La biographie et les enseignements de son Excellence ‘Isâ (as) (1)

L’enfance

 

Il paraît étrange de dater la naissance de ‘Isâ[1] (as) un, deux, voire quatre ans avant celle de Jésus-Christ – à ce moment, Herodius[2] le grand est assis sur le trône des rois juifs –, pourtant, cette réalité repose sur plusieurs indices. Parmi eux figure ce que nous rapporte Lûqâ (Luc) dans son Evangile. Il nous dit qu’en effet ‘Isâ (as) naît la onzième année du règne de Tibérius[3], le César du moment. Ceci nous contraint de faire reculer la vraie date de naissance du Christ de plusieurs années. Selon le texte de l’Evangile de Mattâ (Matthieu) et de l’Evangile de Lûqâ, il naît à Bayt Lam[4], au sud d’Ûrshalîm[5], au cours d’un voyage y ayant conduit de manière temporaire Yûsuf[6] et Maryam[7] (as). Seul Lûqâ dit qu’ils sont venus dans cette localité pour participer au recensement local. Les auteurs des quatre Evangiles[8] nous informent que la patrie de cette famille est Nâsara[9], dans la région du Jalîl[10], et que c’est là que Yûsuf s’emploie à la menuiserie, et que ‘Isâ (as) passe trente ans de sa vie, à l’exception de quelques semaines. Il n’existe pas d’informations directes à propos de l’enfance et de la jeunesse de ‘Isâ (as). Les sujets insérés dans les Evangiles nous mènent à croire que sa famille se situe dans la classe moyenne, et qu’il s’agit d’une famille très croyante et religieuse. ‘Isâ (as), comme les siens, se rend régulièrement à la synagogue afin d’accomplir les célébrations liées à l’adoration. De grands passages de la Thora et des Livres des prophètes (as) ont été ôtés. Il est possible qu’il se rende à l’école annexe à la synagogue afin d’acquérir des connaissances et qu’en fin de compte, il acquiert une grande quantité d’informations à propos des traditions et des Livres des prophètes (as). C’est pourquoi il n’accorde pas tant de confiance et de crédit à ce que les auteurs et les Pharisiens enseignent de manière sèche et superficielle. Il exerce lui aussi le métier de menuisier et manifeste continuellement une sympathie particulière pour la classe moyenne des artisans, de ceux qui possèdent un métier. Il ressort du texte des Evangiles que cette famille est composée de nombreuses personnes. D’autres enfants vivent avec ‘Isâ (as) dans la même maison : quatre garçons nommés Ya‛qûb[11], Yûsuf[12], Sham‛ûn[13] et Yehûdâ, ainsi que quelques filles dont le nombre n’est pas précisé. L’Evangile de Lûqâ (Luc) nous mentionne que l’état d’esprit religieux de ‘Isâ (as) se manifeste dès sa plus tendre enfance, ce qui est attesté par de nombreux points. Dans cet Evangile, il est notamment rapporté qu’il se rend au temple alors qu’il n’est encore qu’un enfant. Parmi les détails donnés, on trouve dans le récit relatant le début de sa vie, que Isâ (as) présente un goût particulier pour les questions religieuses, et que son esprit est tellement empreint de la foi en Dieu qu’il ne s’arrête jamais sur la médisance que l’on tient à son propos, ni sur le degré d’inquiétude que les gens et les amis ressentent pour lui. L’époque de l’adolescence de ‘Isâ (as), celle qui se situe autour de ses dix-huit ans, est communément appelée « les années silencieuses », car nous ne savons rien de ce qu’il a fait ou vécu au cours de ces années-là. Et comme cette époque ne fait plus référence à Yûsuf, on peut probablement en déduire qu’il a quitté ce monde, et que ‘Isâ (as), en tant qu’aîné des enfants de la famille, s’occupe à son métier de menuisier aidé par ses frères. Attardons-nous ici sur un point digne d’intérêt : parmi les différentes conjectures émises par les savants modernes se trouve qu’au début de cette période Isâ (as) se serait rendu dans la ville de Saffûriyya[14], située à quatre miles au nord de Nâsara, en tant que maître menuisier, car à l’époque de la révolte de la secte des Zélotes, soit en l’an VI avant Jésus-Christ, cette ville fut la proie d’un incendie à la suite duquel Herodius Antipas fit rebâtir la ville à neuf. Si cette conjecture est juste, cela implique que ‘Isâ (as) a participé à la reconstruction de cette ville dans le style grec et a ainsi acquis une grande expérience. Il existe cependant des indices et des références plus fiables qui nous indiquent que, durant cette période, ‘Isâ (as) s’emploie en tant que maître menuisier à réaliser des travaux de menuiserie dans les maisons du secteur de la montagne de Jalîl, et se consacre en particulier aux outils et instruments agricoles comme la charrue, le joug, la charrette dont se servent les paysans des alentours de Nâsara.

