La philosophie et le philosophe

En vérité, il est impossible d’affirmer ce qu’est la philosophie, c'est-à-dire qu’il n’est pas possible d’avancer que la philosophie est cela et que ce n’est pas ceci, car la philosophie est la plus libre des activités humaines, on ne peut ni la limiter, ni la particulariser. La vie de la philosophie est à la mesure de la vie humaine. Au cours de l’histoire, elle a engendré de multiples changements et marqué chaque époque différemment. A ce sujet, il vous suffit de jeter un œil aux diverses définitions qui en ont été données. Dans cette optique, nous allons nous efforcer, autant que faire se peut, de présenter la philosophie.

 

Le terme philosophie

 

Le terme philosophie ou philosophia est un mot grec. Il est composé de deux parties : philo désigne celui qui aime et sophia désigne la sagesse. Le premier à avoir employé ce mot est Pythagoras[1]. Lorsqu’on lui demande : « Es-tu un savant ? »[2] Il répond : « Non, mais je suis un quelqu'un qui aime la sagesse. »[3] Par conséquent, la philosophie est depuis le premier jour où elle apparaît en tant qu’amour de la sagesse, une réflexion et une sagesse. La définition de la philosophie est que la philosophie, c’est la réflexion. Il s’agit de la réflexion à propos des thèmes les plus généraux et les plus essentiels auxquels nous sommes confrontés dans le monde et au cours de la vie. La philosophie se manifeste lorsque nous nous posons des questions fondamentales à propos de nous-mêmes et du monde. Des questions comme : Qu’est-ce que la beauté ? Où étions-nous avant d’être créés ? Quelle est la réalité du temps ? Le monde a-t-il un but ? Si la vie a un sens, comment pouvons-nous le comprendre ? Est-il possible qu’une chose existe sans avoir de cause ? Nous considérons le monde comme la réalité, mais quel est le sens de cette réalité ? La destinée de l’être humain se trouve-t-elle entre ses mains ou est-elle déterminée hors de lui ?

 

Comme nous le voyons dans ces questions, les interrogations philosophiques font partie d’une catégorie spéciale. Aucun savoir ne s’occupe de traiter ces thèmes. Aucun savoir ne peut donner une réponse à ces questions par exemple : Qu’est-ce que la vérité ? Qu’est-ce que la justice ? Cela est dû à la spécificité de ces questions. L’une des spécificités essentielles des thèmes philosophiques est leur caractère permanent, éternel. Ils ont toujours existé et ils existeront toujours.

La philosophie est l’étude de la réalité, mais pas de l’aspect de la réalité dont traitent les différents savoirs. A titre d’exemple, la physique s’occupe des corps matériels qui peuvent être en mouvement ou immobiles, tandis que les sciences naturelles s’occupent des éléments porteurs de vie, et de là, ces sciences produisent leurs recherches et leurs analyses. Cependant, la philosophie institue comme thème de réflexion la notion la plus générale à laquelle nous avons affaire, l’existence même. Autrement dit, en philosophie, le principe d’existence, pris dans l’absolu et libre de toute forme de condition ou de clause, est soumis à la discussion. C’est pour cela qu’Aristote, définissant la philosophie, déclare : « La philosophie est le savoir des états des choses, en ceci qu’elles existent. » L’un des sens de la philosophie consiste en son usage de termes techniques rationnels permettant à l’être humain d’étudier les choses, les événements et les différents faits d’un point de vue élevé et étendu, et ce dans le but d’accepter les événements du quotidien avec confiance et tranquillité. En ce sens, la philosophie est synonyme de sagesse. La philosophie cherche à mettre la main sur les réalités les plus fondamentales du monde. C’est ce que dit Ibn Sînâ[4] lorsqu’il la définit : « La philosophie, c’est la connaissance des réalités de toute chose, dans la mesure de ce qui est accessible à l’être humain. » La philosophie a toujours été considérée - et ce depuis les premiers jours de l’existence de l’être humain - comme un savoir sacré et surhumain, comme un savoir divin. Cette façon de voir a aussi bien cours parmi les philosophes chrétiens que musulmans ; Jorjânî dit à ce sujet : « La philosophie consiste à devenir pareil à Dieu, à la mesure de l’être humain, et à obtenir la félicité éternelle. » Comme on vient de le voir donc, la philosophie a depuis qu'elle existe le sens d’amour de la sagesse, de la raison pure, et elle fait usage d’un savoir destiné à mettre la main sur les réalités du monde et à mettre en œuvre ce qu’il y a de préférable, c'est-à-dire, à mener une vie appropriée. A ses débuts, la philosophie renfermait tous les savoirs. Elle a gardé cette spécificité durant des siècles, et c’est pour cela qu’on appelle philosophe celui qui rassemble tous les savoirs. Ensuite, les savoirs différents se sont distingués les uns des autres. Dans l’Antiquité, la philosophie réunissant tous les savoirs était de deux types : la philosophie théorique et la philosophie pratique.

