Les types d'intercessions pratiquées par l’Imâm al-Hosayn (as)

Nous avons dans les hadiths, un Imâm al-Hosayn (as) qui intercède pour la création dans son abondance. La raison est que dans ce monde, l’école de l’Imâm al-Hosayn (as), plus que toute autre école, à la charge de vivifier la religion et d’assurer la guidance des gens. L’intercession de l’Imâm al-Hosayn (as) ne consiste pas à demander à Dieu ce qui s’oppose à Sa satisfaction et à Sa volonté. Son intercession est de deux sortes : l’une correspond à ces indications qu’il a mises en œuvre dans ce monde et qui prendrons forme dans l’autre monde, tandis que la seconde correspond à la médiation ayant la forme directive.

 

L’Imâm al-Hosayn (as) est l’intercesseur de ceux qui trouvent la guidance par son école, il n’est pas l’intercesseur de ceux qui font de son école un outil de perdition. Il ne faut pas négliger ce point ; de la même manière que des gens sont guidés par le noble Coran, d’autres trouvent avec lui le moyen de se perdre. Il en va de même pour l’école de l’Imâm al-Hosayn (as), et cela dépend des individus eux-mêmes. Lorsqu’un individu suscite la guidance chez un autre individu, la relation entre celui qui guide et celui qui suit se trouve matérialisée au Jour de la Résurrection. Le Hâdî (le guide) apparaît en tant qu’Imâm tandis que celui qui a été guidé prend l’apparence du suivant, de celui qui a un Imâm. Il en va de même pour celui qui perd les autres et pour ceux qui l’auront suivi. Le noble Coran dit : « Le Jour où nous appellerons tous les groupements d’hommes par la voix de leurs chefs. » (Al-Isrâ’ (Le voyage nocturne) ; 17 : 71). Ainsi, chacun est associé à son guide, c'est-à-dire à celui qui est en pratique son modèle, celui qui l’inspire.

 

Le noble Coran dit au sujet de la forme que prendra dans l’Au-delà la guidance que Pharaon exerce vis-à-vis de son peuple : « Le Jour de la Résurrection, il marchera en tête de son peuple et il le conduira au Feu comme on conduit un troupeau à l’abreuvoir. » (Hûd ; 11 : 98). Dans ce monde, Pharaon est égaré comme il assume le rôle d’imâm des égarés. Aussi, les égarés, à savoir son peuple, mettent leurs pas dans les siens. Dans l’autre monde également, il apparaîtra comme leur guide, leur imâm. Pharaon est le médiateur, l’intermédiaire de son peuple, dans ce monde comme dans l’autre. Dans ce monde, il est un médiateur qui cause les péchés et les déviations, et dans l’autre monde il est le passeur faisant accéder à l’enfer, au feu. Sa qualité de médiateur et d’intermédiaire conduisant son peuple dans le feu de l’Enfer de l’autre monde, est bien la transposition de sa qualité d’intermédiaire dans ce monde, conduisant son peuple à la perdition. Dieu dit à propos des allégories du Coran : « Dieu ne répugne pas proposer en parabole un moucheron ou quelque chose de plus relevé. Les croyants savent que c’est la Vérité venue de leur Seigneur. » (Al-Baqara (La vache) ; 2 : 26).

 

Le Coran et l’école husaynide sont des cordes capables de tirer l’être humain du puits de l’infortune et de les hisser à l’apogée de la félicité. L’une est la corde de Dieu, et la seconde est la corde de l’humain, mais si quelqu’un abuse de ces deux cordes divines, le crime n’est pas à imputer à la corde, la cause revient à l’individu qui n’a pas le désir de s’élever, et bien entendu, de telles personnes seront conduites dans le gouffre de l’enfer par l’intermédiaire du Coran et de l’école husaynide, car c’est ainsi que cette réalité prend forme dans l’autre monde : ils seront précipités en Enfer sur l’ordre du Coran et des Imâms (as), là est la signification du hadith parlant de la subdivision du Ciel et de l’Enfer.

