Différents aspects de l’inimitabilité du Coran (1)

Le Coran est le miracle éternel apporté par le Prophète de l’islam (s). Dès le début de la révélation coranique à La Mecque qui a commencé par de courtes sourates, l’Envoyé de Dieu a lancé officiellement le défi : je ne suis pas l’auteur du Coran, c’est l’œuvre de Dieu. Il n’est ni de moi ni l’œuvre de quelque autre être humain et si vous en doutez, essayez de produire une sourate semblable, et faites vous aider par qui vous voulez. Sachez seulement que si les djinns et les humains s’épaulaient à cette fin, jamais ils ne seraient en mesure de le faire.

Les opposants au Prophète (s), ni en son temps ni aujourd’hui, quatorze siècles plus tard, n’ont jamais pu relever ce défi. Réduits à l’impuissance, les adversaires ont fini par accuser le Prophète de magicien. Or, cette accusation est une reconnaissance implicite de l’origine surnaturelle du Coran, et aussi une façon de reconnaître leur incapacité à l’imiter.

Car il faut savoir que les opposants entêtés du Prophète n’ont épargné aucun effort pour l’affaiblir et le vaincre et ont recouru à toutes sortes de subterfuges pour l’empêcher de mener à bien sa mission. La seule action qu’ils n’ont pu accomplir est précisément celle de relever le défi qui leur fut lancé de produire une sourate semblable à celle du Coran, fut-ce une sourate courte d’une seule ligne comme les sourates 112, Al-Ikhlâs, (le Monothéisme pur) ou la sourate 108, Al-Kawthar (L’Abondance).

 

Les aspects miraculeux du Coran

 

À plusieurs points de vue, le Coran est un miracle, c'est-à-dire une œuvre surhumaine. De façon globale, le miracle coranique est double : dans la lettre et l’esprit. L’inimitabilité littérale concerne la catégorie esthétique, alors que l’inimitabilité spirituelle concerne la catégorie de savoir, de science. Ainsi le miracle coranique est d’une part un miracle de beauté et de l’autre, un miracle de science. Chacun de ses deux aspects présente à son tour d’autres aspects internes.

Récemment, des savants iraniens et égyptiens ont proposé un autre aspect qu’ils ont relevé dans le Coran : l’aspect « technique » et esthétique, à savoir une organisation spéciale dans la disposition des lettres et des mots, et une courbe indiquant une élévation graduelle du niveau des versets révélés.

 

Le vocabulaire coranique

 

Beaucoup de beaux discours sont liés à une époque particulière ou bien ne correspondent plus au goût d’un autre temps ou pour le moins sont spécifiques à une nation jouissant d’une culture particulière. Mais la beauté du Coran ne dépend ni d’une époque, ni d’une race, ni d’une culture particulière. Tous les hommes et les femmes qui se sont familiarisés avec la langue du Coran l’ont trouvée conforme à leur attente, à leur goût. Avec le passage du temps, les différents peuples qui se rallient à l’islam et font connaissance avec le Coran sont encore plus attirés par la beauté du Coran. Beaucoup de partisans des autres religions se sont acharnés aussi à entamer la crédibilité du Coran, tout au long des derniers quatorze siècles. Ils ont tenté tous les moyens imaginables : mettre en doute l’authenticité du Coran, mettre en cause la personnalité du Prophète (s), avancer une interprétation biaisée de certains versets coraniques, mettre en circulation beaucoup de copies falsifiées du Coran, etc., mais ils n’ont jamais donné le moindre signe de relever le défi qui leur fut lancé : présenter à l’appréciation des hommes, le moindre verset capable d’égaler un verset coranique ou de rivaliser en éloquence avec lui.

Même dans l’histoire de l’islam, des personnages ont tenté de s’en prendre à l’authenticité du Coran. Certains jouissaient même d’une grande notoriété. Ces personnages s’inscrivent dans la droite ligne de ceux qui ont toujours agi contre l’œuvre prophétique. Tous les prophètes ont eu à souffrir des méchancetés des hommes, à entendre les paroles les plus dures de la part de leurs  adversaires athées ou impies.