 

Les questions de philosophie

 

Les questions de philosophie correspondent aux questions les plus fondamentales que l’être humain puisse se poser. La spécificité de ces questions est qu’elles ont toujours existé, qu’elles existeront toujours, et qu’aucun savoir ne pourra jamais y répondre. Tout être humain fait face à ces questions fondamentales qui donnent son sens à la vie. Il s’agit de questions comme : Qu’est-ce que la beauté ? Est-ce que le monde a un but ? Notre savoir est-il réel ou toute chose n’est-elle que manifestation ? Et bien d’autres questions du même type. Tout savoir analyse les choses sous un aspect particulier. Par exemple, la géométrie analyse les choses sous le rapport de la mesure, tandis que la chimie le fait sous celui des propriétés chimiques. Cependant, la philosophie interroge notre connaissance portant sur l’existence des créatures ainsi que sur ce qu’elles sont réellement. D’une manière générale, si l’on ne parvient pas à répondre à une question de manière expérimentale, en utilisant nos sens ou en mettant en œuvre une analyse, cette question appartient de fait au domaine philosophique. De cette manière, il est possible de classer les questions philosophiques en cinq groupes principaux. Ces groupes sont considérés comme les branches principales de la philosophie.

 

La méthode de la philosophie

 

Chaque savoir comporte sa méthode, et cette méthode organise ce savoir pour atteindre son objectif. Par exemple, la méthode de la chimie et celle de l’analyse et de l’observation, à savoir une méthode expérimentale ; du fait que l’objectif de ce savoir est de découvrir les propriétés chimiques des éléments dans le but de les utiliser, pour atteindre cet objectif, aucune autre méthode que la méthode expérimentale ne peut être employée. Autre exemple : le but des mathématiques est de découvrir les relations entre les nombres, et comme le nombre est un élément rationnel et abstrait et qu’il n’a pas d’équivalent extérieur, la méthode employée par ce savoir, avec ce but et avec cet objet, est une méthode rationnelle, spéculative et abstraite. Par rapport à ce qui vient d’être dit, on peut regrouper sous l’appellation « méthode de la philosophie » l’ensemble des voies et des règles qui existent en philosophie qui lui permettent d’atteindre son objectif ; il s’agit en l’occurrence de débattre et d’argumenter sur les questions philosophiques et de formuler des réponses aux notions essentielles. Les méthodes de la philosophie diffèrent fondamentalement des méthodes des autres savoirs. Comme il a été dit, les autres savoirs, hormis les mathématiques, utilisent la méthode expérimentale, alors qu’en philosophie cette méthode n’est que très peu employée. D’autre part, la philosophie diffère également à certains égards des mathématiques, et c’est pour cela que l’on ne peut pas employer intégralement les méthodes mathématiques en philosophie.

