La confiance de l’Imâm al-Hosayn (as) dans le commandement du bien et dans l’interdiction du mal

Afin de traiter ce sujet important, il faut prendre en compte la situation spéciale qui prévaut à l’époque de Mo‛âwiya et que suppose le califat de Yazîd.

Le thème du califat héréditaire lui-même réalise le vieux rêve exprimé par Abû Sofyân : « Passez-vous le califat les uns aux autres comme un ballon et faites-en hériter vos enfants. » Hân atteste qu’Abû Sofyân lui a juré qu’il n’existe ni Paradis ni Enfer.

A l’époque de Mo‛âwiya, l’Imâm (as) s’oppose à lui ainsi qu’aux actions qu’il entreprend, il lui adresse même une lettre dans laquelle il écrit : « Je crains d’être rendu coupable auprès de Dieu de ne pas m’être soulevé contre toi. » A l’époque de Mo‛âwiya, l’Imâm (as) engage des démarches qui témoignent de son intention de se soulever (cependant, dans le numéro 6 des Carnets du soulèvement husaynide, dans lequel il est rapporté du livre de Monsieur Sâlehî sur la généalogie et l’Imâmat politique, l’Imâm (as) lui écrit : « Tu ne veux pas la guerre, je ne veux pas le contraire », il est certain que l’Imâm (as) n’a jamais eu une telle intention à l’époque de Mo‛âwiya).

 

Il est ici un point précis : ce genre de soulèvement et même, ce type absolu de commandement du bien et de l’interdiction du mal ne constituent pas un devoir nous obligeant à nous interposer à chaque fois que nous voyons une mauvaise action se dessiner, et il ne nous appartient pas forcément de prêter attention à l’effet que cet acte produit. Au contraire, la probabilité de l’effet et la confiance dans le résultat sont nécessaires, c'est-à-dire que cet acte appartient aux actes qui supposent que celui qui est tenu d’exécuter les lois divines en accepte le résultat, sinon il a employé son énergie pour rien, il l’a gaspillée inutilement. (La question de la croyance de l’Imâm (as) dans le résultat de ses actes est relative au fait que l’Imâm (as), en tant que facteur du commandement du bien et de l’interdiction du mal, se trouve dans la logique du révolutionnaire, dans la logique du martyr, qu’il souhaite un élargissement de l’effusion de sang, une expansion de la révolution. Son message consiste uniquement à marquer le sang, afin que jamais il ne puisse être lavé). L’Imâm (as) croit-il au résultat de son action, au fait qu’elle n’est pas vaine ? Bien sûr, et en voici quelques preuves :

 

A- Dans la réponse personnelle rapportée par Riyâshî, il dit : « Ils m’ont mis dans la peur, et ce sont les lettres d’invitation des gens de Kûfa qui ont fait que maintenant ils sont prêts à me tuer, et comme ils lèvent la main sur mon sang, comme ils n’ont envoyé de bandits que pour qu’ils soient coupables, alors que Dieu suscite quelqu’un, afin qu’il les massacre tous, de sorte qu’ils en deviennent plus négligeables encore que les linges des femmes après leurs périodes. » (Kâmil ibn Athîr, Vol. 3).

B- Le jour de ‘Âshûrâ, il s’adresse aux gens avec ces mots : « Ensuite, j’en fais le serment, avant même que vous n’ayez le temps de monter à cheval, ce moulin va se mettre à tourner et vous enfermer dans l’étroitesse de son axe. » (Luhûf, p. 42).

C- Le jour de ‘Âshûrâ, il s’adresse à ses proches : « Préparez-vous au malheur, et sachez que Dieu vous protège et vous libère des ennemis, et qu’Il livrera vos ennemis aux malheurs du châtiment. »

D- Il dit à ‘Omar ibn Sa‛d : « Par Dieu, la gouvernance de Rey ne t’échoira point, je vois les enfants de Kûfa te jeter des pierres à la tête de la même façon qu’ils jettent des pierres sur l’arbre fruitier[1]. »

 

L’Imâm (as) s’appuie également beaucoup sur le facteur du commandement du bien et de l’interdiction du mal, mais ne mentionne pas à cette occasion le refus de pactiser ni l’acceptation de l’invitation[2]. Le premier facteur a plus de valeur que le second car quoi qu’il arrive, l’Imâm (as) se trouve en conflit avec le pouvoir en place, or, ce conflit prend la forme de la révolte et c’est lui-même qui l’a initiée, et non le peuple, ni le pouvoir en place. En raison de ce facteur, c’est l’Imâm (as) qui est l’assaillant et l’opposant, et non le défenseur. Son acte est de première instance, ce n’est pas une simple réaction négative face à l’exigence du pacte, ou une réaction positive à la proposition d’une collaboration en vue de former le gouvernement.

En raison de ce facteur, soit le pouvoir exige le pacte, ou ne l’exige pas, mais il est l’opposant et le partisan d’un changement de la situation en place. Soit les gens de Kûfa le choisissent et lui viennent en aide, soit ils ne le choisissent pas et ne l’aident pas, mais il reste quant à lui l’opposant, le partisan du changement. Et c’est de ce point de vue que cet épisode est véritablement valeureux et riche d’enseignement.



[1] Pour en faire tomber les fruits.

[2] Des gens de Kûfa.

 

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