Les arguments employés par Ibrâhîm (as) face à son peuple pour réfuter l’idolâtrie

Les arguments employés par Ibrâhîm[1] pour réfuter l’idolâtrie face à son peuple se trouvent dans les versets suivants : Al-An‛âm  (Les bestiaux) ; 6 : 74, Maryam (Marie) ; 19 : 42, Al-Anbiyâ’ (Les prophètes) ; 21 : 52, Al-Shu‛arâ’ (Les poètes) ; 26 : 71 à 73, Al-‘Ankabût (L'araignée) ; 29 : 17 et 25, Al-Sâfât (Les rangés) ; 37 : 85, Al-Zukhruf (L'ornement) ; 43 : 26, et ses arguments à propos du manque de fondement de l’adoration des corps célestes se trouve dans les versets 76 à 79 de la sourate Al-An‛âm (Les bestiaux, sourate 6).

 

Arguments employés par Ibrâhîm (as) pour réfuter l’idolâtrie

 

1. Le caractère ineffectif de l’adoration des idoles :

 

Dans le Coran, nous lisons : « Il dit à son père : ‘Ô mon père ! Pourquoi adores-tu ce qui n’entend pas, ce qui ne voit pas, ce qui ne te sert à rien ? » (sourate Maryam (Marie) ; 19 : 42), « Il dit : ‘Vous adorez donc, en dehors de Dieu, ce qui ne peut ni vous être utile en quoi que ce soit, ni vous nuire ? » (sourate Al-Anbiyâ’ (Les prophètes) ; 21 : 66) et « Il dit : ‘Vous entendent-elles, lorsque vous les invoquez ? Vous sont-elles utiles ou nuisibles ? » (sourate Al-Shu‛arâ’ (Les poètes) ; 26 : 72 et 73).

 

Ce que disent les arguments :

 

L’adoration, c’est la manifestation de l’humilité jointe à l’invocation et à la demande, dans l’intention d’en tirer avantage et de prévenir les dommages. Il s’agit également de remercier pour les grâces offertes par le Seigneur. Cependant, les idoles sont dénuées des qualités les plus manifestes de la divinité : le savoir et la puissance. Il en résulte qu’elles ne peuvent faire parvenir de bien à leurs dévots ni les défendre contre le mal, et qu’elles ne sont pas informées à propos de l’adoration de leurs propres adorateurs. Pour cette raison, le fait de les adorer est vain et s’il s’agit de les remercier, c’est là un acte absurde et dénué de sens. Autrement dit, c’est par l’incapacité des idoles à satisfaire et à subvenir aux besoins des êtres humains, et ce face au monopole de Dieu en ce qui concerne ce point, qu’Ibrâhîm (as) exprime le caractère vain de leur adoration : « Vous n’adorez, en dehors de Dieu, que des idoles ; vous inventez un mensonge. Ceux que vous adorez en dehors de Dieu ne peuvent vous procurer aucun moyen de subsistance. Recherchez donc vos moyens de subsistance auprès de Dieu. Adorez-Le ! Soyez-Lui reconnaissant ! Vous serez ramenés vers lui. » (sourate Al-‘Ankabût (L'araignée) ; 29 : 17). La propriété engendre la dépendance, et à l’inverse de ce que vous faites, elle institue le monopole de Dieu. Aussi, ce Dieu qui vous a fait apparaître, comme Il fait apparaître votre subsistance, est le Maître, Il est celui qui possède la subsistance, ce ne sont pas les idoles. Par conséquent, l’adoration des idoles en vue d’acquérir la subsistance compte pour un acte dénué de sens.

