Le procès et le supplice par le feu de son Excellence Ibrâhîm (as)

Le procès d’Ibrâhîm[1] (as)

 

Son Excellence Ibrâhîm (as) vient de détruire les idoles, en réaction le peuple s’exclame : « Amenez-le face au peuple, il est possible qu’il avoue, et s’il le fait nous le châtierons pour ses actes. » Ibrâhîm (as) a prévu cet événement. Il s’attend à ce qu’on l’amène face aux gens lors d’un jugement public, ce qui lui permettra d’exposer devant l’assemblée ses arguments contre les idolâtres et de les informer de leurs fautes. Aussi, laissant sauve la grande idole[2] il prépare à l’avance le terrain à la réponse qu’il va leur donner. Ainsi, on l’amène en présence des gens qui, tel un juge d’instruction, lui demandent : « ‘Est-ce toi, Abraham, qui a fait cela à nos dieux ?’ Il dit : ‘Non ! C’est le plus grand d’entre eux… Interrogez-les donc s’ils peuvent parler !’ » (sourate Al-Anbiyâ’ (Les prophètes) ; 21 : 62-63).[3] Par cette réponse, Ibrâhîm (as) veut d’une part confirmer ses déclarations antérieures, il entend ainsi leur faire comprendre : « Ne vous avais-je pas dit que ces idoles sont incapables de se défendre elle-même et qu’elles ne peuvent pas non plus s’exprimer ? » Et il veut d’autre part asseoir le fondement de son prochain raisonnement, qui consiste à souffler sur eux le vent du reproche, lorsqu’il leur demande : « Adorez-vous en dehors de Dieu des choses qui en aucun cas ne vous apportent ni bien ni profit ?... » Ceci s’oppose à ce que pensent la plupart des sunnites, à savoir qu’Ibrâhîm (as) a commis une déviation et proféré un mensonge. L’Imâm al-Sâdeq (as) dit dans un hadith rapporté par ‘Alî ibn Ibrâhîm et d’autres : « Je le jure par Dieu, les idoles n’ont pas commis cet acte et Ibrâhîm (as) n’a pas menti non plus. Lorsque l’on a demandé à son Excellence (as) : ‘Comment cela s’est-il alors passé ?’, il a répondu : ‘Ibrâhîm (as) dit que c’est le plus grand qui l’a fait, s’il est à même de parler, et que s’il ne parle pas, ce n’est pas lui.’ »[4] Quoi qu’il en soit, Ibrâhîm (as) entend par cette réponse les vilipender pour les erreurs répétées et les malheurs séculaires qu’ils se sont infligés avec l’idolâtrie. C’est d’ailleurs ce qu’il fait, car Dieu le Très-Haut rapporte qu’après avoir donné cette réponse, ses interlocuteurs s’enfoncent dans leurs pensées et consultent leur conscience : « Ils revinrent à eux et ils dirent (à l’intention des idolâtres) : ‘Vous êtes injustes !’ Ils firent ensuite volte-face (s’adressant cette fois à Ibrâhîm (as)) : ‘Tu sais bien que ceux-ci ne parlent pas.’ » (sourate Al-Anbiyâ’ (Les prophètes) ; 21 : 64-65). Là, c’est comme si Ibrâhîm (as) s’attend à cette réponse, comme si il prononce cette phrase dans le but de leur arracher quelques aveux. Sur un ton de reproche, impitoyable, il leur dit : « Vous adorez donc, en dehors de Dieu, ce qui ne peut ni vous être utile en quoi que ce soit, ni vous nuire ? Honte à vous et à ce que vous adorez en dehors de Dieu ! Ne comprenez-vous pas ? » (sourate Al-Anbiyâ’ (Les prophètes) ; 21 : 66 et 67). La logique d’Ibrâhîm (as) est si puissante et si implacable qu’elle ne leur laisse pas le loisir de répondre. Tous s’enfoncent dans la perplexité et se trouvent contraints de se taire, impuissants.

