Historique de la pierre noire (hajar al-aswad / حجر الاسود) et sujets connexes (2)

Caresser la pierre noire représente une forme de pacte

 

La pierre noire est située dans l’angle sud-est de la Ka‛ba et, lors du pèlerinage, les pèlerins la touchent et l’embrassent. Cette pierre a toujours été honorée et estimée chez les musulmans. Depuis toujours, ils l’embrassent et recherchent sa bénédiction. L’Imâm al-Bâqer (as) dit : « La pierre noire représente la convention de Dieu, la caresser revient à pactiser avec Lui. » Dans une tradition rapportée d’Ibn ‘Abbâs, il est dit que dans le cas où un individu n’aurait pas pactisé avec l’Envoyé de Dieu (s), mais aurait par la suite touché la pierre noire, il aura alors conclu le pacte avec Dieu et avec l’Envoyé (s). De même, il est dit dans les hadiths que cette pierre était blanche au départ, mais les péchés perpétrés par les fils d’Adam (as) l’ont rendue noire (Al-Kâfî, Vol. 4, p. 190). On rapporte de l’Envoyé de Dieu (s) : « Le jour de la résurrection, Dieu donnera vie à la pierre noire. Ayant deux yeux pour voir et une langue pour s’exprimer, elle témoignera en nommant ceux qui l’ont touchée. » De même, on rapporte ceci de l’Envoyé de Dieu (s) : « La pierre noire est la main de Dieu sur la terre, celui qui la caresse, caresse la main de Dieu. » L’Imâm al-Sâdeq (as) a dit : « Si vous vous trouvez à proximité de la pierre et avez la possibilité de la caresser et de l’embrasser sans peine, embrassez-la, et en cas de cohue, faites le takbîr[1] sur elle. » (Al-Kâfî, Vol. 4, p. 404). De même, son Excellence (as) a dit : « Parmi les choses qui ont été empruntées aux femmes se trouve la caresse sur la pierre noire. » (Man lâ yahzuruhu al-faqih, Vol. 2, p. 326). Un jour, alors qu’il embrassait la pierre, ‘Umar a dit : « Je t’embrasse uniquement parce que l’Envoyé de Dieu (s) t’embrassait, sinon, je sais que tu n’es rien d’autre qu’une pierre et que tu ne causes ni profit, ni dommage ! » Alî, l’Emir des croyants (as), a dit : « La pierre comporte à la fois un profit et un dommage, car cette pierre révèle la loyauté du croyant et le déni du mécréant. » De nos jours, lorsque les pèlerins accomplissent la circumambulation et parviennent à cette pierre, ils l’embrassent, passent la main sur elle et pactisent avec elle. Lorsque Dieu a fait venir les fils d’Adam (as), Il a pris d’eux un engagement. Ensuite, Il a fait appeler la pierre noire, qui était un ange, et lui a ordonné de conserver en elle l’engagement des fils d’Adam (as). Ainsi, le fait de caresser la pierre noire revient en réalité à pactiser avec Dieu. Le Jour de la résurrection, la pierre noire témoignera pour ceux qui auront pactisé avec Dieu à travers elle. A chaque fois que le Prophète (s) accomplissait le pèlerinage, il caressait la pierre noire et renouvelait ainsi le pacte. Il est dit dans les hadiths : « Lorsque le cœur du monde se trouvera prêt pour l’apparition de l’Imâm du Temps ('aj), son Excellence se manifestera auprès de la Ka‛ba. Il se rendra auprès de la pierre noire et s’appuiera sur elle. La pierre noire se changera en un oiseau blanc qui pactisera avec son Excellence ('aj). Ensuite, tous ceux qui ont de l’amour pour le Sauveur ('aj) pactiseront avec lui et la pierre noire sera le témoin de ces alliances. » Les pèlerins qui se rendent à Makka énoncent une invocation auprès de la pierre noire afin qu’au jour de l’apparition de l’Imâm du Temps ('aj), la pierre noire témoigne de leur engagement envers son Excellence ('aj). Chaque main espère embrasser la pierre noire. La pierre noire espère embrasser la main du Mahdî ('aj).

