Description de la résurrection et de la seconde vie (2)

A l’heure où les choses cesseront de se succéder, que les temps s’achèveront et que le Jour de la résurrection paraîtra, sortiront des tombes entrouvertes et des champs de bataille les êtres humains, des nids les oiseaux et des tanières les fauves, pour accourir vers le décret du Seigneur. Et sous la forme de groupes muets, en de rangs calmes, ils se tiendront debout et prêts. Le regard clairvoyant de Dieu les scrutera et la voix des anges atteindra leurs oreilles. Ils auront endossé le vêtement du besoin et de l’humilité, les portes de la ruse et de la tromperie seront closes, et les souhaits seront suspendus. Les cœurs seront tranquilles, les voix murmureront, la sueur s’écoulera tellement sur les joues qu’il ne sera pas possible de parler, l’anxiété et la crainte s’empareront de tous. Un cri déchirant comme le tonnerre et écorchant les oreilles retentira. Tous se hâteront en tremblant vers le seuil de la justice, afin de percevoir le châtiment et la récompense.

 

Lorsque la terre se mettra violemment à trembler, et que les signes épouvantables de la résurrection se dévoileront, lorsque les partisans de chaque religion s’y rattacheront, et que chaque adorateur parviendra à l’objet de son adoration, que tous ceux qui se seront soumis parviennent à celui qui leur a commandé, aucun regard opposé à la justice et à l’équité ne s’ouvrira dans l’air, aucun pas opposé à la vérité ne se posera lestement sur la terre. Ce jour-là combien d’argument se révèleront inutiles ! Combien de prétextes seront récusés ! Alors, pars à la recherche d’un prétexte qui soit acceptable, efforce-toi de trouver un argument solide. Mets de côté les provisions de ce monde appelé à s’éteindre pour le séjour dans l’au-delà éternel, prépare le nécessaire au voyage dans l’autre monde, ne quitte pas des yeux la lueur du salut, et fais ton sac de voyage.

 

Les trois étendards de la résurrection

 

Alors que Hosayn (as) a deux ans, le noble Prophète (s) se met en route pour un voyage. En chemin, il s’arrête et dit : « Nous venons de Dieu et c’est vers lui que nous retournons. » Un flot de larmes s’écoulent de ses yeux. On lui demande la raison de cette parole et de ce flot de larmes. Il répond : « C’est l’ange de la révélation, il m’a apporté la nouvelle que mon fils Hosayn (as) tombera martyr sur le rivage de l’Euphrate, sur une terre nommée Karbalâ… » Puis, il ajoute: « Je le jure par Dieu ! Le Jour de la résurrection, de cette communauté, trois étendards et trois groupes viennent à moi – chacun marchant sous l’un de ces étendards -, or un seul d’entre eux mérite le respect, compte parmi les justes et ceux qui seront sauvés. Tandis que les deux autres étendards et les deux autres groupes ne sont pas de moi. » Là, il dit : « Par Dieu, parmi ces trois étendards qui viennent à moi au Jour de la résurrection, se trouve un étendard sombre, terne, répandant l’obscurité. Les anges le craignent et manifestent leur répugnance envers lui. » Puis, « Cet étendard, ses partisans et ceux qui les supportent viennent afin de se tenir à mon niveau, alors je leur demande : ‘Qui êtes-vous et d’où venez-vous ?’ Ils répondent : ‘Nous sommes des monothéistes, des adorateurs de Dieu du monde arabe, nous sommes de ta communauté !’ Alors, je leur dis : ‘Je suis Mohammad, le Prophète de Dieu envoyé aux Arabes et aux Non-arabes !’ Ils me disent : ‘Nous sommes de ton peuple et de ta communauté ô Prophète de Dieu ! Maintenant, nous sommes venus à toi et, les yeux pleins d’espoir, nous nous attachons à ton intercession.’ Alors, je leur dis : ‘Après moi, comment vous êtes-vous comportés vis-à-vis du glorieux Livre de Dieu, le noble Coran, et vis-à-vis de ma famille ?’ Ils me répondent : ‘Ô Prophète de Dieu, en vérité, nous avons corrompu le Livre de Dieu, ses prescriptions et ses limitations de ses décrets. Et à propos de ta famille également, nous avons agi de manière laide et tyrannique, car au cours des siècles, nous nous sommes continuellement efforcés, tels des ânes, de les supprimer de la surface de la terre. C’est ainsi qu’au lieu de profiter de leur savoir et de leur spiritualité glorieuse, nous nous sommes détournés d’eux, nous employant plutôt à nous opposer à eux et à être les ennemis de ces serviteurs vertueux, modeste et aimés de Dieu !’ Là, cet étendard et ce groupe, qui éprouve une grande soif, et dont les visages sont devenus noirs s’en retournent, privés du pardon de Dieu ! Ensuite, arrive l’autre étendard, dont la noirceur et l’obscurité sont plus intenses encore que celles du premier. Ses partisans et ceux qui les supportent viennent à moi. Je leur demande alors : ‘Après ma mort, comment vous êtes-vous comportés avec les deux poids de valeur (que je vous ai laissés), le Coran et ma famille ?’ Ils me répondent : ‘Nous nous sommes opposés au plus grand poids, le Livre glorieux de Dieu, nous avons écarté ses lois et ses prescriptions destinées à la construction de l’être humain, à la fondation de la justice, à promouvoir la liberté et avons à la place poursuivi nos désirs de pouvoir. Et avec ton second dépôt – s’agissant de ta famille valeureuse -, nous nous sommes également opposés à eux, nous les avons opprimés et maintenus sous une lourde pression. Nous les avons laissés seuls quant à la défense de la vérité et de la justice, et nous ne les avons pas aidés face à l’injustice. Nous les avons dispersés durement, les expatriant de leurs maisons et de leurs foyers, et nous les avons livrés au martyre.’ Alors, c’est là que je leur dis : ‘Partez, éloignez-vous de moi !’ Ainsi, ils repartent par le même chemin, alors qu’ils sont morts de soif, qu’ils sont malheureux, que leurs visages sont devenus noirs, qu’ils sont recouverts de poussière et gisent dans le déshonneur du péché et de l’iniquité. »