Afin de prouver que c’est bien Ibrâhîm (as) qui a détruit les idoles, les mécréants s’en tiennent à son absence de dénégation. Ils le considèrent donc coupable, et pour secourir leurs dieux (sourates Al-Anbiyâ’ (Les prophètes) ; 21 : 68 et Al-Sâfât (Les rangés) ; 37 : 97), certains préconisent sa mise à mort, un groupe souhaitent même qu’on le brûle : « Tuez-le ou brûlez-le ! » (sourate Al-Ankabût (L'araignée) ; 29 : 24). En fin de compte, sur la proposition de Nemrod, et à l’unanimité, il est décidé qu’Ibrâhîm (as) sera brûlé. Pour mettre en œuvre cette décision, on érige un bûcher sur lequel on apprête un grand feu pour y jeter Ibrâhîm (as). « Ils dirent : ‘Construisez pour lui une bâtisse et jetez-le dans la fournaise.’ » (sourate Al-Sâfât (Les rangés) ; 37 : 97). Le pouvoir mécréant s’efforce alors d’organiser la célébration du supplice par le feu d’Ibrâhîm (as) de sorte à ce qu’elle acquiert une certaine renommée. Il se peut que cela compense le coup porté par Ibrâhîm (as) à leur foi idolâtre et montre que cette foi est toujours sur pieds. Certains considèrent que le caractère indéfini du terme kaydan / كيدا dans ce verset « Ils voulaient dresser des embûches contre lui » (sourates Al-Anbiyâ’ (Les prophètes) ; 21 : 70 et Al-Sâfât (Les rangés) ; 37 : 98) exprime l’ampleur de la ruse et dévoile l’étendue du plan fomenté par les mécréants contre Ibrâhîm (as), dans le but de compenser son coup porté au corps de l’idolâtrie. Pour monter à bien ce dessein, ils emprisonnent Ibrâhîm (as) quelques temps pendant qu’ils rassemblent le bois nécessaire. (Dans une tradition, il est dit qu’il est emprisonné sept années, bien que cela soit improbable. Dans les autres traditions, il est question d’un mois, de quarante jours, ou d’un an.) Les bûches sont entassées dans la construction mentionnée et on y met le feu. Là, parce qu’ils ne peuvent pas trop s’approcher du feu, il place Ibrâhîm (as), les mains liées, dans une catapulte et ils le projettent dans le feu. Nemrod et ses compagnons prennent place dans une tribune construite à cet effet, et observent la scène. Selon les hadiths, une tranquillité indescriptible domine Ibrâhîm (as), tandis que les anges divins et les autres créatures demandent à Dieu le Très-Haut sa libération.

 

Ibrâhîm (as) est jeté dans le feu

 

Sur ordre de Nemrod, Ibrâhîm (as) est incarcéré. On annonce de toutes parts que les gens doivent rassembler du bois. On prévoit un grand trou et une vaste étendue alentour. Les idolâtres, par groupes, apportent des bûches et les empilent dans le trou. Bien qu’il y ait bientôt assez de bois pour brûler Ibrâhîm (as), les ennemis entendent montrer toute la rancune qu’ils ont à son encontre. Ils veulent que la vue de cet événement serve d’exemple pour tout le monde et que la brutalité de Nemrod étende son ombre dans les cœurs, afin que personne dans l’avenir n’ait plus jamais cette audace. Le jour attendu arrive. Nemrod prend place avec son armée innombrable. A la lisière de ce désert, on a construit pour Nemrod une tribune. Nemrod monte à son sommet pour contempler de là-haut le supplice par le feu d’Ibrâhîm (as), et d’en tirer du plaisir. On enflamme les bûches. Les flammes se dressent vers le ciel. Ces flammes prennent une telle hauteur qu’aucun oiseau ne peut les survoler à moins d’être brûlé et de tomber dans le feu.