 

Par conséquent, il est impossible de trouver des similitudes complètes entre les méthodes de la philosophie et celles des autres savoirs. Il est un point sur lequel il est nécessaire de prêter notre attention : la philosophie n’emploie pas une méthode unique mais en possède plusieurs qu’elle applique en fonction de ses objets. En réalité, il faut dire que la philosophie nécessite fondamentalement de très nombreuses méthodes, car elle doit commenter l’ensemble des formes des expérimentations humaines. Sur ce principe, le critère de la philosophie, pour ce qui est du choix de la méthode, est fait de deux choses : a. Mettre à l’unisson l’ensemble des expérimentations humaines. b. La complétude de la description que fait un philosophe de l’ensemble des expérimentations humaines doit avoir pour but de montrer un ensemble complet et d’unifier ainsi l’expérimentation accomplie par l’être humain à propos de sa vie et du monde. Pour cette raison, sa méthode doit également apprêter le terrain en vue de parvenir à cet objectif. Sur la base des différents écrits philosophiques, de l’objectif de chaque écrit ou de chaque philosophe, l’apparition d’une nouvelle méthode, différente de celle des autres philosophes, ou des autres écrits philosophiques, est appropriée aux principes que ce philosophe, ou cet écrit a retenu. Par exemple, dans le cas où tel philosophe croit qu’il ne peut accéder à la vérité qu’au moyen de l’intelligence pure, sa méthode ne comportera qu’une argumentation rationnelle ; mais si à côté de l’intelligence pure il a également foi en l’illumination et en une forme de présence et de contemplation spirituelle intérieure, la jugeant également nécessaire pour parvenir à la réalité du monde, sa méthode ne comportera donc pas uniquement l’argumentation rationnelle. Nous allons maintenant citer ici quelques-unes des méthodes de base de la philosophie.

 

1- L’argumentation ou la comparaison

 

La méthode argumentative ou comparative est une méthode qui se trouve essentiellement employée en philosophie, et dès lors que l’on parle de la méthode de base qui fait l'essence même de la philosophie, il s’agit de celle-ci. On parle principalement d’argumentation lors d’un processus subjectif fondé sur les règles et les lois logiques. Et l’argumentation juste est celle qui est comparative. Par conséquent, la méthode valide en philosophie est la méthode argumentative/comparative. L’objectif de la comparaison est également de nous faire accéder à la découverte de l’inconnu en organisant les principes élémentaires apparents. Cette méthode s’appuie sur deux choses : l’argumentation et le corollaire spéculatif.

 

2- La présence intérieure

 

La présence intérieure est obtenue par l’effort et la purification de l’âme. Suivant cette méthode, on ne peut parvenir aux réalités du monde par la seule force de l’argumentation et du processus subjectif ; c’est au contraire par la purification de l’âme et la contemplation intérieure que l’on peut atteindre la face cachée du monde qui se trouve être sa réalité. Comme nous l’avons vu précédemment, il faut prêter attention au fait que la méthode illuminative n’écarte pas l’argumentation ni le processus subjectif, car la philosophie blâme le recours unique à l’argument et à la raison. Cette méthode comporte en un certain sens les méthodes mystiques employées au cours de la voie spirituelle. La présence intérieure peut être considérée comme condition et introduction à la philosophie, mais ne vient en rien inférer dans la méthode argumentative en elle-même qui suit sa propre logique et constitue le cœur de la philosophie.

 

3- L’induction

 

Dans les dialogues de Socrate, le philosophe expose des questions environnant l’objet de la discussion et s’efforce d’en éclairer tous les aspects au moyen du jeu des questions et des réponses. Il y parvient en réalité. Bien que cette méthode soit moins employée en philosophie, elle est cependant utilisée dans les débats philosophiques tel celui sur la connaissance de la connaissance et celui sur la morale et les valeurs. L’induction désigne le fait que le philosophe, observant une chose particulière, en tire une conclusion générale. Autrement dit, la méthode inductive consiste à étudier une chose particulière dans le but de parvenir à des règles et à des cas généraux. Parmi les méthodes employées dans la philosophie présocratique, celle-ci était très courante. Elle compte même pour partie des méthodes de recherches philosophiques employées par Aristote ; cependant, en raison de sa nature, elle n’est pas vraiment considérée.

