Les types d’êtres humains selon l’Imâm ‘Alî (as)

Le refuge que composent les paroles de nos Imâms (as) repose sur l’authenticité du califat divin de l’être humain, en ce sens que le premier homme à être venu sur la terre était de cette classe (celle des califes de Dieu), et qu’il en sera de même pour le dernier à demeurer en ce monde, ainsi jamais l’humanité ne se trouvera vide d’une créature assumant l’esprit : « Je vais établir un lieu-tenant[1] sur la terre. » (sourate Al-Baqara (La vache) ; 2 : 30)[2]. (C’est ici que se trouve le pivot de la question.).

Les autres êtres humains sont des créatures distinctes vis-à-vis de tels êtres humains, et s’il n’était pas de tels êtres humains, les autres également n’auraient pas été. On appelle cet être[3] l’Argument de Dieu (as) : « Jamais la terre ne se trouve vide de celui qui se dresse en tant qu’Argument de Dieu. » Cette phrase provient du Nahj al-Balâgha (Hikmat / Sagesse n° 147) et a été rapporté dans de nombreux ouvrages.

 

Selon l'Ayatollah Borûjerdî, « cette phrase compte parmi les paroles que son Excellence (as) a prononcées à Basra[4] et qui ont toutes été rapportées de manière fréquente tant par les shiites que par les sunnites. Elle fait suite au célèbre hadith de Kumayl. Kumayl dit : « Un jour, ‘Alî (as) me prend la main et me conduit hors de la ville, jusqu’au lieu nommé Al-Jabbâna. Alors que nous sortons de la ville et que nous nous trouvons seuls, il prend une profonde respiration et dit ensuite : ‘Ô Kumayl ! Le cœur des fils d’Âdam (as) est comme un réceptacle, or, le meilleur des réceptacles est celui qui conserve le mieux, c'est-à-dire, celui qui n’est pas percé. Retiens ce que je vais te dire.’ Il débuta alors cette célèbre distinction : ‘Les gens sont de trois sortes : le premier groupe est composé de ceux qui sont savants à propos de Dieu (bien entendu, lorsque son Excellence ‘Alî (as) parle de ‘savant à propos de Dieu’, il s’agit d’autre chose que de l’expression courante avec laquelle nous complimentons tout un chacun. Il est ici question du savant qui est véritablement et à cent pour cent divin et pur, de sorte que cette expression ne convient qu’aux prophètes (as) et aux Imâms (as)).  Le second groupe est celui de ceux qui apprennent, de ceux qui sont leurs élèves, de ceux qui profitent de leur savoir (ce savoir acquis s’oppose à celui du premier groupe, qui ne résulte pas de l’effort et de l’apprentissage). Le troisième groupe rassemble ceux qui n’ont pas profité de la lumière du savoir et qui ne se sont pas non plus appuyés sur un pilier solide.’ »

Ensuite, ‘Alî (as) commence à se plaindre de ses contemporains. Il dit : « Je dispose de beaucoup de savoir mais je ne trouve personne qui soit capable de le recevoir. » Il serre le poing et ajoute : « Il se trouve des gens perspicaces, mais d’une perspicacité qui leur fait détourner à leur avantage tout ce qu’ils apprennent. Ils veulent mettre la religion à leur profit. Je me trouve obligé de faire l’impasse sur eux. Les autres sont des gens convenables mais idiots, ils ne comprennent pas ou comprennent mal. » Jusque-là, le discours de son Excellence (as) est pratiquement désespéré car il semble qu’il ne pourra trouver personne capable de recevoir son savoir. Pourtant, il dit ensuite : « Non, il n’est pourtant pas possible que l’on ne puisse trouver personne, je parle de la plupart des gens. Oui, jamais la terre ne se trouve vide de l’Argument (as). Que l’Argument (as) apparaisse ou demeure caché, il est là. Les gens ne le voient pas, il est caché à leurs regards. C’est par l’intermédiaire de ses Arguments (as) que Dieu préserve Ses preuves parmi les gens. Aussi, ce qu’ils savent, ces semences, ils les plantent dans leur cœur et dans le cœur de ceux qui sont comme eux, puis s’en vont. Il n’est pas question qu’ils partent sans semer. Et il n’est pas question que je ne divulgue pas ce sont je dispose, que je le laisse ainsi, et que je m’en aille. »



[1] Le mot « lieutenant » est généralement considéré comme un mot simple désignant un grade militaire… N’oublions pas de le décomposer : « lieu-tenant » afin de mieux voir de quoi il s’agit. Le « lieu-tenant » occupe un espace, maintient un lieu, et ce pour le compte de son supérieur. Aussi, c’est à lui qu’il faut s’adresser si l’on désire toucher son supérieur, et c’est par lui que son supérieur étend son ordre sur le lieu en question, et sur ceux qui l’habitent. Mais surtout, le lieu est tenu, maintenu par lui, tandis que sans lui, non seulement le lieu n’est plus tenu, maintenu, mais il n’y a plus de lieu proprement dit, c’est le chaos… (Les notes sont du traducteur)

[2] La traduction des versets est de Denise Masson.

[3] Car il y en a un à chaque époque.

[4] Bassorah.

 

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