 

Le baptême et l’épreuve

 

A l’approche de ses trente ans, ‘Isâ (as), fait l’expérience d’un des événements les plus intenses de sa vie. Il s’agit de son baptême par Yahyâ[15] (as). Pour lui se produit cette même révélation spirituelle dont ont fait l’expérience les prophètes antérieurs, tels ‘Âmûs[16] (as), Ish‛aya[17] (as) et Ermiya[18] (as). Cet événement met un terme à la vie paisible et muette qui est la sienne jusqu’alors à Nâsara et bouleverse complètement le cours de son existence. Yahyâ (as) fait son apparition soudaine sur la rive de la rivière Urdun[19] et, déclarant son message, il prévient les gens : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. » Il revient du fin fond des déserts d’Urdun[20] où il a demeuré un certain temps afin de réfléchir et de méditer à propos d’une chose qui à cette époque est de la plus haute importance. Dans l’Evangile selon Mattâ, il est dit : « Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. » (Evangile selon Matthieu ; 3 : 4). On apprend ici qu’il vit comme un ascète, en rupture. Bien entendu, l’éloignement et la solitude, l’isolement vis-à-vis des sentiments et des pensées l’ont stimulé et lui ont donné la certitude que la fin des temps est venue, que l’apparition du Masîah[21] qui doit étendre son jugement sur le monde, ainsi que le jour du jugement, qui est le jour de ceux qui se repentent et de ceux qui se lamentent, sont proches. Il est si certain en son for intérieur de l’arrivée imminente de ce jour qu’au cours d’une analogie extrême, il dit : « Déjà la cognée est mise à la racine des arbres : tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. » (Evangile selon Matthieu ; 3 : 10). Il fait une autre comparaison à partir de la moisson du blé : « Il a son van à la main ; il nettoiera son aire, et il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint point. » (Evangile selon Matthieu ; 3 : 12). Apparemment, Yahyâ (as) n’est pas le seul à avoir cette croyance. La secte des Esséniens a tout autant la certitude que la fin des temps est proche. Yahyâ (as) ne se range toutefois pas à leur suite mais adopte une autre méthode. Il sent qu’il a une responsabilité sociale et ceci l’empêche de demeurer comme eux dans la réclusion et l’attente. C’est pourquoi il quitte le désert. Durant un temps, il se lance avec toute son ardeur dans la prédication, la guidance, afin que ceux de son peuple qui ignorent soient avertis. Il réussit à attirer à lui une petite communauté de gens venus des environs de la Palestine pour écouter sa parole. Ces auditeurs, écoutant le prêche de ces états spirituels, se tournent vers la repentance et l’affliction. Yahyâ (as) emmène alors tous les repentants au bord de la rivière Urdun et leur prodigue dans son eau la grande ablution rituelle / ghusl / غسل. Par l’eau extérieure, il lave les impuretés intérieures issues des péchés. C’est ainsi qu’il porte le surnom de « Baptiste » car il donne le baptême. Yahyâ (as) n’accomplit pas cet acte à titre de cérémonie ou de rite extérieur. Au contraire, il enseigne dans le même temps une série de principes moraux élevés et guide ceux qu’il baptise afin qu’ils se hâtent et qu’avant l’apparition du Messie, ils fassent de la voie de la justice leur profession, tant individuellement que collectivement. « La foule l'interrogeait : ‘Que devons-nous donc faire ?’ Il leur répondit : ‘Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n'en a point, et que celui qui a de quoi manger agisse de même.’ Il vint aussi des publicains pour être baptisés, et ils lui dirent : ‘Maître, que devons-nous faire ?’ Il leur répondit : ‘N'exigez rien au-delà de ce qui vous a été ordonné.’ » (Evangile selon Luc ; 3 : 10 à 13). « Des soldats aussi lui demandèrent : ‘Et nous, que devons-nous faire ?’ Il leur répondit : ‘Ne commettez ni extorsion ni fraude envers personne, et contentez-vous de votre solde.’ » (Evangile selon Luc ; 3 : 14).