 

Le philosophe

 

Le philosophe est celui qui se livre à la philosophie et à la pratique de la philosophie. Les anciens appelaient le philosophe « le sage », voulant dire par là que le sage est celui qui domine les différents savoirs, de la médecine aux mathématiques. De la même façon, la sagesse a acquis la connaissance de la philosophie dans le sens où elle correspond elle aussi à l’ensemble des savoirs portant sur les états des créatures. Pythagore est le premier à se nommer lui-même philosophe, c'est-à-dire amoureux de la sagesse car selon lui, la qualité de sage est restreinte à Dieu. Il compare la vie aux Jeux olympiques[5] et dit : « Ceux qui sont présents à ces Jeux sont de trois sortes : les premiers sont venus participer aux Jeux, les seconds sont ceux venus là afin d’acheter et de vendre des tickets d’entrée, et les troisièmes sont venus regarder. Dans les Jeux de la vie, le troisième groupe est celui des philosophes. »

 

Les philosophes observent le monde de leur hauteur et jugent à propos de ce qu’ils voient. Le philosophe observe constamment les questions et les difficultés qui ont de l’importance pour chacun d’entre nous. Il s’efforce, en vertu d’une juste étude critique, d’estimer nos croyances et nos connaissances à propos du monde et de l’être humain. Il s’efforce de donner une esquisse générale, ordonnée et logique de ce que nous savons et de ce que nous pensons. L’individu ordinaire, à la lumière de la recherche du philosophe et en regardant le schéma général qu’il a fourni, peut ajuster sa réflexion au sujet du monde et des faits humains, conformément à cette vue d’ensemble, et accorder ses actes et son comportement si besoin. A l’époque de l’apparition de la philosophie, la croyance des penseurs qui se livrent à ce type de recherches s’attache à vérifier avec précision les théories que nous retenons à propos de nous-mêmes et du monde afin de voir si elles sont rationnellement acceptables. Nous avons tous récolté des croyances et des connaissances à propos du monde et de l’être humain ; or la seule restriction à laquelle nous avons réfléchi consiste à nous demander si ces connaissances et ces croyances sont dignes de confiance et honorables ou non.

 

Le philosophe insiste pour pratiquer une étude et une analyse précises de tout cela afin de découvrir si ces théories et ces croyances sont fondées sur des preuves suffisantes ou non. Voici comment Socrate argumente à propos de l’attention qu’il porte à la philosophie : « La vie, sans réflexion et méditation, n’est pas la vie et n’a pas de valeur. » Il a découvert que toutes les personnes de son entourage font usage de leur vie dans le but d’atteindre des objectifs divers, comme le plaisir ou la fortune, sans même se demander si cela est important et digne de confiance ou pas. Et comme ils ne se posent pas ce genre de question, ni ne sont en quête de réponse, ils ne peuvent pas savoir s’ils agissent correctement ou pas, et si leur vie n’est pas entièrement consacrée à des fins inintéressantes, nocives et dommageables. D’une manière générale, c’est pour cette raison que les philosophes décident d’étudier, d’analyser, de critiquer et de décomposer leurs théories, leurs croyances, leurs pensées et leurs arguments afin de dénicher s’ils comportent de l’importance et de la valeur.

 

Les spécificités du philosophe

 

Foncièrement, on appelle philosophe celui qui possède les caractéristiques empruntées aux caractéristiques de l’esprit philosophique. Certaines de ces spécificités sont les suivantes :

1- Le philosophe est celui qui a foi en la valeur de la raison et qui, dans son savoir et dans son comportement, est attaché aux lois de la raison. Sur ce point, il est à l’opposé de celui qui dans son savoir et son comportement croit en la révélation et en l’inspiration, et de celui qui se base sur les superstitions.