Ils se demandent alors par quel moyen ils vont pouvoir mettre Ibrâhîm (as) dans le feu. Shaytân[5], ou une personne satanique construit une catapulte et y place Ibrâhîm (as) pour le projeter au cœur de la fournaise.

A ce moment, Ibrâhîm (as) est seul, il ne se trouve pas un seul être humain pour lui venir en aide. Son père adoptif, Âzar, se rend auprès de lui et fait même pleuvoir des coups appuyés sur son visage en lui disant violemment : « Reviens sur ta croyance ! » Cependant, toutes les créatures du royaume des cieux se soucient d’Ibrâhîm (as). Les anges arrivent par groupes au niveau du premier ciel[6] et demandent au Seuil divin de sauver Ibrâhîm (as). Toutes les créatures se mettent à se lamenter et Jabra’îl[7] (as) dit à Dieu : « Ô Seigneur ! C’est ton ami[8], c’est Ibrâhîm (as), ton serviteur. Sur toute la surface de la terre, il est le seul à t’adorer. L’ennemi a pris le pas sur lui et entend le brûler vif. » Dieu s’adresse alors à Jabra’îl : « Tais-toi ! Ce serviteur est étonné que quelqu’un comme toi ait peur de perdre une occasion. Ibrâhîm (as) est Mon serviteur. Si Je l’avais voulu, Je l’aurai protégé. S’il M’invoque, J’exaucerai sa demande. »[9] Au moment où Ibrâhîm est en train de tomber dans le feu, Jabra’îl, avec la permission de Dieu, descend auprès de lui et se déclare prêt à l’aider de la manière qu’il voudra. Cependant, Ibrâhîm (as) refuse et dit : « Je ne demanderai rien à autre que Dieu. » Ce qui constitue l’une des preuves de la sincérité d’Ibrâhîm (as).

 

L’exaucement de l’invocation d’Ibrâhîm (as) et la transformation du feu en roseraie

 