 

2. L’inséparabilité des créatures et de la sagesse

 

« Il dit : ‘Avez-vous considéré ce que vous adorez, vous et vos pères les plus anciens ? Ces idoles me sont un ennemi et non le Seigneur des mondes, qui m’a créé. C’est Lui qui me dirige ; c’est lui qui me nourrit et qui me donne à boire ; c’est Lui qui me guérit, lorsque je suis malade. » (sourate Al-Shu‛arâ’ (Les poètes) ; 26 : 75 à 80). Le produit de l’argumentation exprimée par le passage « C’est Lui qui me dirige » est qu’il ne fait aucun doute – et c’est ce à quoi ce sont également opposés les mécréants – que les créatures dépendent du Créateur unique et, dans un sens, qu’il est impossible de dissocier la sagesse des créatures. En effet, les créatures corporelles se complètent progressivement, et par conséquent, il ne peut être rationnel d’affirmer que les créatures dépendent d’une chose et que la sagesse dépend d’une autre chose. Or, parce que les rênes des créatures se trouvent entre les mains de Dieu, la sagesse également dépend de Lui. Selon certains, la parole d’Ibrâhîm (as) traduite ici : « Adorez-vous ce que vous avez sculpté, alors que c’est Dieu qui vous a créés, vous et ce que vous faites ? » (sourate Al-Sâfât (Les rangés) ; 37 : 95 et 96), découle du même argument. Dieu est le créateur de l’être humain et par le canal de la volonté humaine, Il est le créateur des actes de ce dernier, et la création n’est pas dissociable de la sagesse. Aussi, Dieu compte pour être le Maître, le Seigneur de l’être humain, Il possède la dignité de la divinité, ce qui n’est pas le cas d’une chose façonnée par la main de l’homme. Certains expliquent ce verset de cette manière : « Vous et les idoles que vous avez façonnées, partagez la condition de créatures ; alors de quelle façon une créature peut-elle établir un autre dieu créé ?  Et s’il en est ainsi, pourquoi est-ce vous qui les adorez, pourquoi ne sont-ce pas elles qui vous adorent ? On dit que le sens de ces deux versets est que le bois et la pierre, avant d’être sculptés, ne sont pas des idoles pour les hommes, et après avoir été sculptés, la seule différence qui se manifeste est que les hommes ont changé leur apparence. Dans ce cas, comment l’action de l’homme peut-elle affecter le bois et la pierre au point d’en faire des idoles pour l’être humain ? »

En plus de ses objections, Ibrâhîm (as) emploie également la prédication et l’avertissement afin de guider son peuple. Comme il en a fait l’avertissement à Âzar, l’idolâtrie édifie la racine du doute satanique, elle coupe l’individu de la wilâya divine[2] et en fin de compte, elle fait prévaloir la wilâya satanique qui n’est rien moins que la perte et la détresse de l’individu. (« Ô mon père ! Je crains qu’un châtiment du Miséricordieux ne t’afflige et que tu ne deviennes un suppôt du Démon. » (sourate Maryam (Marie) ; 19 : 45)). Dans le verset 17 de la sourate Al-‘Ankabût (L'araignée, sourate 29)[3] également, Ibrâhîm (as) rappelle aux idolâtres qui adorent leurs dieux s’imaginant qu’ils obtiendront ainsi leur subsistance, que l’être humain retourne à Dieu, que Dieu s’occupera de son compte, et que l’adoration et la gratitude adressées à Dieu doivent avoir pour dessein ce retour à Lui, et non l’obtention de la subsistance, car l’adoration de Dieu ou d’un autre que Lui produira un effet direct quant à la félicité ou au malheur de l’être humain dans l’autre monde. Lorsqu’ils se trouveront devant Dieu, ils verront le châtiment qu’engendrera leur idolâtrie : « Adorez-Le ! Soyez-Lui reconnaissant ! Vous serez ramenés vers lui. » (sourate Al-‘Ankabût  (L'araignée) ; 29 : 17). Dans les versets 25 à 29 de la sourate Al-‘Ankabût, Ibrâhîm (as) avertit les mécréants que leur idolâtrie aboutira dans l’Au-delà à leur inimitié et à leur dégoût mutuels, et les plongera dans le feu de l’enfer. Certains interprètent de cette façon cette parole d’Ibrâhîm (as) :