2- Le philosophe est celui qui enquête à propos des causes présidant aux choses et aux événements. Autrement dit, il est le penseur qui se livre à une exégèse rationnelle des événements et se consacre à rechercher leur motif.

3- Le philosophe s’emploie à découvrir la signification du monde, ce qu’il représente. Il ne s’intéresse pas aux notions sous les aspects par lesquels les autres savoirs s’y intéressent. Au contraire, il s’intéresse à l’existence des choses, au fait qu’elles existent, désireux de découvrir les lois qui régissent le fait d’exister.

4- Le philosophe ne regarde pas les détails ; il voit au contraire toute chose au sein d’un ensemble unique, c'est-à-dire qu’il place les uns à côté des autres tous les points de vue et toutes les théories à propos de la vie et du monde, il les organise, pour ensuite s’attacher à les critiquer et à les analyser.

5- Le philosophe n’accepte rien sans preuve, sans corollaire, sans argumentation ; au contraire, avant toute chose, il analyse l’objet concerné et le considère attentivement de peur qu’un élément irrationnel ne pénètre son système philosophique.

6- Le philosophe veut étudier et critiquer les réflexions et les théories qui existent au sujet du monde et de la vie, sans prêter attention aux fins, aux objectifs et/ou à la profession qui l’occupent. Il veut découvrir la manière dont nous pensons, nous les êtres humains, au sujet des questions importantes auxquelles nous faisons face. Il veut savoir d’où provient notre connaissance et se demande quels principes nous devons retenir afin d’établir des lois et des jugements corrects.

7- Le philosophe s’obstine à mettre au clair nos croyances ainsi que les théories que nous avons formées au sujet du monde, de l’être humain et des valeurs humaines. Avant de se trouver simplement détenteur d’un ensemble de croyances, il a le sentiment que ces croyances doivent faire l’objet d’une analyse précise, et doivent être placées selon un ordre au sein de la structure des pensées qui possèdent une relation logique.

8- Le philosophe est toujours en quête de la compréhension des réalités et il n’adhère à rien d’autre qu’à la réalité.

 

Le besoin que l’on a de la philosophie

 

La philosophie découle foncièrement du besoin spirituel le plus fondamental de l’être humain : le besoin de savoir et de comprendre. Le besoin de savoir et de comprendre est permanent. Comme nous pouvons le voir, les enfants veulent constamment comprendre le comment, le pourquoi, le qu’est-ce. C’est pour cette raison qu’Aristote dit : « La philosophie commence par l’étonnement et la perplexité vis-à-vis du monde. » L’histoire également nous montre que depuis les premières périodes de la vie humaine sur la terre les questions les plus profondes, les questions philosophiques sont débattues : Qu’est-ce qui fait que la pluie tombe et que l’herbe pousse ? Qu’arrive-t-il aux êtres humains après que leur corps se soit éteint ? Dans le monde, sont-ce les forces du bien qui prédominent, ou les forces du mal ? Etc. Il faut essentiellement prêter attention au fait que c’est la philosophie qui s’est chargée de se mettre en quête de la réponse à donner à ce type de questions, prenant la forme de mythes et de rites religieux. Par conséquent, chaque être humain est une sorte de philosophe et se trouve affecté par la philosophie, parce qu’il édifie sa vie, même s’il en est inconscient, en fonction des réponses qu’il donne à ces questions fondamentales. Avec cette différence que le philosophe authentique et véritable s’occupe de ces questions avec sérieux et discipline. Les réponses qui ont été données jusqu’à présent sont passées par le creuset de la critique et par la recherche de voies pour de nouvelles solutions.

