Analyse des prémisses au soulèvement de l’Imâm al-Hosayn (as) à l’époque du califat de Mo‛âwiya

Mo‛âwiya et la période la plus sombre de l’histoire de l’islam

 

Si l’on considère de manière succincte la situation générale à cette époque, on peut alors avoir une vision claire de la décision, de la mesure prise par le Prince des martyrs (as) : c’est l’époque la plus noire, la plus sombre qu’il ait été donné de vivre à la Famille de la prophétie et à leurs shiites est celle durant laquelle Mo‛âwiya a gouverné vingt années durant. Après que Mo‛âwiya ait obtenu le califat islamique, ayant employé pour cela toutes les tricheries possibles, devenant alors le souverain sans condition du vaste pays musulman, il emploie l’ensemble de ses étonnantes ressources à consolider et à renforcer son pouvoir ainsi qu’à détruire les Gens de la demeure prophétique (as). Non seulement il souhaite les éliminer, mais il veut jusqu’à faire disparaître leurs noms de la bouche des gens, ainsi que leurs traces de la mémoire collective. Il se fait accompagner, employant tous les moyens possibles, par la communauté des Compagnons du Prophète (s) qui jouissent du respect et de la confiance des gens, et fait en ce sens inventer des hadiths favorisant les Compagnons et nuisant aux Gens de la demeure (as). Sur son ordre, aux quatre coins du pays musulman, on maudit l’Emir des croyants (as) sur les minbars (Mo‛âwiya en fait une obligation religieuse).

 

Par l’entremise de ses hommes de main, tels Zyâd ibn Abiya, Samra ibn Jundab et Basr ibn Artâh, et leurs pareils, Mo‛âwiya fait poursuivre les Gens de la demeure (as) où qu’ils soient et fait mettre fin à leur vie. Pour cela, il use d’or, de force, de corruption, de persuasion, d’intimidation, autant que faire se peut. Dans une telle conjoncture, on en arrive naturellement à ce que la quasi-totalité des gens se mettent à répugner à prononcer le nom de ‘Alî (as) et de ses partisans. Quant à ceux qui gardent au fond de leur cœur de l’amitié pour les Gens de la demeure (as), ils coupent néanmoins leurs liens avec eux par peur pour leur vie, leurs biens et leur réputation.

 

L’accueil que les gens font à l’Imâm (as) à l’époque de Mo‛âwiya

 

La réalité de la chose peut être perçue dès lors que l’on observe que l’Imâmat du Prince des martyrs (as) dure pratiquement dix ans, et que cette période est contemporaine – à l’exception de quelques mois – à Mo‛âwiya. Durant cette période, on ne trouve pas dans l’ensemble de la jurisprudence islamique un seul hadith rapporté de son Excellence (as), qui est pourtant l’Imâm de cette époque et donc celui qui explique clairement les connaissances ainsi que les lois religieuses (il est ici question de hadiths que les gens auraient rapportés de son Excellence (as) et qui auraient témoigné du fait qu’ils se seraient référés à lui et l’auraient reconnu, et non des hadiths qui ont été transmis à l’intérieur de la famille de son Excellence (as), pour parvenir aux Imâms (as) suivants). Il est évident qu’à ce moment-là, la porte de la maison des Gens de la demeure (as) est hermétiquement close et que l’accueil des gens a atteint le niveau zéro.

 

La pression sans mesure exercée sur l’Imâm al-Hasan (as)

 

L’asphyxie et la pression chaque jour plus grandes qui envahissent la sphère musulmane ne permettent pas à son Excellence l’Imâm al-Hasan (as) de poursuivre la guerre ou la révolte contre Mo‛âwiya, ce qui ne comporte plus le moindre intérêt. Premièrement, Mo‛âwiya a perçu le pacte de l’Imâm al-Hasan (as), ce qui fait que plus personne ne le suivra désormais. Deuxièmement, Mo‛âwiya est connu par les gens comme l’un des grands Compagnons du Prophète (s), un scribe de la révélation, quelqu’un digne de confiance, ainsi que le bras droit de trois des « califes bien guidés ». Pour cela, il se trouve gratifié du saint titre d’« Oncle des croyants ». Troisièmement, employant la tromperie qui lui est habituelle, il peut facilement faire tuer son Excellence l’Imâm al-Hasan (as) par ses hommes et ensuite se dresser pour demander vengeance, exécuter ses meurtriers et organiser une assemblée de deuil à sa mémoire pour s’y lamenter ! Mo‛âwiya mène la vie tellement dure à l’Imâm al-Hasan (as) que ce dernier ne jouit même pas de la plus petite sécurité au sein de sa propre maison, et finalement, lorsque Mo‛âwiya veut que les gens pactisent avec Yazîd, il fait empoisonner son Excellence (as) par sa propre épouse et en fait un martyr.