« Que pensez-vous du Seigneur des mondes ? » (sourate Al-Sâfât (Les rangés) ; 37 : 87) comme une forme d’avertissement tel que : « Que pensez-vous que le Seigneur des mondes fera de vous ? » Dans le verset 77 de la sourate Al-Shu‛arâ’ (Les poètes, 26) : « Ces idoles me sont un ennemi et non le Seigneur des mondes, qui m’a créé. », Ibrâhîm (as), lors d’un dialogue avec les mécréants, considère les idoles comme ses ennemies. S’agissant de savoir comment il est possible que les idoles soient les ennemies de quelqu’un, on dit que le dessein d’Ibrâhîm (as) est d’exprimer que l’adoration des idoles cause la perte de l’individu, c’est pourquoi elles comptent pour des ennemies de l’être humain. Le verset 80 de la sourate Al-An‛âm (Les bestiaux, sourate 6) nous informe quant à lui que les mécréants également, suite à leur face à face avec leurs dieux, mettent Ibrâhîm (as) en garde contre eux, tandis qu’Ibrâhîm (as) insiste sur le fait que la sécurité de l’être humain réside dans le gage du monothéisme.

 

3. Absence de preuve à propos du fait que Dieu aurait confié la divinité à d’autres

 

Les mécréants reconnaissent l’existence du Créateur unique, mais ils croient que Dieu a confié la question de la sagesse à certaines de Ses créatures, parmi lesquelles les idoles. Ibrâhîm (as) fait savoir de diverses manières que c’est là une prétention sans fondement, « une de vos inventions », et rien de plus qu’un mensonge. Dans le verset 17 de la sourate Al-‘Ankabût (L'araignée, sourate 29) : « Vous n’adorez, en dehors de Dieu, que des idoles ; vous inventez un mensonge. », le terme awthân / أوثان est sous la forme indéfinie, pour montrer que les idoles sont sans valeur mais aussi pour accentuer l’expression de prétention pure et simple qu’est l’invention de leur divinité, qu’elle ne comporte aucune part de réalité. Lorsqu’il dit : « vous inventez un mensonge », il exprime qu’elles n’ont de dieu que le nom et que par conséquent, leur adoration est un mensonge. De même, dans le verset 88 de la sourate Al-Sâfât (Les rangés, sourate 37) : « Cherchez-vous, dans votre égarement, des divinités en dehors de Dieu ? », le fait d’appeler dieu ce qui n’est pas Dieu instaure le plus vil des mensonges. Dans le verset 81 de la sourate Al-An‛âm (Les bestiaux, sourate 6) également, Ibrâhîm (as) insiste sur ce sujet : si Dieu nous édicte l’obligation de l’adoration de certaines créatures, Il nous a apporté pour cela des preuves et des arguments avérés en nous communiquant ce commandement. Il n’en va pas de même ici : « Comment redouterais-je ce que vous Lui associez, alors que vous ne craignez pas d’associer à Dieu ce à quoi il n’a conféré aucun pouvoir sur vous ? » Selon une exégèse, le dessein d’Ibrâhîm (as) est analogue lorsqu’il dit : « Que pensez-vous du Seigneur des mondes ? » (sourate Al-Sâfât (Les rangés) ; 37 : 87), ce qui reviendrait à : « Pensez-vous que le Seigneur des mondes vous a donné l’autorisation de faire participer ces objets inanimés à la divinité ? »

 

L’argument employé par Ibrâhîm (as) pour nier la divinité des corps célestes

 

Le noble Coran cite cet argument dans le cadre d’une courte phrase : « Je n’aime pas ceux qui disparaissent. » (sourate Al-An‛âm (Les bestiaux) ; 6 : 76). Pour commenter cette façon d’argumenter, les exégètes ont donné les explications suivantes :

 

