Les prérequis de l’apparition (zohûr / ظهور) de l’Imâm al-Mahdî ('aj) et les difficultés subies par la possibilité que ce fait se produise

Son Excellence le Mahdî attendu ('aj)[1] (que la plupart des gens citent sous le nom d’Imâm du Temps ('aj) – Al-Imâm al-‛Asr ou Al-Imâm al-Zamân) est le fils du onzième Imâm (as). Son prénom est le même que celui du noble Prophète (s)[2]. Il est né à Samarra (Irak) en 255 ou en 256 de l’Hégire lunaire. Il est éduqué et instruit par son noble père (as) jusqu’en 260, année durant laquelle il tombe en martyr. Durant cette époque, il est caché des gens et hormis un groupe restreint de shiites, personne ne le rencontre.

 

Après le martyr du onzième Imâm (as), dont l’imâmat est transféré à son Excellence ('aj), il choisit l’occultation, sur l’ordre de Dieu, et n’apparaît plus sauf à ses représentants particuliers, et dans des circonstances exceptionnelles. (Bihâr al-Anwâr, Vol. 51, pp. 342 et pp. 343 à 366 ; Al-Ghaybat, Mohammad ibn Hasan al-Tûsî, pp. 214 à 243 ; Ithbât al-Hudâ, Vol. 6 et 7).

 

Les représentants particuliers

 

Son Excellence ('aj) fait de ‘Othmân ibn Sa‛îd al-‘Omarî son représentant, il comptait en outre, parmi les compagnons de son grand-père et de son père et était leur homme de confiance. Par son intermédiaire, il répond aux propos et aux questions des shiites.

 

Après ‘Othmân ibn Sa‛îd al-‘Omarî, c’est son fils Mohammad ibn ‘Othmân qui est institué représentant de l’Imâm ('aj). Après sa mort, c’est au tour d’Abû al-Qâsem Hosayn ibn Rûh al-Nûbakhtî. A la mort de ce dernier, ‘Alî ibn Mohammad al-Samarrî reçoit la délégation du saint seuil de l’Imâm ('aj).

 

Quelques jours avant la mort de ‘Alî ibn Mohammad al-Samarrî (en 329 de l’Hégire lunaire), le saint seuil émet un firman dans lequel il déclare à ‘Alî ibn Mohammad al-Samarrî qu’il fera ses adieux à la vie dans six jours et qu’après cela la représentation particulière de l’Imâm ('aj) sera close. La grande occultation s’ouvrira alors et perdurera jusqu’au jour où Dieu permettra l’apparition de son Excellence ('aj)[3]. Selon ce que requiert le firman, l’occultation de l’Imâm du Temps ('aj) se trouve divisée en deux périodes.

 

Premièrement : la petite occultation (ghaybat al-soghrâ / الغيبة الصغرى

Elle commence en 260 de l’Hégire lunaire et prend fin en 329. Elle a donc duré près de 70 ans.

 

Deuxièmement : la grande occultation (ghaybat al-kobrâ / الغيبة الكبرى

Elle commence en 329 et durera tant que Dieu le voudra. Le noble Prophète (s) dit dans un hadith à propos duquel les rapporteurs sont unanimes : « S’il ne reste qu’un jour à ce monde, Dieu l’allongera jusqu’à ce que le Mahdî ('aj) parmi mes descendants fasse son apparition, et remplisse le monde de justice et d’équité, après qu’il ait été empli d’injustice et d’oppression. » (Un exemple de référence : Al-Fusûl al-Muhimma, p. 271).

 

Le débat à propos de l’apparition du Mahdî ('aj) du point de vue général

 

En raison des lois de la guidance commune ayant cours dans tous les types de création, un type d’être humain est préparé en vertu de l’exigence d’une force – la force de la révélation et de la prophétie. Ainsi, il guide vers la perfection humaine et une forme de bonheur. Il est évident que si cette perfection et ce bonheur n’étaient pas réalisables pour l’être humain vivant en société, alors cette préparation serait vaine et inutile, or rien n’est vain dans la création.

 

Autrement dit, à partir du jour où l’être humain s’est installé sur la terre immense, il a continuellement l’espoir d’une vie sociale synonyme de bonheur (au sens plein du terme). Il avance dans l’espoir que survienne un tel jour, or, si ce désir ne devait jamais se réaliser concrètement, jamais un tel espoir n’aurait été placé dans son tempérament, de même qu’il n’y aurait pas eu de nourriture sans l’existence de la faim, ou de soif s’il n’y avait pas eu d’eau. De même, s’il n’y avait pas eu de reproduction possible, le désir sexuel n’aurait pas été conçu.

 

C’est pourquoi, en vertu de l’exigence (contraignante) de l’avenir du monde, surviendra le jour qui verra la société humaine emplie de justice et d’équité. On y vivra ensemble, dans la paix et la sérénité, les êtres humains seront plongés dans la félicité et la perfection. Bien évidemment, l’établissement d’une telle conjoncture sera accompli par l’être humain lui-même, et le guide d’une telle société sera le sauveur de l’humanité, qui dans le langage des hadiths est le Mahdî ('aj).

