L’annonce de la venue du Prophète Mohammad (s) par Jésus (as) (3)

La bonne annonce de Jésus (as) au sujet du Prophète de l’islam, dans les échanges savants de l’Imâm Rezâ[1] (as) avec les Gens du Livre

 

Dans les discussions savantes de l’Imâm 'Alî ibn Mûsâ al-Rezâ (as) avec les représentants qualifiés des autres religions, la question de la mention du nom du Prophète et de l’annonce de sa venue prochaine dans l’Evangile et dans la Torah, est également évoquée. Le grand traditionniste, Shaykh al-Sadûq, a rapporté dans un ouvrage[2] ces joutes savantes échangées par l’Imâm Rezâ (as) avec le Ra’s al-Jâlût[3], le leader de la communauté israélite, en présence de Ma’moun, le calife abbasside, en ces termes : « La Torah rapporte qu’une lumière surgira de la montagne du Sinaï, et une autre lumière apparaitra dans la montagne de Sâ’îr, et cette lumière attirera les gens vers elle. De la montagne de Fârân surgira une lumière qui jettera son éclat sur les réalités divines. » Le Ra’s al-Jâlût dit : « Je suis familier des mots et des lieux dont tu parles, mais je n’en connais pas les significations. ». L’Imâm Rezâ (as) lui dit : « Je vais t’en donner les significations. La lumière qui a surgi sur le mont Sinaï et l’a illuminé est celle de la révélation que Dieu a fait descendre sur Moïse. La lumière qui a illuminé le mont Sâ’îr et qui a illuminé les gens est celle du mont où Jésus, fils de Marie, reçut la révélation. Quant au mont de Fârân où les réalités divines devinrent manifestes pour nous, c’est un mont de la chaîne de montagnes de La Mecque situé à une distance d’un jour de marche et où Mohammad (s) reçut la révélation. La question de l’annonce de la venue du Prophète de l’islam (s) a bien été évoquée dans les débats qui se tinrent entre l’Imâm Rezâ (as) et les représentants des autres religions du Livre, et en présence du calife abbasside al-Ma’mûn. Les débats en ont été consignés et rapportés par le Shaykh al-Sadûq, de son vrai nom Ibn Bâbûyeh, dans son recueil de traditions intitulé ‘Uyûn Akhbâr al-Ridhâ. Cet ouvrage a été glosé par des savants musulmans sur des points plus ou moins nombreux. Certaines de ces gloses révèlent que parfois les paroles du huitième Imâm du chiisme n’ont pas été comprises correctement. Par exemple, l’Imâm emploie le terme « baraqlîtâ » ou « fârfalîtâ » ; il dit que ce terme figure dans l’Evangile et ailleurs. Ces commentateurs ont pensé que ce terme est un vocable de la langue arabe, et qu’il aurait peut-être le sens de quelque chose ou de quelqu’un qui distingue entre le bien et le mal (à cause de la racine f, r, q en arabe qui contient le sens de séparation, de distinction). Alors qu’il s’agit d’un terme grec, paraklitos, transcrit en arabe comme « bâraqlît ». A un moment donné, l’Imâm s’adresse à son interlocuteur qui est un savant juif, en ces termes : « Ô Juif, je voudrais t’interroger au sujet des dix signes qui ont été révélés à Moïse. Dis-moi si dans la Torah, il est question de Mohammad et de sa communauté. N’en est-il pas fait mention quand elle parle d’un ‘’ homme monté sur une mule et suivi par des gens qui glorifient le Seigneur sans cesse ’’ ? Est-ce que, à ce moment-là, les enfants d’Israël n’avaient pas reçu l’ordre : « Que les enfants d’Israël se libèrent pour eux et de leur roi afin que se rassérènent leurs cœurs » ? Ils furent mis en garde contre une désobéissance, car ‘’ ils sont armés d’épées de la vengeance contre les peuples incrédules de toutes les régions de la terre ’’. Est-ce ainsi que cela se trouve rapporté par écrit dans la Torah ? »

Le chef religieux juif acquiesça. Puis, l’Imâm Rezâ (as) se tourna vers le Jathlîq[4] et lui dit : ‘’ Avez-vous connaissance du Livre d’Isaïe ? ‘’ Il répondit : ‘’ Oui, je le connais mot à mot. ‘’ L’Imâm lui dit : ‘’ N’est-ce pas que dans ce livre il est dit : « J’ai vu l’image d’un homme monté sur un âne revêtu de vêtements de lumière, et j’ai vu un autre monté sur un chameau avec une clarté semblable à la clarté de la lune » ?