 

Dans un hadith du noble Prophète (s), il est dit : « Le Coran est l’intercesseur dont l’intercession est acceptée, il est le dénonciateur dont la dénonciation est acceptée. » Ainsi, il dit que le Coran est à la fois l’intercesseur des croyants et des bienfaisants pour le Paradis et la félicité, et il est à la fois l’adversaire des mécréants et des délinquants pour l’Enfer, il est l’intermédiaire qui emporte les uns au Paradis et pousse les autres en Enfer. Il convient que nous appelions « directive » ce type d’intercession, ou que nous lui donnions le nom d’intercession « pratique », car ici, le facteur fondamental causant le salut ou le malheur est justement l’acte bienfaisant ou malfaisant. Evidemment, si quelqu’un pense que l’obtention de la satisfaction de Dieu le Très-Haut comporte une voie, et que l’obtention de la satisfaction hypothétique de l’Imâm Hosayn (as) en comporte une autre, et que chacune de ses deux voies se trouve à même de procurer la félicité à l’être humain, il se trouve face à un grand malheur.

 

Avec une telle façon erronée de penser, il est dit que Dieu est satisfait par certaines choses, et que l’Imâm Hosayn (as) est satisfait par d’autres choses. Dieu est satisfait par la mise en œuvre des obligations comme la prière, le jeûne, le pèlerinage, le djihad, l’aumône légale, la droiture, la justesse, le service de la créature, des parents, etc. ainsi que par l’abandon des péchés comme le mensonge, l’injustice, la calomnie, la consommation d’alcool et la fornication. Cependant, l’Imâm al-Hosayn (as) ne s’occupe pas de tout cela, sa satisfaction réside dans le fait que nous pleurions par exemple pour son fils ‘Alî Akbar (as) ou qu’au moins nous fassions semblant de pleurer, le compte de l’Imâm al-Hosayn (as) étant distinct de celui de Dieu.

 

A la suite de cette distinction, il est manifeste que l’obtention de la satisfaction divine est difficile, car il faut accomplir beaucoup de choses avant de pouvoir lui plaire, alors que l’obtention de la satisfaction de l’Imâm al-Hosayn (as) est aisée. Il suffit de pleurer et de se frapper la poitrine, et lorsque la satisfaction de l’Imâm al-Hosayn (as) est obtenue, du fait que ce dernier a de l’influence dans l’organisation divine, il intercèdera et arrangera les choses, il épurera notre compte de tout ce que nous n’aurons pas accompli concernant la prière, le jeûne, le pèlerinage, le djihad et les dépenses réalisés pour la satisfaction de Dieu, tous nos péchés, quel que soit leur nombre, seront anéantis dans un souffle !

 

Non seulement une telle conception de l’intercession est fausse, mais elle introduit le dualisme dans la divinité. Il est également question ici d’outrage à l’égard du seuil immaculé de l’Imâm al-Hosayn (as), dont la plus grande fierté est d’être un serviteur de Dieu. De la même façon, son noble père est profondément attristé par les allégations des excessifs (ceux qui font preuve d’exagération et d’excès[1] quant au degré des Imâms immaculés (as)), prenant refuge en Dieu contre ce qu’ils disent. L’Imâm al-Hosayn (as) ne se fait pas tuer pour qu’apparaissent (Dieu nous en préserve) des organisations se tenant face à l’organisation de Dieu, ou face à la loi de son grand-père, l’Envoyé de Dieu (s), pour indiquer une voie permettant de fuir la loi divine. Son martyr n’est pas destiné à affaiblir la feuille de route de l’islam et la loi du Coran. Au contraire, il se livre au martyr et ferme les yeux sur la vie afin que l’on accomplisse la prière, que l’on paie l’aumône et que l’on mette en œuvre les autres prescriptions de l’islam.



[1] Il s’agit ici d’une tendance historique, qui selon les duodécimains a présidé à l’apparition de « sectes » au sein du chiisme. On peut par exemple citer les Ahl-e Haqq (Les gens de la vérité), qui sont régulièrement accusés de croire que ‘Alî (as) est Dieu « en personne » ! Il est frappant de constater que les chiites duodécimains répercutent vers des minorités internes, en les amplifiant même, certaines accusations dont ils sont eux-mêmes victimes de la part de la majorité sunnite notamment. Pour toute ces questions, l’ignorance et la défiance vis-à-vis de ce qui est inconnu (et que l’on ne veut surtout pas connaître, parce qu’une communauté vit aussi par la définition de l’altérité) jouent un rôle capital !

 

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