1- Cet argument se base sur deux antécédents : le premier est que la divinité nécessite l’amour car la divinité symbolise une relation véritable entre le Maître et le serviteur, un effort cosmogonique du serviteur en direction du Maître, auquel fait suite le dévouement et l’amour du serviteur pour le Maître. Le second antécédent est ce qui est cachée aux yeux de l’être humain ne peut incarner son Aimé, car sa disparition suppose que l’être humain, après l’avoir trouvée, la perde, or, l’être humain ne peut en aucun cas adorer et aimer une chose qu’il peut perdre. Ainsi, considérant ces deux prérequis, l’argumentation est la suivante : le Maître doit être l’Aimé et les corps célestes étant voués à disparaître, ils ne peuvent représenter l’Aimé et ne sont donc, par conséquent, pas divins. Non seulement cet argumentaire invalide la divinité du soleil, de la lune ou des étoiles, mais il est décisif s’agissant d’invalider tout type d’associationnisme et d’idolâtrie, car le critère qu’il expose, à savoir le fait que l’amour ne peut convenir à ce qui disparaît (ce qui concerne toute chose qui ne demeure pas éternellement pour l’homme), vaut pour toutes les formes corporelles. Et même, les divinités du paganisme et des créatures lumineuses, dont certaines sont elles-mêmes idolâtres, que l’on considère supérieures et pures par rapport à la matière, de la nature, de la corporalité et du mouvement, elles se trouvent également invalidées par cet argument, car il est expliqué que ces divinités, malgré la noblesse de leur existence, leur pureté et leur lumière, sont soumises à Dieu, et sont absorbées dans Sa lumière. Il en résulte que dans le cas où de l’amour leur est témoigné, cet amour revient à leur « Administrateur », et non à elles-mêmes.

 

2- L’individu doué de raison jouissant d’une saine innéité ne peut éprouver de l’amour, même ordinaire, pour ce qui lui est caché. A fortiori cela compte pour l’amour situé au niveau de l’adoration, qui ne convient qu’à Dieu, dont la présence est continuelle. Par conséquent, on ne peut adorer les corps célestes qui se dérobent au regard et qui ne savent même pas qu’ils sont adorés. Ainsi, la base de la parole d’Ibrâhîm (as) consiste en l’incompatibilité entre déclin et divinité. La preuve en est que lors de son coucher, l’objet de l’adoration ignore nécessairement qu’il est adoré, et pour cette raison, Ibrâhîm (as) ne s’est pas basé sur le lever de ces corps célestes (bien que le lever soit comme le coucher, une forme de déplacement), alors même que le lever n’est pas non plus compatible avec la divinité.

3- La base de l’argument du coucher et la manière dont il est utilisé pour nier la divinité des corps célestes reposent sur le fait que ce qui se couche nécessite une apparition, un lever, aussi l’astre qui décline comprend dans son essence la nécessité obligatoire d’un lever, or ceci représente un mouvement, et le mouvement est un événement, et l’événement nécessite un passé.

4- Le coucher est un mouvement, et chaque mouvement dispose d’un moteur. Une suite de moteurs doit nécessairement remonter à un moteur qui n’est pas mobile, et cette essence est Dieu le Très-Haut. A propos des trois dernières explications avancées sur la parole d’Ibrâhîm (as), certains ont reproché que le sujet de l’argumentation employée dans ces explications est l’invalidation du pouvoir créateur des corps célestes, tandis qu’en ce qui concerne Dieu le Très-Haut, ce pouvoir soit seulement supposé. En réalité, l’axe de l’argumentation repose sur le mot rabb / ربّ  qui dans la phrase hadhâ rabbî / هذا ربي / Voici mon Seigneur ne désigne pas le Créateur de ce qui est mais Celui qui tient les rênes de la sagesse des créatures. Cependant, un hadith de l’Imâm al-Rezâ (as) rapporte qu’Ibrâhîm (as) a dit : « Je n’aime pas ce qui disparaît, parce que le déclin fait partie des attributs qui ne sont pas éternels et non des attributs qui demeurent depuis toujours. » Ceci ne veut pas dire que la base du raisonnement soit que le déclin n’est pas éternel, mais plutôt cette absence d’amour, qui est prise comme critère : le déclin fait partie des attributs qui ne sont pas éternels et ce qui n’est pas éternel ne convient pas à l’amour de l’être humain.