Certains groupes ou sectes ont vu le jour sous différentes appellations pour se livrer à des critiques plus ou moins éreintantes du Coran et de son contenu. Les chroniqueurs les classent dans la catégorie des athées (malâhida) ou des déviationnistes (zanâdiqa). Certains d’entre les chefs de ces groupes étaient très connus. Ils s’en sont pris à la religion de façon générale et au Coran spécialement. Ils ont affirmé que le Coran était une œuvre humaine. Mais le résultat unique de leurs agissements fut de montrer leur petitesse et de confirmer la grandeur du Coran. On a rapporté des propos à ce sujet d’Ibn Râwandi[1], de Abu al-‘Alâ Ma’arrî[2] et de Abû al-Tayyib al-Mutannabî[3], le célèbre poète arabe. Tous ont essayé de montrer que le Coran était l’œuvre d’un homme.

Un grand nombre d’hommes ont prétendu à la prophétie, et pour appuyer leur prétention, ont récité quelques versets de leur composition, soutenant que la qualité de leurs versets était égale à celle des versets coraniques et que leurs versets provenaient aussi de Dieu.

Parmi les noms les plus connus citons ceux de Tulayha[4], de Musaylima[5], de Sajâh[6]. Ces individus ont plus montré leur petitesse, ne pouvant rivaliser avec la grandeur du Coran.

Ce qui est frappant, c’est que même le niveau et la qualité de l’expression rhétorique du Prophète (s) à qui le Coran a été révélé se distinguent nettement de celui du Coran. Beaucoup de paroles du Prophète, d’aphorismes, de discours, d’invocations et de hadiths nous ont été transmis et sont inscrits dans des recueils spécialisés. Ils sont à un très haut sommet d’éloquence, mais en aucune façon, ils ne ressemblent au Coran. Cela prouve que le Coran et les paroles du Prophète proviennent de deux sources distinctes.

L’Imâm 'Alî[7] (as) a été initié au Coran dès l’âge de 10 ans. Cet âge correspond au moment où les premiers versets coraniques descendirent sur le Prophète (s). Et 'Alî les a retenus par cœur, comme l’assoiffé capte l’eau pure, et jusqu’ à la fin de la vie du Prophète, 'Alî sera le principal scribe de la Révélation coranique. Il connaissait par cœur le Coran et il le récitait tout le temps. Quand il se levait pour adorer son Dieu dans le silence de la nuit, c’est encore à la récitation du Coran qu’il s’occupait. Malgré cela, si le style coranique se prêtait à l’imitation, 'Alî, avec ses dons incomparables d’éloquence légendaire qui se situe juste après celle du Coran, aurait pu lui aussi se retrouver sous l’influence du style coranique, et se serait conformé à lui, nous laissant ainsi des discours sous forme de versets coraniques. Or, nous constatons que le style du Coran et celui de l’Imâm 'Alî (as) sont complètement différents. Quand l’Imâm 'Alî (as) cite un verset coranique au milieu de son discours rayonnant d’éloquence, le verset apparaît toujours comme l’étoile la plus brillante et la plus scintillante des étoiles générées par son éloquence.

Les domaines dans lesquels les poètes de génie ont excellé sont généralement ceux où s’expriment les sentiments humains (amour, tristesse, beauté), la gloire ou la fierté pour les exploits accomplis, la description de la nature, le lyrisme, le dithyrambe et l’éloge, etc.