 

Notre autre besoin de la philosophie provient de ce que nous tous, les êtres humains, avons l’obligation de prendre constamment des décisions pour agir. Sans choix, la vie est absurde. De ce fait, nous avons un besoin fondamental de savoir comment et pourquoi nous choisissons telle chose, et principalement, quelle voie nous devons choisir pour chaque sujet. La philosophie s’occupe de cela et met devant nos pas différentes voies avec des solutions et des résultats différents. En cela, la philosophie est une guidance pour tous les êtres humains ; une guidance vers la découverte de meilleures voies. Chaque fois que nous nous efforçons de découvrir ce qu’est le monde, lorsque que nous courons çà et là afin de décrire le monde, nous pensons que nous allons trouver sa signification et son dessein. Si l’on découvre que le monde comporte un dessein, un propos, nous voulons alors le comprendre. Ainsi, on peut dire qu’il existe en l’humain une puissante propension à chercher ce qu’est le sens de la vie et du monde, or le philosophe est celui dont les activités vont dans le sens de ce besoin. L’être humain a également besoin de la philosophie à travers les différents savoirs car les savoirs et les sciences humaines ont sous divers aspects besoin de la philosophie. La philosophie cherche à trouver un schéma global du monde. Elle met en œuvre ce schéma en fonction des conclusions qu’elle tire. Ce schéma ne peut pas être mis en œuvre ailleurs qu’au sein de la philosophie. Al-Kindî définit la philosophie comme « la forme de savoir s’occupant des réalités des choses, à la mesure de la capacité de l’être humain », et la philosophie première, la métaphysique, comme « le savoir portant sur la réalité première qui est la cause de toute réalité ». Il considère la philosophie comme le plus noble et le meilleur des savoirs, dont l’apprentissage incombe à tout penseur, tandis que le genre le plus noble de philosophie est selon lui le savoir portant sur la nature de l’unicité de Dieu.

 

Voici ce qu’il dit à propos de la nécessité de la philosophie : « Personne ne peut nier la nécessité d’une telle recherche car dans le cas où l’on reconnaît cette recherche, à savoir la philosophie, la philosophie devient nécessaire, et dans le cas où on la refuse, il faut produire les arguments de ce refus, or la présentation d’arguments tient lieu en soi de son caractère de nécessité car la philosophie signifie ‘arguments et présentation d’arguments’. » Selon Al-Kindî, si la philosophie est le savoir portant sur les réalités des choses, il n’existe donc pas de contradiction entre la philosophie et la religion. Pour cette raison, Al-Kindî s’efforce de faire concorder entre elles la philosophie et la religion : « La philosophie et la religion sont toutes deux des savoirs portant sur la réalité. » Dans l’un de ses essais, Al-Kindî avoue la puissance de la raison : « Par mon âme, je jure que du fait que la parole du Prophète véridique, Mohammad (s), ainsi que tout ce qu’il a rapporté de Dieu, Honoré et Glorieux, a été mesuré à l’aune de la raison, cela prend place dans la grande lumière de l’acceptation ; seuls ceux qui ne jouissent pas de la grâce de la raison se lèvent pour rejeter cela, et le nier. » Al-Kindî est le premier philosophe arabe à se livrer en langue arabe à une profonde réflexion au sujet des questions philosophiques et spéculatives et à rédiger des textes philosophiques. Le grand travail d’Al-Kindî a été de faire connaître aux Arabes les écoles philosophiques dont ils ignoraient l’existence auparavant et d’analyser pour eux les questions sur lesquelles ils n’avaient pas encore mis la main. Bien entendu, les questions philosophiques que discute Al-Kindî sont les mêmes que celles à propos desquelles débattaient les anciens sages, cependant il ne perd pas non plus son indépendance intellectuelle et choisit une opinion qui confirme le caractère approprié de ses penchants philosophiques particuliers ainsi que de ses croyances religieuses personnelles, bien que les autre soient moins favorables à ses théories.



[1] Pythagore. Les notes sont du traducteur.

[2] Ce qui en grec donnait : « Es-tu un stoïcien ? », car c’est par ce mot que les savants étaient désignés, avant qu’il ne s’applique uniquement à ceux qui emploient le faux raisonnement.

[3] Un philosophe.

[4] Avicenne.

[5] Lui-même participe aux Jeux olympiques !

 

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