 

Les ruses de Mo‛âwiya empêchent l’avènement du soulèvement

 

Ce même Prince des martyrs (as) qui, suite à la mort de Mo‛âwiya, se soulève contre Yazîd avec sincérité, se sacrifiant lui et les siens dans cette voie - y compris les enfants encore en âge de téter leur mère - n’a jamais pu accomplir ce même sacrifice durant la majeure partie de son Imâmat contemporaine à Mo‛âwiya. Car face aux tromperies ayant l’apparence de la vérité venant de Mo‛âwiya et au pacte qu’il a perçu de lui, son soulèvement et son martyr auraient été vains. Voici en résumé la situation malsaine que Mo‛âwiya insuffle à la sphère musulmane, qui aura pour effet de clore complètement la porte de la Demeure du noble Prophète (s) et de priver les Gens de la demeure (as) de toute efficacité.

 

Le califat de Yazîd et le coup empoisonné porté au corps de l’islam

 

Le dernier coup porté par Mo‛âwiya au corps de l’islam et aux musulmans est de changer le califat musulman en un sultanat despotique héréditaire et de désigner son propre fils Yazîd à sa succession, alors même qu’il ne dispose d’aucun caractère religieux « y compris sous une forme hypocrite ou démonstrative ». Il passe tout son temps, ouvertement, avec de la musique et des musiciens, à boire du vin et à regarder des singes jouer et danser. Il ne respecte pas les prescriptions religieuses et n’a même pas foi en la religion. Lorsque les captifs parmi les Gens de la demeure (as) et les têtes des martyrs de Karbalâ entrent à Damas, Yazîd vient les contempler et tient alors des propos inqualifiables qui sont rapportés par Âlûsî dans la vingt-sixième partie du Tafsîr de Rûh Al-Ma‛ânî, à la page 66 du Târîkh (« L’Histoire ») d’Ibn Al-Wardî, ainsi que dans le livre Al-Wâfî al-Wafîyât.

 

Le soulèvement est la seule voie possible

 

La gouvernance de Yazîd, qui s’attache à pérenniser la politique de Mo‛âwiya, indique aux musulmans ce que sont leurs devoirs. Entre autres, elle dicte ce que doivent être les relations entre les Gens de la demeure prophétique (as), les musulmans, et leurs partisans (qu’il faudrait abandonner à l’oubli total, et c’est tout). Dans de telles conditions, le seul moyen d’établir le caractère définitif de la chute des Gens de la demeure (as), l’action la plus significative permettant de détruire le fondement du droit et de la vérité consiste à ce que le Prince des martyrs (as) pactise avec Yazîd et qu’il le reconnaisse en tant que calife et successeur du Prophète (s), auquel on se doit d’obéir. Le Prince des martyrs (as), en raison de son Imâmat et de sa guidance réelle ne peut pactiser avec Yazîd, il ne peut fouler ainsi la religion et n’a d’autre possibilité que de refuser le pacte. Dieu également ne souhaite rien d’autre. De ce point de vue, le refus du pacte produit un effet amer et déplaisant, car le puissant, effrayant et invincible de l’époque désire le pacte de tout son être - « c’est le pacte ou la tête » - et ne se trouve satisfait par rien d’autre -, c’est pourquoi l’Imâm (as) doit être tué en cas de refus de pactiser, cela est inévitable.

 

L’Imâm al-Hosayn (as).

Leurs partisans.

Ceux que l’on appelle les shidîn : Abû Bakr, ‘Omar, ‘Othmân et ‘Alî (as).

 

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