 

« Après cela, un autre étendard, lumineux et projetant un rayon étincelant, vient à moi. Je dis à ceux qu’il rassemble : ‘Qui êtes-vous ?’ Ils me répondent : ‘Nous sommes des monothéistes dont le métier est la patience, nous recherchons Dieu, nous demandons Dieu, nous adorons Dieu, que nous avons agréé. Nous sommes ceux qui ont respecté le Livre glorieux de Dieu, le saint Coran, le protégeant comme l’on protège une âme douce, celle que l’on aime le plus, le gardant contre les dangers variés. Nous avons compté licite ce qu’il déclare licite et nous avons compté illicite et inadmissible ce qu’il déclare illicite. En vérité, nous avons mis ses enseignements en pratique et pris garde à ses avertissements. De ses avis, ses conseils, ses leçons destinées à la construction de l’être humain et servant d’exemple, nous avons appris et pris exemple, et accepté les conseils. Nous sommes ceux qui avons respecté et maintenu solidement la famille valeureuse du Prophète (s), nous avons veillé sur leur noble vie. Nous les avons défendus de la même manière que nous avons défendu notre vie, nos biens, notre existence, nos possibilités, nos enfants et notre famille. Nous leur sommes venu en aide, nous avons défendu les droits, les prodiges, la grandeur, la spiritualité, la sécurité et la liberté de la famille du Prophète (s) face aux injustes et aux oppresseurs. Nous les avons soutenus de tout notre être et, à leurs côtés, nous nous sommes dressés face aux ennemis féroces et à leurs transgressions.’ Là, je leur dis : ‘Recevez cette heureuse nouvelle que je suis votre Prophète Mohammad (s). Effectivement, vous dites vrai, et en vérité c’est bien ainsi que vous vous êtes comportés durant votre vie sur terre, c’est exactement comme vous l’avez décrit.’ Là, je leur offre l’eau délicieuse et agréable du bassin de Kawthar, ainsi, leur soif est étanchée et ils s’en trouvent honorés. Recevant la nouvelle de leur entrée au paradis, rempli de la fraîcheur et de la beauté de Dieu, ils s’y rendent. Ils demeureront toujours au paradis abondant des grâces divines. »

 

Le Jour de la résurrection

 

On a rapporté du noble Prophète (s) : « Lorsque le Jour de la résurrection paraît, ma sage fille, Fâtima (as), entre dans la plaine du mahshar[1] parmi un groupe de femmes du paradis. Lorsque son Excellence (as) arrive, un appel se fait entendre : ‘Dépêche-toi ô Fâtima ! Entre dans le paradis rempli de la fraîcheur et de la beauté de Dieu !’ Mais elle répond : ‘Ô mon Seigneur ! Je n’entrerais pas au paradis rempli de fraîcheur et de grâce avant de savoir ce qu’ils ont fait, après ma mort, à mon cher fils, Hosayn (as) !’ Là, une voix retentit: ‘Très bien, glorieuse fille du Prophète (s) ! Regarde !’ Alors elle voit Hosayn (as), se tenant debout sans tête. Devant ce spectacle ébranlant et douloureux, elle se met à crier, et la voyant crier je me mets moi-même à me lamenter, puis c’est au tour des anges également, qui, consécutivement à notre lamentation douloureuse, se mettent à se lamenter à haute voix et à crier ! Ensuite, ma sage fille se met à appeler : ‘Ô mon fils ! Mon enfant ! Mon cher Hosayn ! Pour quel péché les injustes t’ont-ils fait cela ?’ » Le noble Prophète (s), poursuivant son récit, ajoute : « Alors, le Dieu de justice, en raison de la tyrannie qui a été exercée sur nous, entre en colère, et s’adresse au feu terrible portant le nom de Habhab, sur lequel on a soufflé durant mille ans, qui tire sur le noir du fait de l’intensité de sa chaleur et de sa brûlure et dans lequel il ne se trouve ni repos ni gaieté, et dont la peine et le châtiment douloureux ne connaissent pas de fin. Oui, il donne à ce feu cet ordre : ‘Ô feu ! Arrache les assassins de Hosayn (as) de la surface de la terre !’ Alors cet océan de feu, sans hésitation, ramasse ces misérables, tel un faucon il les prend dans sa gueule, suscitant une clameur, un hurlement effrayant. Parmi les vociférations et les cris de mort se fait entendre la voix de ces malheureux de l’enfer qui dit : ‘Ô Seigneur ! Pourquoi nous as-tu jeté avant même les adorateurs d’idoles dans la gueule de ce feu brûlant et terrible ?’ Une voix se fait alors entendre : ‘Pour cette raison que celui qui sait n’est pas comme celui qui ne sait pas.’ »



[1] La plaine immense où doivent être rassemblée les âmes en vue du jugement.

 

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