Après cela, Ibrâhîm (as) s’emploie à invoquer le Seuil divin. Les sources traditionnelles rapportent de nombreuses invocations prononcées par Ibrâhîm (as) à cet instant. Dans la catapulte, juste avant d’être projeté, il appelle Dieu ainsi : « Ô Dieu, Ô l’Unique, Ô l’Un, Ô le Plein, Ô Celui qui n’a pas engendré et qui n’a pas été engendré, et qui n’a pas d’équivalent, par ta bonté et ta miséricorde, sauve-moi de ce feu. » Selon certains hadiths, l’Imâm al-Sâdeq (as) a dit : « Ibrâhîm (as), lors de son entretien intime, prend les cinq du manteau[10] comme intercesseurs, disant : ‘Ô Seigneur, je présente ma requête à Ton Seuil : par le droit de Mohammad (s), de ‘Alî, de Fâtima, de Hasan et de Hosayn (as), protège-moi.’ » Jabra’îl le rejoint en vol et lui dit : « As-tu besoin de moi ? » Ibrâhîm (as) répond : « Je n’ai pas besoin de toi, mais j’ai besoin du Seigneur des mondes. » Jabra’îl met alors au doigt d’Ibrâhîm (as) une bague sur laquelle il est écrit Point de dieu hormis Dieu l’Unique, Mohammad (s) est l’Envoyé de Dieu, je prends refuge en Dieu, j’ai confiance en Lui et je Lui confie ce qui me concerne. Ibrâhîm (as) est projeté dans le feu, mais Dieu le Glorifié l’en délivre : « Mais Dieu le sauva du feu. » (sourate Al-Ankabût (L'araignée) ; 29 : 24). A ce moment, Dieu ordonne au feu : « Ô feu, soit froid pour Ibrâhîm (as) ! » Et le feu devient si froid qu’Ibrâhîm (as) claque des dents. Puis, Dieu ordonne de nouveau : « Sois, pour Ibrâhîm (as) sain et agréable. » Un hadith de l’Imâm al-Bâqer (as), dont la teneur se retrouve également dans des hadiths communs, indique qu’après que Dieu ait ordonné au feu : « Sois, pour Abraham, fraîcheur et paix » (sourate Al-Anbiyâ’ (Les prophètes) ; 21 : 69), les dents d’Ibrâhîm (as) se mettent à s’entrechoquer, mais que lorsque Dieu ajoute : « et (sois) sain », Ibrâhîm (as) se calme. Tout ce feu se change alors en roseraie verdoyante et agréable. Après qu’Ibrâhîm (as) ait été projeté dans le feu, Jabra’îl (as) descend de nouveau auprès de lui. Au milieu du feu, ils ont une nouvelle discussion. Ce qui se passe constitue une preuve tellement manifeste de la véracité d’Ibrâhîm (as) et de la puissance de Dieu que Nemrod se met involontairement à louer le Dieu d’Ibrâhîm (as). Nemrod voit Ibrâhîm (as) dans la roseraie, discutant avec un vieil homme. Il se tourne alors vers Âzar et lui dit : « En vérité, que ton fils est illustre auprès de son Seigneur ! » Il ajoute : « S’il est établi que l’on doit se choisir un dieu, il est convenable de choisir le Dieu d’Ibrâhîm (as). » L’un des courtisans de Nemrod dit (afin de lui ôter sa peur) : « J’ai récité une invocation sur le feu afin qu’il ne brûle pas Ibrâhîm (as). » Là, une colonne de feu fond sur lui et le brûle, alors que durant trois jours, tous les feux du monde ne sont pas brûlants. Il est également dit que lorsqu’Âzar voit Ibrâhîm (as) sain et sauf dans le feu, il loue le Dieu d’Ibrâhîm (as) et dit : « Ô Ibrâhîm (as) ! Ton Dieu est un bon Dieu. » Il est rapporté d’Ibrâhîm (as) : « Je ne me suis jamais trouvé aussi bien que dans le feu, et j’aurais souhaité que toute ma vie soit comme ce moment. » Ainsi échoue le plan des chefs des tenants de la mécréance ayant pour but de s’opposer à Ibrâhîm (as). Leurs efforts provoquent pour eux davantage de malheurs : « Ils voulaient dresser des embûches contre lui, et nous en avons fait les plus malheureux des perdants. » (sourate Al-Anbiyâ’ (Les prophètes) ; 21 : 70). Dieu les défait face à Ibrâhîm (as) : « Ces gens voulaient le tromper mais nous les avons humiliés. » (sourate Al-Sâfât (Les rangés) ; 37 : 98). Le lieu où se déroule l’événement est Bâbel[11] et ses environs.

 

Le procès et le supplice par le feu d’Ibrâhîm (as) selon les hadiths

 

Dans le Rowzat al-Kâfî, ‘Alî ibn Ibrâhîm rapporte de son père, qui le rapporte d’Ahmad ibn Mohammad ibn Abî Nasr, qui le rapporte d’Abân ibn ‘Othmân, qui le rapporte de Hajar, qui le rapporte de l’Imâm al-Sâdeq (as) : « Ibrâhîm (as) s’oppose à son peuple, il insulte leurs dieux – jusqu’au moment où l’Imâm (as) dit : – lorsqu’ils se détournent de lui et vont dans le désert pour y accomplir leur rite cérémoniel, Ibrâhîm (as) entre dans le temple aux idoles et les détruit toutes à l’aide d’une hache. Il épargne seulement la plus grande d’entre elles et suspend la hache au cou de celle-ci. Les gens rentrent de leur cérémonie et voient que leurs dieux ont tous été mis en pièces. Ils disent : ‘Par Dieu, cela n’a pu être accompli que par ce jeune qui a insulté nos dieux. Il est inévitable qu’un châtiment s’abatte sur lui, aussi, nous allons le supplicier par le feu.’ Alors ils rassemblent du bois afin de le brûler et ils le surveillent jusqu’au jour du supplice. Ce jour-là, Nemrod et ses armées sortent et prennent place dans un lieu ayant été construit à cet effet, afin de voir Ibrâhîm (as) brûler. On place alors Ibrâhîm (as) dans une catapulte. La terre dit : ‘Ô Seigneur, il ne se trouve sur moi personne à part lui pour Te servir, va-t-il pourtant être brûlé par le feu ?’ Dieu lui répond : ‘Si Ibrâhîm (as) M’appelle, cela suffira.’»