 

Au sein des différentes religions monothéistes qui gouvernent dans le monde, comme le judaïsme, le christianisme, le zoroastrisme ou l’islam, il est question d’un sauveur de l’humanité et la promesse de son apparition a généralement été donnée. Et bien qu’il y ait des divergences lorsqu’on compare les différentes sources, il y a unanimité sur l’annonce du noble Prophète (s) qui est : « Le Mahdî est l'un de mes descendants. »

 

Le débat à propos de l’apparition du Mahdî ('aj) d’un point de vue particulier

 

En plus des hadiths innombrables[4] qui ont été rapportés du noble Prophète (s) et des Imâms de sa demeure (as) par des chaînes de transmissions communes comme particulières, au sujet de l’apparition du Mahdî ('aj), de son appartenance à la lignée du Prophète (s), et que son apparition conduira la société humaine à sa perfection et lui fera don de la vie spirituelle, il existe d’autres hadiths innombrables disant que le Mahdî ('aj) est le fils de l’Imâm Hasan al-‘Askarî (le onzième Imâm) (as)[5]. Ces hadiths annoncent également qu’après sa naissance et une longue occultation, il réapparaîtra et remplira le monde de justice et d’équité, après qu’il ait été empli d’injustice et d’oppression.

 

Quelques points difficiles

 

A) Les opposants au shiisme objectent que selon la croyance de cette école, l’Imâm caché ('aj) doit actuellement avoir vécu près de douze siècles, alors que jamais un être humain n’a vécu aussi longtemps.

 

Réponse : Cette objection se fonde sur l’invraisemblance, et il va de soi qu’une telle durée de vie, voire davantage, est sujette à invraisemblance. Cependant, celui qui se réfère aux hadiths rapportés du noble Prophète (s) et des autres Imâms de sa demeure (as) à propos de l’Imâm caché ('aj), verra qu’ils présentent la vie de l’Imâm caché ('aj) comme appartenant à un genre surnaturel.

 

Bien entendu, le surnaturel n’est pas impossible, et on ne peut le nier au moyen du savoir, parce que l’on ne peut jamais prouver que les agents et les causes œuvrant dans le monde sont uniquement ceux que nous avons vu et que nous connaissons, et que les autres causes à propos desquelles nous ne sommes pas informés, dont nous n’avons pas observé les effets et les actions ou qui échappent à notre compréhension, n’existent pas. C’est pourquoi il est possible que concernant un individu, ou des êtres humains, des agents et des causes apparaissent et lui/leur assurent une vie très longue, longue d’un millénaire ou de plusieurs millénaires. D’ailleurs, le monde de la médecine n’a jusqu’à maintenant pas perdu l’espoir de découvrir un moyen de prolonger la vie de manière très significative.

 

Cette objection venant notamment de juifs, de chrétiens et de musulmans qui, en vertu de leurs Livres célestes, reconnaissent le surnaturel et les miracles des prophètes de Dieu (as), est particulièrement étrange.

 

B) Les adversaires du shiisme objectent que le shiisme juge nécessaire l’existence de l’Imâm ('aj) pour exposer les lois et les vérités religieuses, ainsi que pour guider les gens, tandis que l’occultation de l’Imâm ('aj) constitue une contradiction, car un Imâm que personne ne peut atteindre du fait de son occultation implique que son existence ne sert à rien et ne comporte pas de dignité. Si Dieu veut élire un Imâm afin de réformer l’humanité, Il est capable de le créer au moment opportun et il n’est point besoin de le créer plusieurs millénaires avant l’heure.

 

Réponse : Ceux qui réagissent ainsi n’ont pas compris la signification de l’Imâmat. Le devoir de l’Imâm (as) ne consiste pas seulement à exposer formellement la connaissance et à guider les gens de manière objective. En effet, de même qu’il a à sa charge la guidance apparente des gens, il a également à sa charge la wilâya[6] et la direction intérieure des actes, ces dernières ordonnent la vie spirituelle des gens et poussent la réalisation des actes sur la voie de Dieu.

 

Il est évident que la présence ou l’occultation physique de l’Imâm ('aj) ne comportent pas d’effet de ce point de vue, et que l’Imâm ('aj) est relié à l’âme et à l’esprit des nobles gens de manière occulte, bien qu’il demeure caché de leur regard. Ainsi, son existence est nécessaire dans la durée, bien que ni son apparition ni sa réforme du monde ne soient jusqu’ici arrivés.



[1] Pour ‘ajjala Allâhû ta‛âlâ farajahu (Que Dieu hâte sa (noble) délivrance).

[2] Certains hadiths disent qu’il est absolument interdit de prononcer son prénom. Mais cela ne fait pas l’objet d’un consensus parmi les savants.

[3] Bihâr al-Anwâr, Vol. 51, pp. 360 et 361 ; Al-Ghaybat, Shaykh al-Tûsî, p. 242.

[4] Voir notamment : Bihâr al-Anwâr, Vol. 52, pp. 328 et 336.

[5] Bihâr al-Anwâr, Vol. 51, pp. 154, 158 et 160.

[6] Ce terme comporte une signification double. L’Imâm (as) est en charge de la wilâya, dans le sens où il assume la tutelle des gens, il les guide et les protège. Mais le partisan de l’Imâm (as), et par extension, tout être humain (si on est large d’esprit), a plus ou moins de wilâya, dans le sens où il est proche de l’Imâm, l’aime, se soumet à lui, se pare de ses qualités, le représente à son niveau etc. Il y a également matière à penser sur le fait qu’un individu ne connaissant pas l’Imâm (as) puisse néanmoins avoir de la wilâya, dans la mesure où il dispose de qualités qui sont celles des Gens de la demeure prophétique (as), et les met en œuvre. Ce dernier point de vue n’est cependant généralement pas présent dans le discours religieux commun.

 

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