Qualités, vertus et degré de son Excellence Maryam (as) en islam et selon le christianisme (2)

Maryam[1] (as) se trouve à un degré plus élevé que son Excellence Yûsuf[2] (as)[3]

 

Lorsque le noble Coran décrit la force d’attraction et présente la seconde nature qu’est la chasteté, il cite en exemple à la fois l’homme et la femme. Essayons de voir lequel de l’homme ou de la femme incarne le mieux la pudeur et la modestie sur ce terrain. Yûsuf al-Siddîq (as) et son Excellence Maryam (as) possèdent de nombreux hauts mérites dont le Coran fait le récit. Cependant, ce qui retient notre attention dans le cadre de notre discussion est la présence en eux de cette seconde nature qu’est la chasteté. Yûsuf (as) est atteint [par la force de l’attrait] et se voit sauvé par la chasteté, tandis que Maryam (as), également mise à l’épreuve, se retrouve elle aussi tirée d’affaire grâce à la chasteté. Ce qu’il est important de discerner ici, c’est la réaction respective de ces deux êtres purs. Lorsque l’être béni qu’est Yûsuf (as) est soumis à l’examen, le Coran décrit l’épisode de la manière suivante : « Elle pensait certainement à lui et il aurait pensé à elle s’il n’avait pas vu la claire manifestation de son Seigneur. » (sourate Yûsuf (Joseph) ; 12 : 24). La phase active du désir réside dans le fait que cette égyptienne[4] met tout son zèle dans la poursuite de Yûsuf (as), et passe à l’acte. Cependant, non seulement Yûsuf al-Siddîq (as) ne commet pas l’illicite, sans même se montrer prêt à s’engager ne serait-ce que dans les préliminaires de l’illicite, mais ni l’intention, ni le désir, ni même l’idée ne le traverse. Ce qui est attesté par ce saint verset qui explique que le désir et l’intention de son Excellence (as) sont assujettis à une chose qui ne se récolte pas : « Il aurait pensé à elle s’il n’avait pas vu la claire manifestation de son Seigneur. » Il existe quantité d’autres témoignages où Dieu cite Yûsuf (as) en tant que Son serviteur dévoué et pur. Par exemple, Il dit ici : « Il fut au nombre de Nos serviteurs sincères. » (sourate Yûsuf (Joseph) ; 12 : 24) Et : « A l’exception de ceux de Tes serviteurs qui sont sincères. » (sourate Al-Hijr ; 15 : 40). Selon l’aveu de Shaytân[5], Yûsuf al-Siddîq (as) est innocent de ce préjudice, aussi, lorsque les calomniatrices mettent en doute la chasteté de Yûsuf (as), elles finissent par avouer et disent : « A Dieu ne plaise ! Nous ne connaissons aucun mal à lui attribuer. » (sourate Yûsuf (Joseph) ; 12 : 51). La Sainte Essence atteste également de la pureté et de la sainteté de Yûsuf (as) : « Non seulement Yûsuf (as) n’est pas allé vers le mal, mais le mal n’est pas plus allé en direction de Yûsuf (as), lorsqu’Il dit : ‘Nous avons écarté de lui le mal et l’abomination. (sourate Yûsuf (Joseph) ; 12 : 24). » Le Coran ne dit donc pas : « Nous l’avons détourné du péché », il dit explicitement : « Nous avons détourné le péché de lui. »

 

Maryam (as), maîtresse en chasteté

 

