L’annonce de la venue du Prophète Mohammad (s) par Jésus (as) (2)

 

Le nom du Prophète de l’islam serait-il Ahmad ?

 

Le point important qui mérite ici de retenir notre attention est que le nom connu du Prophète (s) est Mohammad, alors que le nom du prophète annoncé par Jésus, dans la sourate Al-Saff (Le rang, sourate 61) au verset 6, est Ahmad. Comment concilier ces deux noms ? Pour répondre, il est nécessaire de porter son attention sur les points suivants :

  1. Dans les ouvrages historiques, on rapporte que dans son enfance, le Prophète avait deux noms, et les gens avaient l’habitude de s’adresser à lui par l’un ou l’autre nom, Mohammad et Ahmad. Le premier lui avait été donné par son grand père 'Abd al-Muttalib, et le second par sa mère Amîna. Voir à ce sujet la Sîra de Halabî[1].
  2. Parmi les personnes qui se servaient le plus du nom Ahmad, figure en premier lieu son oncle Abû Tâlib. Nous avons encore aujourd’hui les nombreux vers dans lesquels Abû Tâlib évoque le Prophète par le nom Ahmad. Comme par exemple :

Arâdû qatla Ahmada Zâlimûhum

Wa laysa bi- qatlihim fî-him za‘îmu

 

Leurs prévaricateurs projetèrent de tuer Ahmad

Mais il n’y avait personne parmi eux pour assumer

 

Ou encore :

 

Wa in kâna Ahmadu qad jâ-a- hum

Bi- haqqin wa lam ya’tihim bi-l kadhibi

 

Alors qu’Ahmad leur a apporté

La vérité, et non pas le mensonge

           

Outre le recueil des poèmes composés par Abû Tâlib, on trouve d’autres vers mentionnés par d’autres sources, comme par exemple ce vers :

 

            Laqad akrama Allahu Muhammadan

            Fa- akramu khalqi Allâh fi al-nâsi Ahmadu

 

            Dieu a certes honoré le prophète Mohammad

            La plus noble des créatures de Dieu parmi les hommes est donc Ahmad

 

  1.  Dans le recueil des poèmes de Hassân ibn Thâbit, célèbre poète au service du Prophète (s), on peut lire aussi cette expression :

 

Mafja‘atun qad shaffahâ faqdu Ahmadu

Fa- zallat li- alâ’i al-Rasûl tu‘addidu

 

Un malheur que la perte d’Ahmad a allégé

Suscitant l’abondance des bienfaits du Prophète

 

Les vers d’Abû Tâlib ou d’autres qui mentionnent le nom Ahmad (à la place de Mohammad) sont très nombreux pour être tous cités ici. Nous terminons ce thème par la citation de deux vers du fils d’Abû Tâlib, l’Imâm 'Alî[2] (as) qui fut connu pour son éloquence qui surpassait celle de tous les Arabes:

 

A- ta’murunî bil- sabri fi nasri Ahmada

Wa w- Allâhi mâ qultu alladhi qultu jâzi‘an

Sa- as‘â li- wajhi Allâhi fî nasri Ahmada

Nabiyya al-hudâ al-mahmûdi iflan wa yâfi‘an

 

M’ordonnes-tu de tergiverser dans la défense d’Ahmad ?

J’en jure par Dieu, je n’ai pas parlé par impatience

Pour l’amour de Dieu, je poursuivrai mon soutien à Ahmad

Le Prophète de la guidance, que j’ai loué enfant et adulte !

           

  1. Dans les traditions qui ont été rapportées au sujet de l’ascension (mi‘râj) du Prophète, nous lisons que Dieu a, à plusieurs reprises, interpelé Son Envoyé (as) par le nom Ahmad. Et c’est peut-être cela qui est à l’origine de la sentence selon laquelle le nom du Prophète est Ahmad dans les cieux et Mohammad dans le monde. Dans un hadîth de l’Imâm Bâqer (as), il est dit que le Prophète de l’islam (s) possède dix noms. Cinq sont mentionnés dans le Coran : Mohammad, Ahmad, Abdollâh, YâSîn, et Nûn (la lettre N en arabe).

 

  1. Lorsque le Prophète récita les versets ci-dessus de la sourate Al-Saff (Le rang) devant les gens de Médine et de La Mecque, et que la teneur en parvint sûrement aux oreilles des Gens du Livre (juifs et chrétiens), personne parmi ces derniers ni même parmi les polythéistes ne fit d’objection. On aurait pu s’attendre à une remarque comme : « L’Evangile a annoncé la venue d’un prophète nommé Ahmad or tu t’appelles Mohammad ». Ce silence constitue en soi une preuve de ce que ce nom d’Ahmad était bien connu dans la population environnante pour le moins. Car si cela avait suscité une quelconque réaction, cela n’aurait pas manqué de nous parvenir. Nous savons en effet que les objections des ennemis nous sont toutes parvenues même quand il s’agit d’objections très désobligeantes. Elles sont même consignées dans les ouvrages d’histoire. Nous concluons de ces remarques que le nom d’Ahmad était bien connu comme un second nom du Prophète de l’islam (s).