Or le contenu du Coran est tout empreint de spiritualité, de religiosité. Il y est question de l’unicité divine, de la résurrection, des prophètes, des caractères moraux, des prescriptions légales, des exhortations et des récits. Et pourtant, il est au summum de l’éloquence et de l’esthétique. La structure de la phrase coranique est parfaite, d’une perfection insurpassable. Nul n’a changé un seul mot d’une phrase coranique sans en perturber le sens et la beauté. Et nul n’a pu rédiger une phrase semblable à celle du Coran. De ce point de vue, on peut comparer le Coran à un très beau bâtiment stable et solidement ancré dans le sol, que personne ne peut déplacer ou modifier, ni même rendre plus beau et dont personne ne peut construire de meilleur ni de semblable.

La structure et le style du Coran n’ont ni précédent dans l’histoire, ni égal, ni successeur. Jamais avant lui les Arabes n’avaient dit ou écrit quelque chose de semblable, et après lui, malgré toutes les tentatives, même les mieux intentionnées, aucune n’a abouti à quelque chose de convaincant.

Le défi coranique reste encore là, fier comme une montagne, sans que personne ne puisse le relever. Et jamais personne ne le relèvera.

Les musulmans qui sont convaincus de l’inimitabilité du Coran invitent encore ceux qui en doutent à tenter l’expérience, certains que personne ne parviendra à parler mieux que Dieu Lui-même.

 

Les significations du Coran

 

L’inimitabilité du Coran, du point de vue de son contenu, requiert une vaste étude, qui demanderait au moins un livre. Nous pouvons cependant formuler ici des principes de base pour la comprendre. De quel genre relève le Coran ? Est-ce un livre traitant de philosophie ? Est-ce un livre de science ? De littérature ou d’histoire, ou bien un livre traitant de l’art ?

La réponse est que le Coran ne relève d’aucun de ces genres. Parce que le Prophète de l’islam (s), comme tous les prophètes d’ailleurs, appartient à une catégorie spéciale parmi les êtres humains. Il est un messager de Dieu. Il n’est ni un philosophe retiré dans son cabinet pour produire un livre résumant sa pensée, ni un savant se livrant à des expériences, ni un homme de lettres s’exerçant à l’esthétique du bien dire, ni un historien interprétant les grands évènements du passé, ni un artiste ou un artisan, etc. Le Prophète possède cependant toutes les qualités de ces hommes, tous les dons pour exercer à la perfection ces différents domaines.

Le Coran aussi qui est un Livre céleste, n’est ni un traité de philosophie, ni d’histoire, de sciences, ou de littérature et d’art, mais possède toutes les qualités de ces disciplines et plus encore.

Le Coran est un livre pour guider l’humanité. En réalité, il est le livre de l’HOMME, tel que Dieu l’a créé et pour lequel les prophètes ont été suscités pour l’aider à se connaître, et à lui rappeler la voie de la félicité. Puisqu’il est le livre de l’Homme, il est aussi le Livre de Dieu. Car l’homme est cet être même dont la création a commencé avant celle du monde et qui s’achèvera après la fin de ce monde, car l’homme est selon le Coran, le résultat d’un souffle divin, et bon gré mal gré, ce souffle retournera à Dieu. C’est pourquoi, la connaissance de l’homme est inséparable de la connaissance de Dieu.

Tant que l’homme ne se connaîtra pas, il ne connaîtra pas non plus son Seigneur. Et ce n’est qu’en connaissant Dieu que l’homme accédera à la connaissance de sa réalité véritable. L’homme, dans la doctrine des prophètes (as), dont le Coran est l’expression la plus parfaite, est différent de l’homme que l’on connaît à travers les sciences naturelles modernes, sa définition est beaucoup plus large. L’homme de la science positive vit entre deux parenthèses : celle de la naissance et celle de la mort. Il n’y a rien avant ni après ces parenthèses, il n’y a que de l’inconnu. Mais l’homme dont parle le Coran n’est pas enfermé dans ces parenthèses. Il vient d’un autre monde, pour se parfaire dans ce monde, et son avenir est conditionné par le genre et le degré des actes et des efforts (ou de paresse et de relâchement) qu’il aura accomplis dans l’école de ce monde. Et encore, entre la naissance et la mort, l’homme que nous connaissons, est bien en-dessous de celui que les prophètes veulent faire connaître. L’homme du Coran doit savoir d’où il vient, où il va, où il est, comment il doit être, ce qu’il doit faire. Quand l’homme du Coran aura répondu concrètement à ces cinq questions, il se sera assuré la félicité dans le monde où il se trouve et dans l’autre où il se rendra en définitive.

