Hâfez de Shîrâz

Khâjeh Shamseddîn Mohammad Shîrâzî qui connaissait par cœur tout le Coran et qui avait comme nom de plume « Hâfez », fut le plus grand poète lyrique de l’Iran et certainement du monde entier.

Il est né autour de l’an 727 de l’Hégire / 1320, à Shîrâz, alors la capitale de la Perse. Son père se prénommait Bahâ al-Dîn et son grand-père Ghiyâth al-Dîn. Ils étaient originaires d’Ispahan, autre ancienne capitale de la Perse, ou selon une autre source, de Tuyserkân. Sa mère était native de Kâzerûn.

Après la mort de son père, Shamseddin Mohammad alla s’installer avec sa mère à Shîrâz, où ils vécurent dans la gêne et la pauvreté. Adolescent, il fut employé chez un boulanger de la ville. Mais il montra vite son désir de faire des études. Il sentait en lui une capacité et un don puissant pour cela. Il réalisa donc son vœu en commençant à fréquenter les écoles de la ville et les cours qui étaient dispensés dans les mosquées souvent à des heures matinales, juste après la prière de l’aube. Il participa aux cours de maîtres qui avaient une notoriété dépassant de loin le périmètre de la ville. Et en fin de compte, c’est dans sa ville de Shîrâz qu’il acquerra le savoir et les compétences littéraires et sa grande culture musulmane.

Shamseddîn Mohammad commença par apprendre par cœur le Coran selon la méthodologie en usage qui consistait à suivre les enseignements relatifs à la lecture et au commentaire du Livre Saint et en même temps, s’appliquer à apprendre la langue arabe et sa grammaire. Il apprit donc le Coran avec la perfection qui est celle des « quatorze recensions », comme il s’en vante dans un de ses Ghazals :

‘Eshqat resad be faryâd, v-ar khod be sân-e Hâfez

Qor’ân ze bar bekhâni, dar chârdah revâyat

 

L’amour te viendra en aide, si comme Hâfez,

Tu récites le Coran dans ses quatorze recensions !

 

 

C’est là que Shamseddîn Mohammad fut surnommé Hâfez (qui signifie celui qui garde le Coran, qui le retient par cœur) par l’un de ses plus grands maîtres, le Sheikh Qawâm al-Dîn ‘Abdollâh. Désormais, Shamseddîn Mohammad se servira du surnom de Hâfez comme nom de plume dans son œuvre poétique. Son éloquence, la douceur de ses paroles lui vaudront aussi le surnom de « Hâfez au doux langage », Hâfez shîrînsokhan.

Hâfez était un homme d’un caractère moral irréprochable, sans aucune ostentation, ni dissimulation. Ces traits d’éminence se reflètent dans sa poésie.

S’il eut des compétences certaines dans les sciences religieuses, Hâfez doit sa célébrité à son Dîvân, qui demeure inégalé et inégalable en beauté, en éloquence et en significations. Le mot dîvân est un nom commun utilisé pour désigner l’ensemble de l’œuvre poétique d’un auteur mais il sert ici à désigner l’œuvre de Hâfez parce que ce grand poète n’a pas donné de titre à son travail.

La poésie de Shamseddîn Mohammad Hâfez est du genre ghazal, c'est-à-dire un mode d’expression lyrique qui fait état des sentiments de l’auteur, abondant en images et métaphores, avec une variété de rythmes, qualifiée de lyrique parce que ces vers étaient destinés à être chantés sur la lyre et effectivement, ils sont facilement mis en musique et chantés par les plus belles voix d’Iran et de l’Afghanistan, aujourd’hui comme aux temps passés.

Mais cette définition de son œuvre ne suffit pas pour définir la poésie de Hâfez. Outre ces ghazals qui constituent l’essentiel de son œuvre, Hâfez a aussi écrit quelques qasîdas, longs poèmes, ainsi que des quatrains (robâ’îyât).