 

Les attentats contre la pierre noire

 

Selon la croyance des musulmans, cette pierre vient du paradis (hadith de l’Imâm al-Bâqer (as)). Ibrâhîm (as) et son fils Ismâ’îl (as) l’ont trouvée et l’ont intégrée à la construction de la Ka‛ba. On rapporte de l’Imâm al-Sâdeq (as) que les Qurayshites, à l’époque de la Jâhiliya[2], ont détruit la Ka‛ba dans l’intention de la reconstruire. Ils sont passés tout près d’un affrontement et d’un massacre.[3] Pourtant, ils ont fini par trouver un accord : accepter le jugement du premier qui entrera dans la mosquée sacrée[4]. A ce moment-là, l’Envoyé de Dieu (as) a franchi la porte, et entendant ce qu’ils disaient, il a ordonné que l’on étende un vêtement sur lequel il a ensuite placé la pierre noire. Puis, il a ordonné qu’un membre de chaque tribu tienne un pan du vêtement pour le soulever. Lorsque la pierre noire s’est trouvée face à son logement, son Excellence (s) l’a saisie de sa main bénie et l’a déposée à sa place. De même, il est écrit : « Au cours de la guerre opposant Hajâj et ‘Abdallâh ibn Zubayr, la Ka‛ba a été démolie. Elle a ensuite été reconstruite pour pouvoir replacer la pierre noire. A chaque fois qu’un des savants, des juges ou des dévots voulut la replacer, la Ka‛ba se mettait à trembler, et il était impossible d’y insérer la pierre. L’Imâm al-Sajjâd (as) est alors entré, leur a pris la pierre des mains, a invoqué le nom de Dieu et l’a installé dans son socle, sans être gêné par un seul tremblement. Alors les gens se sont exclamés : ‘Allâhu akbar !’  En 317 de l’Hégire lunaire, les Qarmates ont déferlé sur Makka et ont emporté la pierre noire chez eux, à Al-Ahsa, à Bahreïn. La pierre noire a demeuré là vingt-deux ans, jusqu’à ce qu’en 339, à l’époque du califat d’Al-Mutî‛ Allâh al-‘Abbâsî, elle soit transférée à Kûfa par l’intermédiaire d’Abû ‘Alî al-‘Alawî, alors qu’elle était brisée, pour être enfin remise à sa place. Quoi qu’il en soit, au cours des siècles, la Ka‛ba ou « Maison de Dieu » a été maintes fois reconstruite, ou détruite, suite à une inondation ou à d’autres incidents. Cependant, la place de cette pierre paradisiaque n’a en aucun cas été changée. » (Mohammad Bâqer al-Majlesî, Bihâr al-Qnwâr, Vol. 96, hadith n° 13, p. 216. Chapitre sur la pierre noire).



[1] Dîtes : « Allâhû akbar / Dieu est plus grand ! » (Les notes sont du traducteur et les traductions des passages du Coran de Denise Masson.)

[2] Dans un cadre religieux musulman, on appelle Jahiliya (époque de l’ignorance) l’époque préislamique, particulièrement pour ce qui concerne la péninsule arabique.

[3] L’objet principal de la discorde concernait le choix de la tribu qui replacerait la pierre noire dans l’angle du nouvel édifice…

[4] Il s’agit ici d’une pratique courante parmi les Arabes de l’époque. Face à un différend insoluble, on décide de se fier à Dieu, et en se remettant au « hasard » (qui n’en est pas un précisément, selon cette conception). Ainsi, par exemple, ne parvenant pas à se mettre d’accord sur le prénom d’un nouveau-né, on décide de lui donner le nom du prochain à franchir le seuil de la tente, et c’est ainsi que certains ont par exemple pris le nom d’un chien !

 

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