 

L’argumentation d’Ibrâhîm (as) dans la sourate Al-An‛âm (Les bestiaux, sourate 6)

 

Les exégètes ont discuté certains points au sujet des versets 74 à 79 de la sourate Al-An‛âm (6) :

 

A. Un groupe d’exégètes considère que le portrait d’homme des cavernes qui est fait d’Ibrâhîm (as) dans les versets de la sourate Al-An‛âm (6) vient du fait qu’il use de modération avec les mécréants pour exposer son argumentation dans un cadre adéquat. Cependant, un autre groupe examine la possibilité qu’Ibrâhîm (as) ait pu lui-même se mettre réellement dans la peau d’un homme des cavernes afin d’obtenir une conclusion claire sur la question de la divinité. Sans annuler cette probabilité, certains sont allés jusqu’à l’accepter.  Pourtant, le verset 43 de la sourate Maryam (Marie, sourate 19) (« Ô mon père ! J’ai reçu une science qui ne t’est pas parvenue. Suis-moi : je te dirigerai sur une voie droite. ») confirme qu’il connaissait la vérité et que Dieu avait pris sa sagesse en charge. Par conséquent, si Ibrâhîm (as) se met dans un état d’homme des cavernes, il le fait par la modération qu’il manifeste, pour éclairer la lanterne des mécréants. Son Excellence (as) expose la vérité progressivement afin qu’ils ne se sauvent pas, comme le font justement ceux qui se voient traités de mécréants. Ainsi, afin de guider les gens vers la foi, il se voit contraint de dire : « Voici mon Seigneur ! »[4]. Le verset 83 de la sourate Al-An‛âm (6) : « Tel est l’argument décisif que nous avons donné à Abraham, contre son peuple. Nous élevons le rang de qui nous voulons. Ton Seigneur est juste ; Il est celui qui sait », exprime également avec clarté que cet argument sert contre le peuple et non son effort personnel pour découvrir la vérité. Cette preuve rend inacceptable l’avis de certains qui, s’appuyant sur une célèbre parole d’Ibn ‘Abbâs et sur la parole d’Ibrâhîm (as) que l’on trouve dans le verset 77 de la sourate Al-An‛âm (6) (« Si mon Seigneur ne me dirige pas, je serai au nombre des égarés »), pensent qu’Ibrâhîm (as) reconnaît la divinité de ces corps célestes et les adorent réellement. Au contraire, cette parole d’Ibrâhîm (as) : « Je n’aime pas ceux qui disparaissent » est une manière détournée d’avertir les mécréants de leur perdition prochaine. A ceci s’ajoute cette autre parole d’Ibrâhîm (as) : « Ô mon Seigneur ! Car elles (les idoles) ont égaré un grand nombre d’hommes » (sourate Ibrâhîm (Abraham) ; 14 : 36) qui nous montre avec évidence qu’il n’a lui-même jamais été en butte à cette perdition. De la même manière, dans le Coran, Ibrâhîm (as) est connu pour avoir le cœur humble, et un cœur humble suppose qu’il n’a jamais éprouvé de sentiments associationnistes à l’encontre de Dieu. Il est plusieurs fois déclaré dans le Coran au sujet d’Ibrâhîm (as) qu’il « n’était pas au nombre des polythéistes » (sourate Al-Baqara (La vache) ; 2 : 135, Âle ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 67 et Al-Nahl (Les abeilles) ; 16 : 123), ce qui fournit une autre attestation à ce propos. Par conséquent, pour expliquer cette parole d’Ibrâhîm (as) : « Voici mon Seigneur ! », il n’est pas besoin que nous la chargions de dérision, ou que nous expliquions qu’il ferme les yeux sur l’étoile, la lune et le soleil en la prononçant. Il les voit et pense qu’il s’agit de la lumière de Dieu, aussi, lorsqu’il dit : « Voici mon Seigneur ! », il dit en réalité : « Dieu me montre Sa lumière », sinon, il s’agit là d’une louange au Seigneur.