L’œuvre de Shamseddîn Mohammad Hâfez est vivante et donne lieu à une interprétation diverse et riche. Elle a donné naissance, en Iran et dans le monde des savants qui s’intéressent à l’œuvre et à la vie de Hâfez, à une science particulière appelée Hâfezologie, Hâfez-shenâsî.

(A suivre)

En persan : خواجه transcrit à partir de l’arabe : khwâja (Maître)

En persan : حافظ. Mot arabe, signifiant littéralement gardien qui sert à désigner les personnes ayant gardé, c'est-à-dire appris par cœur l'intégralité du Coran.

En persan :شیراز est une ville du sud-ouest de l’Iran. C’est la capitale de la province de Fârs. Elle fut  la capitale de la Perse sous la dynastie Zand de 1750 jusqu’en 1794, quand les Qâdjârs déplacèrent la capitale à Téhéran.

En persan : Esfahân : اصفهان, ville située à 340 km au sud de Téhéran. Après Téhéran et Mashhad, elle est la 3ème ville d’Iran. Ispahan fut la capitale de l’empire perse sous la dynastie des Safavides entre le XVIe siècle et le XVIIIe siècle. Les travaux entrepris sous le règne de Shâh Abbâs convertissant Ispahan en une vitrine de l'architecture et de l'art Safavide extrêmement raffiné, ainsi que les nombreux monuments islamiques construits entre le XIe et le XIXe siècle, font d'Ispahan un des joyaux du Moyen-Orient. La place Naqsh-e Jahân (en persan : میدان نقش جهان) est classée au patrimoine mondial de l’humanité depuis 1988.

En persan : تویسرکان. Située au Sud de Hamedân en Iran, en pleine montagne à une altitude de 1700 mètres, elle comprend plus de 80 villages, tous producteurs de tapis. Les tapis produits dans cette région sont souvent de petits et moyens formats, la laine est souple et luisante, les couleurs éclatantes et les décors souvent de type géométrique articulé sur des compositions centrales aux couleurs vives.

En persan : كازرون est une ville de la province du Fars en Iran, située entre Shîrâz et Bûshehr. Le site archéologique de Bîshâpûr) BayShapur) se situe à une vingtaine de kilomètres de la ville.

Au 2ème siècle de l’Hégire, sept personnes qui connaissaient par cœur le Coran ont voulu fixer les règles des lectures admises du Texte révélé. Chacun s’appuya sur deux transmetteurs (râwî) rapportant des ‘’leçons’’ (revâyat) - remontant au Prophète (s) - sur les différentes façons de lire et les différentes prononciations qui ont été retenues par les savants spécialistes du Coran jusqu'à nos jours. Cela fait donc au total les « quatorze leçons » que les spécialistes du Coran doivent connaître. Hâfez était capable de réciter le Coran par cœur et de suivre dans sa lecture les 14 manières de le réciter (comme par exemple, savoir où marquer une pause, savoir prononcer une expression selon toutes les possibilités transmises, etc.)

En persan :قوام الدين عبدالله شيرازی), grand savant iranien mort en 771 de l’Hégire / 1364.

 

Photos aléatoire

Masjed Jâmeh' - Ispahan (15) : Masjed Hakim - Ispahan (17) : Madresseh Tchahâr Bâgh - Ispahan (13) : Imâmzâdeh Esmâ'îl - Ispahan (7) : Masjed Jâmeh' - Ispahan (4) : Mausolée de l'Imâm 'Alî (as) - Najaf (3) : Masjed Jâmeh' - Ispahan (10) : Madresseh Tchahâr Bâgh - Ispahan (15) : Madresseh Tchahâr Bâgh - Ispahan (9) :

Nous contacter

Accusantium doloremque laudantium, totam rem aperiam, eaque ipsa quae ab illo inventore veritatis et quasi architecto.
Nom
E-mail
Message *