Relativement à la question de la seconde nature qu’est la chasteté, Son Excellence Maryam (as) se trouve soit au même niveau que Yûsuf al-Siddîq (as), que Dieu nomme Son serviteur sincère lorsqu’Il dit : « Il fut au nombre de Nos serviteurs sincères », soit elle lui est supérieure. En voici l’explication : en ce qui concerne la chasteté de Maryam (as), il n’est pas question de : « Nous avons écarté de lui [d’elle…] le mal et l’abomination. » Rien ne dit que si Maryam (as) n’avait pas vu la claire manifestation divine, elle aurait été désireuse. Non, il est dit au contraire : « Je cherche une protection contre toi, auprès du Miséricordieux ; si toutefois tu crains Dieu ! » (sourate Maryam (Marie) ; 19 : 18). Non seulement elle n’éprouve pas de désir, mais elle interdit le mal à cet ange qui a pris forme humaine. Elle lui dit : « Si tu es pieux, ne fais pas cela. » Lorsque la Sainte Essence divine dit : « Nous lui avons envoyé Notre Esprit : il se présenta devant elle sous la forme d’un homme parfait » (sourate Maryam (Marie) ; 19 : 17), il est donc clair que Dieu lui envoie comme messager un homme de belle apparence. Pourtant, Il ne dit pas ensuite que si elle n’avait pas vu la pure manifestation de son Seigneur, elle aurait éprouvé du désir et serait passée à l’acte, car elle dit au contraire : « Je cherche une protection contre toi, auprès du Miséricordieux ; si toutefois tu crains Dieu ! » Ces paroles : « si toutefois tu crains Dieu ! » constituent une formule qui se situe dans le cadre de l’encouragement au bien et de l’interdiction du mal, ce qui peut se résumer par : « Abstiens-toi ! » C’est comme si la Sainte Essence nous disait : « N’accomplissez pas cela ! » L’expression : « Si vous êtes croyants ! » apparaît à maintes reprises dans le Coran, elle est à son tour une expression de guidance. Elle signifie : « Si vous êtes croyants, agissez à la hauteur de votre foi. » Ainsi, Maryam (as) montre ici également l’exemple à l’ange : « Si tu es pieux, ne fais pas cela, je suis fermée à cela, toi aussi sois fermé ! » Cette formulation n’est-elle pas plus subtile que celle qui concerne Yûsuf (as) ? Au sujet de Yûsuf (as), la Sainte Essence divine dit : « S’il n’avait pas vu le signe de son Seigneur, il se serait avancé vers le péché, mais comme il a vu le signe de son Seigneur, il n’en a rien fait. » Au sujet de Maryam (as), non seulement il n’y a aucune intention de sa part, mais elle interdit de surcroît à l’ange qui lui est apparu d’en avoir une.

 

Estimation du degré de Maryam (as) selon les exégètes

 

Le noble Coran rapporte à propos de l’éducation de Maryam (as) qu’à chaque fois que son Excellence Zakariyyâ (as) se rend auprès d’elle, il observe qu’à ses côtés se trouve une nourriture spéciale. De même, les anges parlent à Maryam (as) et entendent ce qu’elle leur dit, ils conversent et s’observent simultanément. En effet, Maryam (as) les voit tandis qu’ils prennent place dans sa perspective. Telles sont les hautes élocutions énoncées par le Coran au sujet de Maryam (as). S’agissant d’expliquer cette partie de la vie de son Excellence Maryam (as), un groupe de Mutazilites comme Zamakhsharî – dans le Kashâf – se livre à l’excès, pensant que cette femme ne peut avoir atteint ce degré, jouir de ce pouvoir surnaturel, entendre les paroles des anges, recevoir d’eux la nouvelle qu’elle a été choisie ainsi que l’annonce qu’elle va être la mère du prophète. C’est pourquoi ils disent que toutes ces qualités attribuées à Maryam (as) sont en réalité soit des prodiges appartenant à Zakariyyâ (as), soit la préfiguration des prodiges de ‘Isâ[6] (as). Un autre groupe d’exégètes, dont Qurtubî – un savant sunnite célèbre – et ses pairs, ont également donné dans l’excès : ils croient que Maryam (as) possède le titre de prophète, car de nombreux anges descendent auprès d’elle et l’informent au sujet de la révélation, et parce que c’est par la voie de l’inspiration qu’ils lui apprennent qu’elle est pure et choisie, qu’ils lui font don de la nouvelle qu’elle enfantera d’un prophète etc. Aussi, comme Maryam (as) reçoit la révélation des anges, qu’ils descendent auprès d’elle et que leurs échanges se situent au niveau de la conversation de visu, elle est donc un prophète. Ceci vient du fait qu’ils pensent que toute personne auprès de laquelle les anges descendent pour apporter la révélation, et que cette personne voit, est un prophète. Cependant, les savants imâmites qui marchent sur la voie de la justice penchent pour la croyance que l’ensemble de ces degrés et de ces prodiges relèvent de Maryam (as) elle-même, c'est-à-dire qu’il s’agit de qualités caractérisées et non dépendantes, et que pour cette raison, on ne peut les associer aux miracles de Zakariyyâ (as). D’autre part, Maryam (as) n’a pas atteint le degré de la prophétie légale. Ces deux points sont justifiés par ce qui ressort de l’analyse des versets coraniques.