 

B. La phrase : « Ainsi avons-nous montré à Abraham le royaume des cieux et de la terre pour qu’il soit au nombre de ceux qui croient fermement. » (sourate Al-An‛âm (Les bestiaux) ; 6 : 75), qui fait référence à l’invalidation de la divinité des idoles présente dans le verset 74, jointe à l’expression falammâ / فلما présente dans le verset 76, qui elle fait le lien avec ce qui précède, nous apprennent que les versets sont liés les uns aux autres et que le récit de l’argumentation au sujet des corps célestes est lié à celui de l’argumentation à propos des idoles. En fin de compte, il apparaît que le mot nurî / نري est une redite du récit passé qui ainsi se prolonge, le dessein du verset étant : « Nous avons montré les cieux et la terre à Ibrâhîm (as) et c’est ce qui l’a poussé à discuter avec son père, Âzar, de l’adoration des idoles. Ainsi, Nous leur avons montré leur perdition, et grâce à ce don, Nous avons ainsi soutenu Ibrâhîm (as), jusqu’à ce que la nuit l’enveloppe et qu’il voit l’étoile… »

Par conséquent, nous pouvons avancer que premièrement, les arguments d’Ibrâhîm (as) contre l’idolâtrie et l’adoration des corps célestes lui sont acquis lors de son observation des cieux et de la terre. Deuxièmement, l’ordre des versets montre que l’événement de l’argumentation contre les adorateurs des astres se déroule le soir du jour même où Ibrâhîm (as) a objecté contre l’idolâtrie. Aussi, nous pouvons conclure qu’il a passé le jour jusqu’au soir venu, à nier l’idolâtrie, et que le soir, jusqu’au lever du soleil, il a argumenté contre l’adoration des astres et de la lune, pour qu’enfin à l’aube, il nie sa divinité et annonce le monothéisme. Par conséquent, il semble que ses argumentations se succèdent durant environ deux jours et une nuit (la nuit entre ces deux jours), et se terminent là. Bien que certains ne rejettent pas l’hypothèse qu’il ait vu l’étoile une nuit, qu’il ait vu la lune la nuit suivante, ou que ces événements se soient produits trois nuits durant. Troisièmement, si l’on considère que Vénus[5], en raison de sa proximité orbitale avec le soleil [plus de 47 degrés], ne s’en éloigne pas et poursuit sa route toujours de concert avec lui, et lorsqu’elle n’est pas éclipsée, apparaît parfois à l’aube, du côté de l’Orient pour se manifester aussi occasionnellement le soir, après le coucher du soleil, du côté de l’Occident, alors certains soirs, lorsque la lune prend place à l’opposé de la voute céleste (comme les nuits des dix-huit, dix-neuf et vingt du mois hégirien lunaire), le coucher de Vénus cohabite durant une heure ou deux avec le lever de la lune. C’est pourquoi, en considérant le contenu des versets 76 et 77 de la sourate Al-An‛âm (Les bestiaux, sourate 6), qui lie le lever de la lune au déclin de l’étoile, et en considérant la brillance particulière de Vénus, elle qui attire le regard de l’observateur plus que toute autre étoile, on obtient que parmi les astres mobiles que les Sabéens adoraient, Vénus est bien l’étoile qui correspond le mieux à ce que décrit le verset. Les hadiths des Gens de la demeure prophétique (as) considèrent eux aussi que l’étoile dont parle le Coran est Vénus. Cependant, Ibn ‘Abbâs considérait qu’il s’agissait de Jupiter. Certains, vu le contexte du verset 49 de la sourate Al-Najm (L'étoile, sourate 53) (« Il est le Seigneur de Sirius ») (que les Sabéens adoraient), que l’on trouve dans le Livre d’Ibrâhîm (as), considèrent que l’étoile mentionnée dans ce récit du Coran est Sirius.



[1] Abraham (as). (Les notes sont du traducteur et les traductions des passages du Coran de Denise Masson).

[2] Le lien intérieur qui lie le croyant à Dieu. Il s’agit d’un engagement. Le croyant exprime sa déférence, son état de serviteur, son obédience spirituelle et éprouve en retour de la confiance et la certitude d’être aimé et épaulé par Dieu. C’est le lien qui, au Moyen-âge notamment, à un niveau inférieur bien entendu, quoiqu’exprimé par des termes analogues, lie le vassal à son suzerain…

[3] Voir plus haut.

[4] Faisant référence à une étoile, puis à la lune, puis au soleil…

[5] Vénus, en arabe, se dit zuhra / زهره et découle de la même racine que Zahrâ’, qui s’applique à ce qui resplendit, scintille, réfléchit la lumière…

 

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