Pour connaître d’où il vient, de quelque source il procède à l’origine, cet homme devra connaître son Seigneur et pour qu’il connaisse son Seigneur, il devra méditer sur le monde et sur l’homme en tant que deux signes respectivement objectif et subjectif et approfondir la connaissance de son être.

Pour qu’il sache quelle est sa destination finale, il devra avoir foi en ce que le Coran appelle le « Retour à Dieu » (ma’âd), à savoir la résurrection, le rassemblement des ressuscités, les peurs de la résurrection, les délices éternels, les châtiments sévères et parfois éternels, de même qu’il devra méditer sur les étapes et degrés qu’il devra traverser et en prendre conscience. Il devra reconnaître Dieu comme le point de départ et le principe de toutes les créatures et aussi comme le point de retour et la finalité de toutes ces créatures.

Pour qu’il sache où il est, en quel lieu il se trouve, il devra connaître les systèmes et les règles régissant l’univers, comprendre la place et le rang de l’homme parmi l’ensemble des créatures et percevoir sa fonction parmi les créatures.

Et pour savoir comment il devra être, il devra connaître les vrais caractères humains et harmoniser son caractère sur eux.

Et pour savoir ce qu’il devra faire, il devra se soumettre à une série de conventions et de règles individuelles et sociales. En outre, l’homme du Coran devra aussi, en plus de ce qui précède, avoir foi en l’existence d’un monde suprasensible que le Coran appelle ghayb (monde invisible) et qui consiste dans des phénomènes et des interférences divines dans le système de l’être. Il devra aussi se convaincre que Dieu n’a jamais laissé l’humanité abandonnée à elle-même. Il a toujours envoyé un certain nombre de prophètes qui sont l’élite de Sa création pour guider les hommes et leur transmettre les messages célestes. L’homme du Coran, porte sur la nature un regard contemplatif d’un signe divin, et sur l’histoire, un lieu réel d’expérience qui enseigne aux hommes la vérité des prescriptions divines. Tel est l’homme du Coran : un représentant de Dieu sur terre, portant une lourde responsabilité sur ses épaules. Le Coran lui détaille sa mission dans les thèmes suivants.

(à suivre)



[1] Abû al-Hossayn Ahmad bin Yahyâ ben Ishâq al-Râwandî. Penseur iranien, mort en 911. Auteur d’un Kitâb al-Zomorrod (Le Livre de l’Emeraude), aujourd’hui disparu.

[2] Abû al-‘alâ al-Ma’arrî, poète arabe, chantre du pessimisme. Mort en 1057.

[3] Abû al-Tayyib al-Mutanabbî, poète arabe, mort en 965.

[4] Tulayha ibn Khuwaylid ibn Nawfal al-Asad, d’abord musulman, il apostasia pour se déclarer prophète. Se révolta contre Abû Bakr, puis se repentit et revint à l’islam, participant aux grandes batailles de l’expansion musulmane.

[5] Faux prophète, originaire d’al-Yamâma, surnommé Musaylima le menteur. S’insurgea contre le premier calife Abû Bakr. Fut tué par les troupes envoyées contre lui sous les ordres de Khâlid ibn al-Walid.

[6] Sajâh bint al-Hârith ben Suwayd at-Taghlibîya, alliée et épouse de Musaylima. Mourut musulmane.

[7] 'Alî ibn abî Tâlib (as), cousin et gendre du Prophète Mohammad (s), premier Imâm du chiisme et quatrième calife du sunnisme.

 

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