Le premier point disant que tous ces prodiges reviennent à Maryam (as) elle-même, est justifié par ce que dit le Coran. Effectivement, si les anges lui parlent, ce n’est pas uniquement par le biais d’un héraut céleste, d’un ange messager invisible, ils apparaissent devant elle. Les versets du Coran disent que Maryam (as) atteint seule à ce degré, et c’est d’ailleurs à la vue de ce degré chez Maryam (as) que Zakariyyâ (as) est amené à demander un fils à Dieu le Glorifié. Voilà pourquoi le Coran cite Maryam (as) en tant que seddiqa / صديقه / Amie de Dieu, et dit : « Sa mère était parfaitement juste. » (sourate Al-Mâ’ida (La table servie) ; 5 : 75). C'est-à-dire que ‘Isâ (as) a une mère qui fait l’attestation des paroles occultes. Non seulement elle est juste, mais elle compte au nombre des justes, or, le fait qu’elle soit juste, ce qui est entériné par la Sainte Essence Elle-même, montre bien que toutes ces qualités lui appartiennent en propre. Concernant le deuxième point, l’avis émis de la pensée des excessifs provient d’une comparaison logique dans laquelle la modération n’intervient pas et/ou dont les généralités sont en majorité douteuses. Or, comme la comparaison ne possède pas les prérequis d’une déduction logique, ils ont de ce point de vue produit une théorie sophiste. Voici comment cette théorie est exposée : Qurtubî explique dans son commentaire du Coran : « La révélation est descendue sur Maryam (as), les anges sont descendus auprès d’elle, ils se sont adressés à elle et non seulement cette conversation était audible, mais elle se faisait de surcroît de visu. Or, celui sur lequel descend la révélation et entend les paroles des anges est un prophète, aussi, Maryam (as) est un prophète. »

La première étape de cette comparaison est juste. C'est-à-dire que Maryam (as) converse avec les anges, elle les entend et elle les voit simultanément. Cependant, la deuxième étape qui exprime que celui qui voit les anges et perçoit la révélation est un prophète, reste incomplète, car le prophète est celui qui a non seulement un lien avec les anges pour ce qui relève de la clairvoyance et de la connaissance, mais qui perçoit en sus la révélation à des fins légales. Il reçoit la loi de la part des anges. Il prend en charge la responsabilité de guider la communauté, il apprend les décrets divins et les transmet aux gens. Tandis que Maryam (as) ne présente aucune de ces caractéristiques. De ce fait, leur théorie sophiste est erronée.

 

Le degré de son Excellence Maryam (as) selon la religion catholique

 

