La nécessité du miracle (mu‛jezeh), y compris à l’époque de la maturité intellectuelle de l’humain

Il ne serait pas correct d’avancer qu’à l’époque de la maturité intellectuelle de l’humain, il n’est pas besoin du miracle car le mot miracle n’a pas été employé dans le Coran, et qu’au lieu de miracle (mu‛jezeh / معجزه), il y est question de signe (âyat / آيت). Le mot âyat désigne le signe / le verset. Les signes des révélations témoignent du fait que les propos de l’individu qui les transmet ne sont pas les siens, mais ceux de Dieu. Il arrive qu’un prophète ne s’adresse aux gens qu’en usant de propos logiques, à savoir des propos qui ne peuvent être établis qu’au moyen de preuves fournies par les questions cognitives. Ces propos ne peuvent être établis au moyen de l’argument ordinaire, de l’expérience, ou de l’analyse. Que se passe-t-il dans ce cas ? Bientôt apparaît un sage, un très grand savant - or il y a une différence entre le sage, le savant, le philosophe, et le prophète. Le savant et le philosophe tiennent des propos se situant au niveau des propos humains, mais les prophètes veulent en dire plus. Au-delà de la raison qui fait que leurs propos sont logiques et rationnels, ils tiennent également d’autres propos et c’est là qu’ils disent : « Ces propos ne sont pas les nôtres ; ils nous ont été tenus et nous les rapportons. » « Dis : ‘Je ne suis qu’un mortel semblable à vous. Il m’est révélé que votre Dieu est un Dieu unique...’ » (Sourate Al-Kahf (La caverne) ; 18 : 110). Ce qui revient à dire : ces choses que je dis ne sont pas des choses auxquelles j’ai réfléchi, le soir, en m’isolant pour cela, ce qui ferait que mon cerveau soit plus gros que celui des autres, non, il s’agit des paroles de Dieu qui m’ont été révélées.

 

 « L’Esprit fidèle est descendu avec lui sur ton cœur pour que tu sois au nombre des avertisseurs. » (Sourate Al-Shu‛arâ’ (Les poètes) ; 26 : 193 et 194). « J’emploie une certaine langue lorsque je me trouve face à vous alors que mon esprit, de l’intérieur, est connecté ailleurs. De là, il m’est dit, et moi je vous transmets. Simplement, je transmets le message, je vous transmets le message de Dieu et non ma propre parole. » Toutes les paroles sont des messages transmis, je suis l’Envoyé et le Prophète (s), c'est-à-dire que je suis envoyé et que je transmets le message d’un autre. Imaginez que Socrate ait dit: « J’ai telle philosophie en tête. » Lorsque nous voyons que ses propos sont logiques, nous les acceptons. Mais si Socrate dit : « Les propos que je tiens ne sont pas les miens, il s’agit du message de Dieu et je vous transmets son message. » Nous lui disons alors : « Eh bien, il va falloir que tu le prouves ! Ce n’est pas parce que tes propos sont logiques que cela prouve qu’ils appartiennent à Dieu. » La logique que revêt une parole est une question, tandis que le fait que cette parole ne vienne pas de celui qui la prononce, mais de Dieu en est une autre. Comme le fait de cautionner son caractère divin et inévitablement sa concordance avec la récompense de Dieu et sa discordance avec son châtiment, constitue une autre question encore.

 

La plupart des gens tiennent des propos logiques, mais si nous ne nous y soumettons pas, cela n’a pas d’importance. Cependant, s’agissant de celui qui dit : « Ces propos ne sont pas les miens, mais ceux du Seigneur », si nous ne nous y soumettons pas, nous nous rebellons alors contre Dieu, tandis que si nous nous y soumettons, nous adorons le Seigneur. Par conséquent, il est juste qu’à l’époque de la maturité intellectuelle de l’humanité, le prophète puisse apporter la preuve de ce qu’il avance, utilisant en cela l’argument et la logique. Il dit alors : « Ô gens, réfléchissez, usez de votre intelligence, découvrez par vous-mêmes la véracité de mes propos. » Cependant, la véracité de ses propos est une chose, tandis que le fait qu’ils proviennent de Dieu en est une autre. Une fois, le Prophète de l’islam (s) vient et déclare : « Ne buvez pas d’alcool, l’alcool vous est nocif, c’est une souillure, une impureté. » Après cela, il dit : « Bon, maintenant vous voulez en connaître la raison. Regardez quels malheurs s’attirent ceux qui boivent de l’alcool, en boivent beaucoup et demeurent en état d’ébriété. Voyez ce qui arrive à leurs nerfs, à leur système digestif ! Voyez l’état de leur foie ! Allez voir et faites-vous une idée, voyez ceux qui consomment de l’alcool au point de devenir saouls, voyez ce qu’ils causent à la société ! » Il n’est rien de mieux que l’expérience. Les statistiques des crimes qui sont le fait des alcooliques prouve le caractère désastreux de l’alcool. Si les gens sont raisonnables et logiques, ils comprennent bien que cette recommandation est logique et qu’il ne faut pas consommer d’alcool. De nouveau, le fait que cela soit un message de Dieu constitue une autre question. Ainsi, même à l’époque de la maturité intellectuelle, bien que nous percevons bien la véracité de l’ensemble des propos du Prophète (s), usant en cela de tout argument issu du savoir et de la raison, si nous voulons pourtant être certains qu’il s’agit bien là d’un message, le miracle est nécessaire.

 

En persan comme en arabe, le mot âyat désigne à la fois le signe de Dieu et le verset coranique, chaque verset coranique étant un signe de Dieu.

Traduction Denise Masson.

Idem.

 

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