Il répondit que dans sa propre vision, il vit que l’homme monté sur un mulet (c'est-à-dire Jésus (as)) avait des vêtements et des tuniques qui étaient éclairés par sa propre lumière, et qu’il avait vu l’homme monté sur un chameau alors que sa lumière brillait pareille à la lumière de la lune. Il dit : ‘’ Oui, Isaïe a dit cela ‘’.

Puis s’adressant au jâthlîq chrétien, il lui dit : « Ô chrétien, connais-tu la parole de Jésus (as) dans l’Evangile : « Je m’en vais à votre Seigneur et à mon Seigneur, car le Paraclet viendra. Il me confirmera que je suis dans la vérité comme je lui en témoigne moi-même. Et c’est lui qui vous expliquera toute chose (toutes les réalités). Il montrera les turpitudes des nations. Et c’est Lui qui brisera l’échine de l’incrédulité. » » Le jâthlîq approuva et reconnut que ces paroles figuraient bien dans l’Evangile. Puis ils discutèrent longuement des raisons pour lesquelles l’Evangile avait disparu de sa version originale (en araméen ?) jusqu’à ce que la même phrase revienne dans leur propos. L’Imâm Rezâ (as) lui dit : « Jésus (as) ne contrevint pas à la tradition, et comme l’affirme le Coran, il était venu pour confirmer la Torah, pas pour l’abroger, jusqu’à ce que Dieu l’éleva vers Lui. Il est écrit dans l’Evangile : « Je suis le fils de la Pure (il s’agit ici sans doute de la Vierge Marie) et après moi viendra le Paraclet. C’est lui qui préservera le lien ; il vous expliquera toute chose, et il témoignera pour moi comme je témoigne pour lui. » (‘Uyûn Akhbâr al-Rizâ, volume 2 ; pages 139 à 158).

 

Annonce de la prophétie du Noble Prophète (s) dans l’Ancien Testament

 

Dans le livre de la Bible, intitulé le Deutéronome, on peut lire ceci : « L'Éternel me dit: « Ce qu'ils ont dit est bien. Je leur susciterai du milieu de leurs frères un prophète comme toi, Je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que Je lui commanderai. Et si quelqu'un n'écoute pas mes paroles qu'il dira en mon nom, c'est moi qui lui en demanderai compte. » (18 : 18 à 18 : 20)

Même si certains juifs et certains chrétiens ont considéré que le prophète promis dont il est ici question est Josué, fils de Nûn, et que certains chrétiens pensent qu’il s’agit de Jésus (as), il n’en demeure pas moins vrai qu’il existe cinq arguments en faveur de la thèse qui désigne ce prophète comme étant le Prophète de l’islam (s).

1. Les juifs contemporains de Jésus (as) bien que Jésus était déjà connu, continuaient d’attendre la venue d’un autre prophète. Par conséquent, le prophète visé par le verset précédent du Deutéronome ne pouvait pas être Jésus, comme l’ont prétendu certains chrétiens. La raison en est que, primo, nulle part, dans les évangiles, Jésus (as) lui-même n’a jamais prétendu être le prophète annoncé par les prophètes précédents, en particulier le prophète Moïse (as). Secundo, cette prétention ne figure pas dans l’Evangile, outre le fait que les apôtres et les pères de l’Eglise, comme Paul, n’ont pas essayé de s’appuyer sur cette annonce pour démontrer la légitimité de la mission de Jésus (s), surtout lorsque le christianisme naissant s’est retrouvé face à face avec le judaïsme.