Beaucoup de gens se demandent : « Les catholiques vouent-ils un culte à son Excellence Maryam (as) ? » C’est une question qui se pose absolument, car les états et le comportement de certains catholiques sont d’une nature à confirmer une telle affirmation. Pour éclairer le sujet, il faut dire tout d’abord que la réponse à cette question est négative. Les catholiques n’adorent pas son Excellence Maryam (as), parce qu’elle est humaine elle aussi. Son Excellence Maryam (as) est seulement l’objet d’une vénération. Cela dit, si certains catholiques, par ignorance, éprouvent pour elle un sentiment qui tient de l’adoration, cela n’a rien à voir avec les croyances officielles de l’Eglise catholique. Les catholiques, les orthodoxes également, ainsi que les autres églises historiques et traditionnelles (comme l’Église grégorienne arménienne et l’Église d’Orient – nestorienne, assyrienne, chaldéenne) vénèrent Maryam (as). L’une des invocations officielles et obligatoire dans ces Églises-là[7] s’adresse à son Excellence Maryam (as), il s’agit de l’invocation suivante :

 

 Je vous salue, Marie pleine de grâce ;

 Le Seigneur est avec vous.

 Vous êtes bénie entre toutes les femmes

 Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.

 Sainte Marie, Mère de Dieu,

 Priez pour nous, pauvres pécheurs,

 Maintenant, et à l'heure de notre mort.

 Amen.

 

Cette invocation est connue, en latin, sous le nom d’Ave Maria, c'est-à-dire : « Que le salut soit sur toi ô Maryam ! »

 

Le degré de son Excellence Maryam (as) selon les Evangiles

 

La vénération de son Excellence Maryam (as) trouve son origine dans les Evangiles. On peut lire la référence la plus importante à son Excellence Maryam (as) dans l’Evangile selon Luc[8]. L’archange Gabriel[9] (as), l’Ange de Dieu, apparaît à Maryam (as) pour lui annoncer la nouvelle de sa grossesse. Voyez avec quel respect l’Ange vient la voir de la part de Dieu : « Le salut soit sur toi, pleine de grâce… Ô Maryam (as), n’aie pas peur ! Dieu répand Ses grâces sur toi. Tu es enceinte, tu vas mettre au monde un fils que tu devras appeler Jésus (as). Il va grandir et sera appelé ‘fils de Dieu le Très-Haut’… » Répondant à l’honneur qui lui est fait, Maryam (as) dit à l’Ange : « Je suis la servante du Seigneur. Ainsi soit-il. » (Luc ; 1 : 28 à 38). Ensuite, Maryam (as) rend visite à Elisabeth, l’une de ses proches qui est elle-même enceinte de Jean le baptiste (as)[10]. Voyant Maryam (as), Elisabeth se trouve emplie de l’Esprit saint. Elle l’accueille par des salutations et des compliments : « Tu es bienheureuse parmi les femmes et le fruit de tes entrailles est bienheureux ! Qui suis-je pour que la mère de mon Seigneur vienne auprès de moi ? Lorsque j’ai entendu ton salut, l’enfant que je porte a tressailli de joie et s’est mis debout… » (Luc ; 1 : 42 à 45). A ce moment-là, Maryam (as), inspirée par l’Esprit saint, dit : « Mon âme exalte le Seigneur, et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur, parce qu'Il a étendu le regard sur la bassesse de sa servante. Car voici, désormais, que toutes les générations me diront bienheureuse. » (Luc ; 1 : 46 à 48). De telles salutations et de telles félicitations n’ont jamais été adressées à aucun homme de Dieu ni à aucune femme de Dieu dans le Livre saint, pas même à Moïse[11] (as), ni même à Paul de Tarse. Selon ce que dit l’Ange, elle fait beaucoup l’objet de la grâce de Dieu. Elle veut accepter ce qui lui vient de son Seigneur sans condition, même si cela doit à terme lui coûter très cher. L’Église vénère Maryam (as) dès ce commencement, par ce qu’elle se soumet purement et simplement à l’ordre de Dieu. L’Église fait d’elle l’emblème de la soumission et de l’obéissance. Elle est pour les chrétiens le plus illustre exemple de soumission à Dieu. Elle est digne du fait que « toutes les générations » la diront bienheureuse et suivront son exemple, faisant d’elle leur modèle.