Abân rapporte de Mohammad ibn Marwân, qui le rapporte de quelqu’un qui n’est pas nommé, qui le rapporte à son tour de l’Imâm al-Bâqer (as) : « L’invocation d’Ibrâhîm (as), ce jour-là, est la suivante : ‘Ô l’Un, ô l’Un, ô le Plein, ô le Plein, ô Celui qui n’engendre pas et qui n’est pas engendré, nul n’est égal à Lui’. Ensuite, il dit : ‘Je m’en remets à Dieu.’ Dieu dit: ‘Cela me suffit.’ Et Dieu ordonne alors au feu de se faire froid pour Ibrâhîm (as). » L’Imâm (as) dit : « A cause du froid, les dents d’Ibrâhîm (as) se mettent à claquer jusqu’à ce que Dieu, Honoré et Glorieux, dise : ‘Et sois sain.’ Là, Ibrâhîm (as) se trouve soulagé de l’inconfort du froid. Jabra’îl (as) descend et converse avec Ibrâhîm (as) dans le feu. Nemrod dit : ‘Que celui qui veut prendre un objet d’adoration pour lui en prenne un comme celui d’Ibrâhîm (as).’ » L’Imâm (as) ajoute cependant : « L’un des nobles parmi le peuple dit : ‘J’ai dit au feu de ne pas le brûler.’ Là, une colonne de feu lance une langue en sa direction et le brûle sur place. Sur ces entrefaites, Lût[12] (as) a foi en lui et émigre avec son Excellence (as) jusqu’en Syrie. Au cours de ce voyage, Lût (as) et Sarah accompagnent Ibrâhîm (as). »

Dans le même ouvrage, ‘Alî ibn Ibrâhîm rapporte de son père et d’un groupe de compagnons des Imâms (as), qui le rapportent de Sahl ibn Ziyâd, qui tous le rapportent de Hasan ibn Mahbûb, qui le rapporte à son tour d’Ibrâhîm ibn Abî Ziyâd al-Karkhî : « J’ai entendu l’Imâm al-Sâdeq (as) dire ceci : ‘Lorsqu’Ibrâhîm (as) détruit les idoles de Nemrod, celui-ci ordonne qu’il soit arrêté, et afin qu’il soit brûlé, qu’on bâtisse quatre murs, qu’on rassemble du bois, qu’on y mette le feu, et qu’on y jette Ibrâhîm (as). Ils font tout cela et s’en vont, pour revenir une fois le feu éteint. Lorsqu’ils reviennent, et regardent depuis un lieu prévu à cet effet, ils voient Ibrâhîm (as) sain et sauf, assis et libéré de ses chaînes. On en fait le récit à Nemrod. Ibrâhîm (as) est expulsé du pays sans qu’on le laisse emmener avec lui ses moutons et ses biens. Ibrâhîm (as) argumente avec eux. Il dit : ‘Je ne dis rien sur le fait de partir en laissant les moutons et les biens que j’ai obtenus après des années d’efforts, à la condition cependant que vous me rendiez cette vie que j’ai dépensée pour les obtenir.’ Les gens ne prennent pas de décision et portent la requête auprès du juge de Nemrod. Le juge statue contre Ibrâhîm (as), il déclare : ‘Tu dois laisser ce que tu as obtenu dans sa contrée, et partir.’ Et il annonce aux gens de Nemrod : ‘Vous devez lui donner la vie qu’il a dépensée pour obtenir ses biens.’ On rapporte cela à Nemrod. Il ordonne que l’on relâche Ibrâhîm (as) et qu’on le laisse partir avec ses biens et son cheptel. Il leur dit : ‘S’il reste dans votre contrée, il corrompra votre religion et fera disparaître vos dieux.’ »