 

La bonne nouvelle de Jésus dans le Coran

 

Selon le récit coranique, Jésus (as), tout en appelant les enfants d’Israël à se conformer à la Torah, leur a annoncé la bonne nouvelle de la venue d’un prophète après lui dont le nom serait Ahmad. « … Venu confirmer la Torah en vigueur et faire l’annonce d’un envoyé qui viendra après moi et dont le nom sera Ahmad ». Par conséquent, il n’y a pas de doute au sujet de ce que la venue du Prophète (s) avait été annoncée par Jésus (as). Le point sur lequel porte la divergence est de savoir par quel nom Jésus a désigné le prophète à venir et est-ce que ce nom se trouve dans les évangiles actuels.

Evidemment, nous ne pouvons pas déduire de ce verset que le nom du prophète annoncé est mentionné dans la Torah et les évangiles, parce que ce verset dit seulement que Jésus (as) a fait l’annonce d’un prophète après lui nommé Ahmad. Cette annonce ne figure pas dans les quatre évangiles reconnus par les Églises. Mais en se fondant sur certains autres versets, on apprend que les juifs aussi bien que les chrétiens avaient connaissance de la venue attendue du Prophète de l’islam (s) ; certains d’entre eux avaient même des descriptions assez détaillées de ses qualités et de ses traits physiques. Ils avaient déduit ces informations de la lecture des textes de la Torah et des évangiles. Comme dit le Coran : « Ceux qui suivent l’Envoyé, le Prophète illettré, qu’ils trouvent chez eux inscrit dans la Torah et l’Évangile… » (sourate Al-A‘râf ; 7 : 157).

Un autre verset, après avoir fait cas de la connaissance parfaite des juifs et des chrétiens de la venue du Prophète de l’islam (s), précise :

« Or ceux que Nous avons dotés de l’Écriture la connaissent comme ils connaissent leurs fils ... » (sourate Al-Baqara (La vache) ; 2 : 146)

et :

« … Ceux que Nous avons dotés de l’Ecriture savent bien qu’il descend de la part de Votre Seigneur avec la Vérité. » (sourate Al-An‘âm (Les bestiaux) ; 6 : 114).

En marge de ces versets, et dans les gloses et commentaires qui les expliquent, on a noté pour rappel que le nom du Prophète (s) dans la Torah est Ahyad, et dans l’Évangile Ahmad, tandis que dans le Coran, il est nommé Mohammad. Une tradition rapporte qu’Ibn 'Abbâs[3] disait que les noms comme Ahmad, Mohammad, Fâraqlît (Paraclète) et Mâdmâd faisaient partie des noms du Prophète de l’islam dans les anciens livres révélés.

(à suivre)



[1] Nûr al-Dîn al-Halabî (1567 / 1635)

[2] Grande personnalité spirituelle et héros de l’islam, cousin, gendre et héritier spirituel du Prophète Mohammad (s), 'Alî fils de abû Tâlib (as), premier Imâm du chiisme et quatrième calife du sunnisme, fut le premier arabe à se convertir à la nouvelle religion. Sa personnalité éminente a fait l’objet de divergences parmi les premiers musulmans, certains ne lui ayant pas obéi comme l’avait recommandé le Prophète (s).

[3] 'Abd Allâh ibn 'Abbâs (en arabe : عبد الله ابن عباس) Son père, 'Abbâs fils de ‘Abd al-Muttalib, est demi-frère avec le père du Prophète (s). Sa mère Lubâba est la deuxième femme à s’être convertie à l'islam, juste après son amie intime Khadija, la femme du Prophète (s). Ibn 'Abbâs, né en 618, trois ans avant l’Hégire, grandit aux côtés de son cousin paternel, l’Envoyé de Dieu (s).

Ibn 'Abbâs fut aussi un partisan loyal du premier Imâm 'Alî ibn Abi Tâlib. Il est considéré par les chiites comme l'un des meilleurs compagnons. Grand expert dans le commentaire (tafsîr) du Coran ainsi que dans la tradition prophétique (sunna), il ne s’est pas seulement contenté d’accumuler le savoir. Il considérait comme son devoir d’éduquer les croyants dans la recherche du savoir. Soucieux de vérité, il soumettait tous les hadîths qu’on lui rapportait à un examen minutieux en consultant une trentaine de compagnons afin d’en vérifier l'authenticité. Il est mort en 687, trois ou quatre ans après l'épisode de Karbalâ où mourut l'Imâm Hossein (as).

[4] (en persan : Emâm Rezâ امام رضا), né à Médine en 766 / mort en 818 à Tûs en Iran, a été le huitième Imâm chiite duodécimain et alaouite. Son sanctuaire, l’un des hauts lieux de pèlerinage du monde, se trouve à Mashhad, dans le Khorâssân iranien.

[5] Il s’agit du Uyûn Akhbâr al-Ridhâ, les sources au sujet de l’Imâm Rezâ (as).

[6] C’est le titre que l’on donnait au grand rabbin chargé de la direction religieuse de la diaspora. On peut le traduire par Exilarque.

[7] Ce terme peut se comprendre si nous lisons « gathliq », les arabes transcrivant le son « g » guttural par la lettre « jîm ». D’ailleurs certains arabes continuent de prononcer tous les « jîm » comme des « guim ». Ghathliq suggère donc qu’il pourrait s’agir d’un prêtre catholique.

 

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