 

Dans l’intervalle, nous voyons quelles félicitations Elisabeth, inspirée par l’Esprit saint, lui adresse. Elle la dit bienheureuse et ne se sent pas digne de recevoir sa visite. Ensuite, nous voyons que Maryam (as), dans un hymne à l’accent prophétique, déclare que « toutes les générations » la diront bienheureuse. C’est pourquoi, selon ce que témoignent les écrits des premiers Pères de l’Église, la vénération de Maryam (as) débute dès ce moment-là, car ils considèrent que « toutes les générations doivent la dire bienheureuse ». Pour cette raison, l’invocation appelée le Je vous salue Marie est très ancienne. Si vous y prêtez attention, vous verrez que la première partie de cette invocation est entièrement fondée sur les versets de l’Evangile selon Luc. Dans la seconde partie, nous retrouvons essentiellement la demande d’intercession adressée à son Excellence Maryam (as). Après la naissance de notre maître Jésus (as), lorsque ses parents le présentent au temple afin d’accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, un vieil homme du nom de Siméon[12], guidé et inspiré par l’Esprit saint, atteste que cet enfant est bien le Messie attendu. Alors, il le bénit puis dit à Maryam (as) : « et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! Afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. » (Luc ; 2 : 35). Ainsi, nous voyons que Siméon, animé d’un état prophétique, annonce la passion du Christ[13] (as), et d’une certaine manière y associe Maryam (as). C’est pourquoi l’Église atteste depuis très longtemps le rôle de Maryam (as) au sein du programme du salut divin, et lui témoigne tant de respect. Dans l’Evangile selon Jean[14] (as), nous pouvons également lire que son Excellence Maryam (as) fait partie du petit nombre de gens qui se tiennent au pied de la croix de son fils (as). Notre maître Jésus (as), qui voit sa mère dorénavant seule, la confie à son disciple bien-aimé, Jean, et lui dit qu’elle sera désormais sa propre mère et lui son propre fils. De cette façon, Jésus (as) confie à sa mère celui qui est l’allégorie de l’Église. C’est pour cette raison que l’Église appelle depuis très longtemps Maryam (as) « la mère de l’Église ». Son Excellence Luc rappelle également ce fait lorsqu’il dit que Maryam (as), parmi les cent vingt individus qui, entre le moment de l’ascension du Christ (as) au ciel et la descente de l’Esprit saint le jour de la Pentecôte, accompagnée par ses apôtres et ses proches disciples, participe à l’invocation et à l’adoration et soutient ainsi l’Église de son fils. Il est très important de souligner que ce fait a lieu à une époque où l’on n’accorde aux femmes aucun rôle ni valeur sociale. Citer le nom d’une femme parmi ceux des Apôtres témoigne de la grande valeur de cette femme bienheureuse. D’une manière générale, il ne faut pas oublier qu’à cette époque, l’homme n’adresse même pas la parole à son épouse, alors que Jésus (as) accepte des femmes comme disciples et stipule qu’elles comptent parmi ses intimes.

 

Une croyance très ancienne

 