Dans l’ouvrage Al-‘Ilal, il est rapporté d’une chaîne de transmission remontant à ‘Abdallâh ibn Hilâl que l’Imâm al-Sâdeq (as) a dit : « Lorsqu’Ibrâhîm (as) est en train de tomber dans le feu, Jabra’îl (as) vient le rencontrer dans les airs et lui dit : ‘As-tu une requête ?’ Ibrâhîm (as) répond : ‘Envers toi, non.’ »

Dans un groupe de hadiths, le récit de son vol lancé par la catapulte est rapporté par des chaînes communes comme restreintes. Il y est rapporté également que Jabra’îl (as) lui dit : ‘As-tu une requête ou pas ?’ et qu’Ibrâhîm (as) lui fit la même réponse. Et c’est dans le livre Al-Dorr al-Manthûr qu’Al-Fâryâbî, Ibn Shayba et Ibn Jarîr rapportent que ‘Alî ibn Abî Tâleb (as) a dit à la suite du verset « Sois, pour Abraham, fraîcheur et paix[13] » (sourate Al-Anbiyâ’ (Les prophètes) ; 21 : 69) : « Il devient si froid que cela le tourmente, et ce n’est que lorsque le mot salâman / سلاما est prononcé par Dieu que la température s’adoucit jusqu’à devenir agréable. »

Dans le Kâfî et le ‘Uyûn, il est rapporté de l’Imâm al-Rezâ (as), dans un hadith ayant trait à l’Imâmat : « Ensuite, Dieu, Honoré et Glorieux, l’a gratifié en faisant de lui l’Imâm, plaçant l’Imâmat dans sa descendance, c'est-à-dire qu’il a fait descendre de lui la fleur de l’humanité, les purs, et ainsi, l’Imâmat se trouvait dans sa descendance, chacun l’héritant de l’autre, cela se répétant siècle après siècle, formant une chaîne jusqu’à l’Envoyé de Dieu (s), qui en a hérité. » Dieu le Très-Haut dit à ce sujet : « Les hommes les plus proches d’Abraham sont vraiment ceux qui l’ont suivi, ainsi que ce Prophète et ceux qui ont cru. Dieu est le maître des croyants. » (sourate Âle-‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 68). Ainsi, la question de l’Imâmat est une dignité particulière que Dieu octroie à qui Il veut. Après l’Envoyé de Dieu (s), sur l’ordre de Dieu, Honoré et Glorieux, c’est ‘Alî (as) qui la reçoit, et selon cette même coutume, elle se transmet à travers sa descendance. Bien entendu, ce sont Ses enfants[14] élus (de Dieu) auquel Dieu octroie le savoir et la foi : « Tandis que ceux qui ont reçu la Science et la foi diront : ‘Oui, vous êtes inscrits dans le Livre de Dieu jusqu’au Jour de la Résurrection : Voici venu le Jour de la Résurrection mais vous n’en saviez rien. » (sourate Al-Rûm (Les Romains) ; 30 : 56). Jusqu’au Jour de la résurrection, l’Imâmat demeure parmi ses descendants, parce qu’après l’Envoyé de Dieu (s), il ne viendra plus de prophète.

