Supériorité du miracle du Coran sur les autres miracles

Si nous pouvions démontrer que la revendication du Coran est bien fondée, la supériorité de ce miracle sur tous les autres miracles serait claire sur deux plans :

L’un est qu’il est du genre du discours, c'est-à-dire quelque chose qui exprime une pensée ou un esprit ou qui traite d’une série de sujets. Puisque aucun acte ne révèle celui qui l’accomplit aussi bien que le font le discours et l’expression.

Pour connaître un homme, pour déceler ses défauts et apprécier ses qualités, il faut l’entendre parler.

En guise d'introduction, nous pouvons dire que tout travail, tout acte désigne son agent. Par exemple, un bâtiment renvoie à son architecte ; c’est un miroir qui, dans une grande mesure, montre beaucoup des qualités de l’architecte. Un tapis aussi désigne l’esprit et le savoir faire de l’artisan qui l’a tissé.

Il en va de même pour l’être humain. En voyant un enfant ou en entendant un adolescent parler, nous pouvons facilement évaluer le niveau du savoir, de la connaissance ou de la compétence de ses parents. Il est comme un miroir reflétant le nombre d’heures qui ont été dépensées pour sa formation. Ses attitudes, son comportement, montrent la façon dont il a été élevé et peuvent même nous donner une idée de la mentalité qui règne dans le milieu où il a grandi.

Si un bâton de berger se transforme en serpent, cet acte renvoie aussitôt à l’âme de l’agent de cette transformation !

Tous ces cas présentent dans une grande mesure une ambiguïté, parce que la façon dont un discours peut nous renseigner sur son orateur, sur l’agent de ce discours, ne peut être égalée ou remplacée par une autre activité…

Lorsque nous sommes assis en compagnie de nos proches, nous avons tous, puisque nous nous connaissons les uns les autres, le sentiment que toute leur psychologie est incarnée devant nous. À chaque fois que nous regardons un membre de la famille ou un ami, nous ne voyons pas seulement son apparence, mais aussi son état d’esprit et l’ensemble de ses croyances. Ou bien dès que l’on nous parle du Dr Untel, de l’Ingénieur Untel, son caractère particulier se présente à notre esprit avec tant de détails que si nous voulions expliquer sa psychologie, nous pourrions écrire tout un livre.

Et dans la majorité des cas, si l’on nous demandait comment nous avons fait la connaissance de telle personne, il est vrai que ce sont surtout les paroles que nous avons entendues d’elle ou que l’on nous a rapportées d’elle qui nous l’ont fait le plus connaître.

 

La capacité de durer

 

L’autre élément distinctif qu’il faut relever dans ce sens, est celui de sa capacité de subsister, de durer. À part la parole, quelle autre chose peut subsister ?

Aucun acte, aucun effet ne possède autant de capacités à durer que la parole. Le secret pour lequel le miracle principal qui a été choisi pour le Sceau des Prophètes, c'est-à-dire « la parole », est dû au fait que cette religion, la religion finale, est celle qui devra subsister à jamais et demeurer jusqu’à la fin des temps, et l’unique effet qui puisse subsister éternellement intact est la parole.

Parmi les miracles attribués aux prophètes (as), pensons au cas où que l’un d’eux ressuscite un homme mort. Il s’agit d’un évènement qui survient à un moment donné de l’histoire avec un certain nombre de témoins oculaires. Cet argument sera convaincant pour les témoins sincères de la résurrection. Les autres recevront l’information de la bouche de ces témoins qui leur diront que tel jour et en tel lieu, un tel miracle s’est produit par un Homme de Dieu.

La chose est pareille pour tout autre évènement, qu’il s’agisse d’un miracle produit dans un lieu précis ou d’un évènement, n’importe lequel, survenu dans un bâtiment, n’importe où. Supposons qu’on nous parle de miracle à propos d’un édifice, c’est encore la parole qui le garde vivant. Donc, la seule chose qui peut naturellement assurer la subsistance et durer pour toujours, c’est la parole. Hâfez fait allusion à la seule chose qui subsiste éternellement : l’écho, dans le ciel, de la Parole Amoureuse, en harmonie avec le but de la Création.

 

az sedâ-ye sokhan-e Eshq nadidam khosh-tar

yâdegâri ke dar in gombad-e dawwâr bemând

 

Je ne connais meilleur souvenir que l’écho du mot d’amour

Demeurant sous cette coupole tournante du ciel [1]

 

Cette harmonie avec le but de la Création est la raison pour laquelle la « parole » de l’Envoyé de Dieu, celle du Coran, avait une puissance persuasive sur ceux qui l’entendaient avec leur cœur et qui laissaient pénétrer leur âme par le vrai. Nombreux furent ceux qui, dès les premiers temps, se convertirent rien qu’en écoutant réciter les versets du Coran. Leur cœur témoignait que cette parole ne pouvait aucunement être sujette à doute ou à équivocité. Elle leur suffisait comme miracle.

Aussi, c’est en vertu de l’autorité de la parole coranique que nous croyons en tous les prophètes anciens, aux miracles de Moïse, de Marie, de Jésus, d’Abraham et des autres prophètes comme David et Salomon.

Ainsi le miracle du Coran possède une puissance rhétorique et une puissance d’argumentation qui traversent les âges et qui attendrissent les cœurs.



[1] Divân de Hâfez, traduit du persan par Charles-Henri de Fouchécour, éminent spécialiste français de la littérature persane classique. Le professeur de Fouchécour a travaillé en particulier sur l’œuvre de Hâfez, il a traduit et annoté tout le Divân. Édition Verdier, 2006. p.394 ; ghazal 175 : 8.

 

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