracles effectifs et tangibles.

 

Le premier groupe est formé par l’élite des gens de la foi qui, comme l’Emir des croyants (as) et Khadîja (as), ont foi en l’Envoyé de Dieu (s) par le simple fait d’entendre son appel. Ils ne lui réclament pas de miracle et il se peut que certains des compagnons aient été comme eux. Lorsque l’esprit de l’être humain devient pur et clair, il perçoit clairement la vérité, il la découvre et n’a ni besoin de preuve tangible, ni de miracle effectif. L’Emir des croyants (as) dit : « J’ai dit à l’Envoyé de Dieu : ‘De qui proviennent la voix et la lamentation que j’entends ?’ Son Excellence (s) a répondu : ‘Cette lamentation désespérée, c’est Satan qui se lamente de voir s’évanouir la prospérité de l’idolâtrie.’ Il dit ensuite : ‘Ô ‘Alî ! Ce que j’entends, tu l’entends aussi et ce que je vois, tu le vois également. Cependant, tu n’es pas prophète, tu es mon ministre et tu agis pour le bien.’ » Un être aussi pur observe avec son âme et son cœur celui qui prétend à la prophétie, or celui qui découvre la prophétie du Prophète (s) en présence, n’a besoin ni d’argument ni de miracle.

 

Le deuxième groupe est constitué des nobles parmi les musulmans. Ceux-ci s’attachent davantage aux miracles cognitifs qu’aux miracles effectifs et tangibles. Pour cette raison, si on répand la nouvelle qu’un malade a trouvé la guérison grâce à la bénédiction de la prière ou au recours adressé à Dieu, cela ne produit pas beaucoup d’effet parmi les chercheurs et les savants modestes, car ils ont trouvé mieux que cela et y ont cru. Si l’on rapporte à quelqu’un la nouvelle qu’une source se trouve à tel endroit, alors que lui-même sait qu’au même endroit se trouve un lac, cette nouvelle ne peut lui sembler importante. Si un individu est familier avec le Noble Coran et les miracles cognitifs qu’il renferme, il sait que les Impeccables (as) sont les dépositaires du monde invisible et qu’ils accomplissent mille tâches plus importantes que la guérison extraordinaire de la maladie. Un tel individu se voit continuellement assis à la table des prodiges et des miracles des Gens de la Demeure de la vertu et de la pureté (as). De son point de vue, l’univers est empli de prodiges et de miracles, et tous proviennent de la bénédiction de cette Sainte Demeure, qui détient les clefs du monde invisible. Pour un tel individu qui chaque instant, chaque jour, découvre des milliers de grâces cachées, la guérison d’une maladie, par l’intermédiaire d’un Imâmzâdeh ne comporte pas tant d’attrait et ne suscite pas véritablement d’émotion.

 

Le troisième groupe rassemble ceux qui n’ont pas acquis un rang élevé, ni même le moyen vis-à-vis de la connaissance. Ils sont privés de la présence du cœur, de l’extase mystique qui est le lot de l’élite des êtres humains, et pour cette raison, ils penchent davantage pour les miracles tangibles. De tels individus ne goûtent pas vraiment les recherches intellectuelles, raisonnées et coraniques ; car l’être humain goûte ce qu’il peut bien concevoir, or, dans le cas où la lumière de sa compréhension n’atteint pas les significations, les hauteurs de la connaissance, il poursuit alors les miracles patents et y trouve davantage de quoi se satisfaire. Par conséquent, le miracle n’est pas l’insigne du vulgaire ainsi que la preuve non raisonnée de la véracité de la prophétie, il est au contraire le fait d’une nécessité, car il permet d’attacher à la prophétie les gens de ce troisième groupe ; du fait qu’il s’accompagne d’un acte, qu’il soit signifié matériellement, qu’il soit sensible, le miracle est plus aisé, c’est pourquoi la classe populaire et la plupart de ceux qui ont foi penchent davantage pour lui.

 

Cet article fait suite à l’article intitulé La nécessité du miracle, y compris à l’époque de la maturité intellectuelle de l’humain.

Traduction Denise Masson.

Il est fait usage d’une majuscule lorsque les mots Imâm et Imâmat désignent les Imâms chiites ou la fonction qu’ils incarnent, afin de les différencier de leur autre occurrence désignant indifféremment toute personne dirigeant la prière rituelle accomplie en communauté ou l’acte qui y correspond.

Traduction Denise Masson.

Idem.

Du persan, littéralement « né d’un Imâm ». Les tombes des Imâmzâdeh, que l’on retrouve partout (sous diverses appellations), du Maroc et de la Mauritanie, aux confins de l’Inde du nord, de la Chine et des ex-républiques soviétiques, y compris dans les grandes îles du Pacifique, donnent lieu à des pèlerinages locaux au cours desquels on demande généralement la guérison et la prospérité.

 

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