Dans le Ma‛ânî, Yahyâ ibn ‘Imrân rapporte lui-même de l’Imâm al-Sâdeq (as) au sujet du verset « Nous lui avons donné Isaac et Jacob » (sourate Al-An‛âm (Les bestiaux) ; 6 : 84) : « On appelle nâfila / نافله[15] les petits-enfants de quelqu’un. »

 

Souvenir de l’Imâm al-Hosayn (as), du fait de la parfaite confiance qu’Ibrâhîm (as) a en Dieu

 

Lors de l’événement de Karbalâ, l’Imâm al-Sajjâd (as) est très malade ; ce n’est qu’avec grand peine qu’il parvient à se tenir debout en s’appuyant sur une canne. L’Imâm al-Hosayn (as) vient lui rendre visite et lui dit : « Mon fils ! Que désires-tu ? » L’Imâm al-Sajjâd (as) lui répond : « Je désire n’avoir pas d’autres souhaits à mon propos que ce que Dieu a décidé pour moi. » L’Imâm al-Hosayn (as) dit : « Bravo ! C’est très bien ! Tu es toi aussi, comme Ibrâhîm (as), l’ami sincère. Lorsque Jabra’îl lui a demandé : ‘Désires-tu quelque chose ?’, il lui a répondu : ‘Je n’ai aucune requête à faire à Dieu, au contraire, Il me suffit, Il est le Gardien du bien.’ »



[1] Abraham (as). (Les notes sont du traducteur)

[2] Lorsque Ibrâhîm (as) détruit les idoles, il laisse intacte la plus grande d’entre elles et laisse sur cette dernière la hache dont il s’est servi, comme on le fait pour incriminer un innocent dans n’importe quelle affaire criminelle, sauf que là, le but est didactique…

[3] La traduction des versets est de Denise Masson.

[4] Cette possibilité n’apparaît pas clairement dans la traduction de Denise Masson, mais elle est certainement envisageable à partir du texte original arabe… Ensuite, la question appartient aux exégètes…

[5] Satan.

[6] Dans la typologie musulmane, il existe sept ciels reliés entre eux par un axe vertical, passant au centre de chaque ciel par une Ka‛ba, autour de laquelle tournent les anges, qui peuvent pour certains passer d’un ciel à un autre. Au sommet de l’axe se trouve le trône divin, et sous la Ka‛ba de la terre se trouvent encore plusieurs niveaux souterrains, traversés par le même axe. Ici, le premier ciel est le ciel le plus élevé, alors que dans la conception chrétienne, c’est le septième qui est le plus élevé.

[7] L’archange Gabriel (as).

[8] Le surnom d’Ibrâhîm (as) khalîl al-Lâh / خليل الله / « ami sincère » provient du jour où, ne voulant pas inquiéter son épouse Sârah, il remplit ses sacoches de gravier alors qu’il n’avait rien à ramener à manger à la maison. Par ce subterfuge, il entendait retarder au maximum le moment où Sârah allait réaliser leur total dénuement, ce qui témoigne de l’extraordinaire sollicitude de son Excellence (as) pour celle qui partageait sa vie. Lorsque Sârah sortit pour voir ce qu’Ibrâhîm (as) avait ramené dans ses sacoches, elle y trouva du blé et lui demanda qui lui avait donné, sachant qu’il n’avait rien lui-même. Ibrâhîm (as) comprenant que c’était là un don de Dieu, il répondit : « C’est mon ami ! » Et à partir de ce jour, il reçut ce titre d’ami sincère de Dieu…

[9] C’est entre lui et moi…

[10] Les cinq du manteau sont Mohammad, ‘Alî, Fâtima, Hasan et Hosayn (as). Mohammad (s) prit sa fille, son gendre et ses deux petits-fils (as) sous son manteau à l’occasion de la révélation du verset de la purification.

[11] Babylone / Baghdâd / Bagdad.

[12] Loth (as).

[13] La notion de salâm / سلام recouvre à la fois les notions de paix et de santé notamment.

[14] Au sens figuré bien entendu…

[15] Le mot est présent dans le verset mais est absent de la traduction de Denise Masson. Il indique selon cette exégèse que Is-hâq et Ya‛qûb (as) sont les petits-fils d’Ibrâhîm (as), et de là, il est déduit qu’ils ont hérité de l’imâmat.

 

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