2. Dans ce verset, le prophète promis est dit être semblable à Moïse. « Je leur susciterai du milieu de leurs frères un prophète comme toi… », alors que ni Jésus (as) ni Josué n’étaient semblables à Moïse, car Josué faisait partie des enfants d’Israël et il est impossible qu’en présence de Moïse et de sa Loi solide, un prophète puisse surgir qui soit semblable à Moïse. Outre cela, il est dit qu’un prophète sera envoyé, alors que Josué était alors vivant et présent. De même, Jésus (as) aussi n’était pas semblable à Moïse, parce que, primo, les chrétiens professent que Jésus est Dieu, alors que les juifs ne professaient pas du tout la divinité de Moïse. Secundo, aux yeux des chrétiens, Jésus a été sacrifié pour racheter les péchés des hommes, alors qu’au sujet de Moïse, il n’existe rien de tel.

3. Comme il ressort de la suite de cette annonce, ce prophète avait reçu la mission de se venger des incrédules et dénégateurs de Dieu, alors que dans la Loi de Jésus, il n’est question ni des peines, ni du talion, ni de la lutte pour Dieu, ni rien de semblable.

4. Le titre de frère de Moïse pour Josué et Jésus n’a pas de sens, alors que dans le cas du prophète de l’islam qui est descendant d’Ismaël, et les enfants d’Israël qui sont les descendants de Jacob (as), cette fraternité a un sens.

5. Le grand nombre de points communs existant entre la Loi du Noble Prophète de l’islam et la Loi de Moïse montre la large proximité existant entre ces deux grands hommes.

 

Un Prophète parmi les Arabes

 

Un autre point pouvant faire partie des annonces de l’Ancien Testament concernant le prophète de l’islam nous est fourni par un paragraphe du Deutéronome dans lequel Dieu menace les israélites qui L’avaient courroucé, de susciter un peuple autre, différent d’eux (un peuple qui ne se comporterait pas comme eux). « Ils ont excité ma jalousie par ce qui n'est point Dieu, Ils m'ont irrité par leurs vaines idoles ; Et moi, j'exciterai leur jalousie par ce qui n'est point un peuple ... » (Deutéronome, 32 : 21).

Dans le commentaire et la clarification de ce verset, il a été dit que la nation dont il est question est celle des Arabes car la prophétie appartient à leur race, et dont sera issu le prophète de la fin des temps. Parmi les preuves de cela, il y a ce passage qui figure juste après le passage précédent au verset 32 : 21 : « Je les irriterai par une nation insensée. »

On a dit que cette nation insensée désigne les Arabes d’avant l’avènement de la mission prophétique, des Arabes qui étaient effectivement un peuple d’ignorants, adorateurs d’idoles, sans grandeur, dépourvus de toute science, de toute culture. Puisque ce peuple descendait d’Ismaël, fils de Hâjar (Agar) qui fut la servante de Sara, épouse d’Abraham (as), les israélites aussi n’avaient pour lui que mépris et le considéraient comme un peuple ignare. Cette estimation semble être en harmonie avec le sens qui se dégage du verset coranique qui présente le Prophète comme un messager envoyé à un peuple d’incultes. « Lui qui a envoyé au sein des gens sans Livre [les Arabes] un Envoyé des leurs pour leur réciter Ses signes, les purifier, leur enseigner l’Ecrit et la sagesse, bien que naguère ils fussent dans un égarement flagrant. » (sourate Al-Jumu‘a (Le vendredi) ; 62 : 2).

(à suivre)



[1] (en persan : Emâm Rezâ امام رضا), né à Médine en 766 / mort en 818 à Tûs en Iran, a été le huitième Imâm chiite duodécimain et alaouite. Son sanctuaire, l’un des hauts lieux de pèlerinage du monde, se trouve à Mashhad, dans le Khorâssân iranien.

[2] Il s’agit du Uyûn Akhbâr al-Ridhâ, les sources au sujet de l’Imâm Rezâ (as).

[3] C’est le titre que l’on donnait au grand rabbin chargé de la direction religieuse de la diaspora. On peut le traduire par Exilarque.

[4] Ce terme peut se comprendre si nous lisons « gathliq », les arabes transcrivant le son « g » guttural par la lettre « jîm ». D’ailleurs certains arabes continuent de prononcer tous les « jîm » comme des « guim ». Ghathliq suggère donc qu’il pourrait s’agir d’un prêtre catholique.

 

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