Comme nous venons de le rappeler, la vénération de Maryam (as) n’est pas liée à l’Église catholique mais remonte aux jours les plus anciens de l’histoire de l’Église. Ainsi, comme en témoigne l’histoire, les chrétiens la nomment « mère de Dieu ». Non pas dans le sens que Dieu ait une mère, mais en celui que Maryam (as) soit la mère du Christ (as), le « Verbe de Dieu ». Ainsi, là où Jésus (as) est le « Verbe de Dieu », Maryam (as) est donc la « mère de Dieu ». De même, selon ce qu’atteste l’histoire, les premiers chrétiens demandent l’intercession pour les martyrs chrétiens, en particulier pour Etienne, le premier martyr chrétien. Bien que cela n’apparaisse pas dans le Nouveau Testament, cette coutume est transmise des juifs aux chrétiens, pour devenir une affaire entendue. Naturellement, son Excellence Maryam (as) dispose à ce sujet d’une place toute particulière. Qui mieux qu’elle peut intercéder en notre faveur auprès de Dieu ? On peut se demander de quelle manière une personne décédée peut intercéder en notre faveur. Pour répondre, il faut dire que l’Église, selon la profession de foi des Apôtres, a toujours cru en la « participation des saints ». Il est ici question du fait que l’ensemble des chrétiens, qu’il s’agisse de ceux qui sont dans un corps en vie ou de ceux qui ont quitté le leur, tous prennent place dans cette « association », ce lien. (Epîtres aux Hébreux ; 12 : 22). Ainsi, il n’est pas étonnant que les chrétiens demandent continuellement l’intercession de l’esprit des saints, en particulier à celui de son Excellence Maryam (as), la mère de Dieu. Cependant, il ne faut pas oublier que cette vénération envers son Excellence Maryam (as) n’est pas due à sa personne. Elle provient du fait que Dieu l’a choisie entre toutes les femmes (Luc ; 1 : 42) afin de porter son fils sanctifié (as). Dès lors qu’elle se trouve enceinte, Dieu purifie cette femme du péché originel d’Âdam (as) et Êve (as) (d’où l’immaculée conception de son Excellence Maryam (as)), afin qu’elle soit bénie et digne de porter en elle le « fils de Dieu ». Un tel honneur n’a été accordé à personne au cours de l’histoire.[15] C’est pour cela que l’Ange, comme Elisabeth, manifeste envers elle une telle déférence et que l’Église a toujours perpétué cette vénération.



[1] Marie (as). Traduit du persan. (Les notes sont du traducteur et les traductions des passages du Coran de Denise Masson).

[2] Joseph (as).

[3] Attention, ne pas confondre Yûsuf (as), fils de Ya‛qûb (a), éprouvé à la cour d’Egypte par Zulaykha, avec Joseph, l’homme qui épouse Marie selon la Bible. D’une part, la tradition musulmane ne marie pas Maryam (as), et d’autre part, il ne s’agit pas du tout de la même époque. Yûsuf (as) le prophète vit en Egypte avant même la captivité, tandis que Maryam (as) fille de ‘Imrân et mère de ‘Isâ (as) vit bien à la période qui suit la captivité, en Judée.

[4] Zulaykha.

[5] Satan.

[6] Jésus (as).

[7] Il est utile de souligner de nouveau que ce n'est pas l'unique invocation existant, et donc qu'il ne faut pas opérer de généralisations sur cette base. De façon générale, il est souvent dommage de constater que parfois, les auteurs musulmans discourent sur le christianisme sur la base d'approximations… Il semble que trop de savants musulmans traitant du christianisme se réfèrent à d’autres musulmans traitant du christianisme… Et bien que le « compliment » soit largement réciproque (trop de savants chrétiens font de même lorsqu’il s’agit de l’islam, à commencer par Benoît XVI…), il serait élégant que les musulmans montrent l’exemple… Il est d’ailleurs possible de prendre exemple sur de nombreux savants juifs qui produisent des études très pointues sur l’islam comme sur le christianisme… Il est à remarquer enfin, que le petit nombre fait généralement plus attention, car s’il ne peut compter sur la quantité, il peut s’appuyer sur la qualité…

[8] Luqâ.

[9] Jabra’îl (as).

[10] Yahyâ (as).

[11] Mûsâ (as).

[12] Sham‛ûn (as).

[13] Le mot Christ, du grec christos signifie strictement la même chose que le mot masîh en arabe ou mashiah en hébreu, c'est-à-dire « oint », celui qui a reçu l’onction, et qui est par conséquent initié. Rien à voir donc avec la croix, comme l’imaginent beaucoup.

[14] Yûhannâ (as).

[15] C’est peut-être vrai si l’on se réfère à l’histoire sainte et canonique seule… Cependant, il est attesté qu’il existait déjà au moins un culte à la vierge bien antérieur au christianisme, chez les Celtes notamment, récupéré et intégré par l’Église, dont les vierges noires constituent un relief patent. En elles subsisteraient des cultes anciens voués à la déesse de la fertilité et à la déesse-mère…

 

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