Son action le mène en fin de compte à condamner Herodius Antipas, le roi du Jalîl et à le blâmer pour avoir épousé de façon illicite la femme de son frère. Cela a pour effet d’attiser le feu de la colère de ce souverain ardent, qui le jette en prison où il le fait assassiner[22]. Après la mort de Yahyâ (as), de nombreux disciples fidèles et sincères demeurent en place, suivant les enseignements et la voie montrés, si bien que trente années plus tard, l’apôtre Paul[23] découvrira un cercle de ses compagnons dans la ville d’Afsûs[24]. Il n’est donc pas surprenant que ‘Isâ (as) soit attiré par les enseignements de Yahyâ (as). Dans le premier chapitre de l’Evangile de Marqus (Marc), ce récit est présenté de façon abrégée mais particulièrement claire. Voici ce que nous y lisons : « En ce temps-là, Jésus vint de Nazareth en Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. Au moment où il sortait de l'eau, il vit les cieux s'ouvrir, et l'Esprit descendre sur lui comme une colombe. Et une voix fit entendre des cieux ces paroles : ‘Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j'ai mis toute mon affection.’ » (Evangile selon Marc ; 1 : 9 à 11).

Le récit de ce qui arrive à ‘Isâ (as) influe sur la conscience profonde et suscite l’approbation. Lorsqu’il a douze ans, tous ceux qui le connaissent témoignent qu’il dispose d’un goût plus prononcé que la moyenne pour les questions spirituelles. Son intelligence, sa gaieté, sa sensibilité et l’effet sur la société que provoque son for intérieur si prompt le disposent à assumer sa vie durant la tâche inhérente à la prophétie. Aussi, c’est lors de son baptême qu’il se trouve missionné de la manière la plus claire, et ce dans le but d’accomplir ce devoir divin. Suite à cette révélation, il se rend dans le désert qui s’étend au-delà de l’Urdun / le Jourdain, et là, il médite à propos des événements de sa vie et du devoir qui se trouvera à sa charge dans l’avenir. Dans la tradition chrétienne, cette période de réflexion et de contemplation est appelée « quarantaine ». Dans leur Evangile, Mattâ et Lûqâ rapportent qu’au cours de cette retraite, Shaytân s’efforce à grand peine de l’abuser. Cette corruption satanique prend trois formes et se manifeste sous des jours différents dans le monde imaginal comme lors de manifestations se produisant dans la vie réelle, dans le sens où ‘Isâ (as) aurait dû se mettre à chercher de la nourriture, à réclamer du pain, ou accomplir des actes destinés à s’attirer l’attention des créatures. Ou même il aurait fallu qu’il soumette à l’examen le souvenir de Dieu le Très-Haut et obtienne un haut rang, la beauté, des biens, de la richesse, une dignité et une autorité politiques, de sorte à pouvoir sauver le peuple d’Israël des malheurs de l’époque. L’ensemble de ses formes différentes, toutes issues de Shaytân[25], se manifestent dans sa poitrine sous l’aspect du doute, mais Shaytân ne parvient pas à le tromper.

En ce qui concerne l’époque de sa vie sur terre, ‘Isâ (as) choisit une voie et une méthode qui s’opposent radicalement à la manière d’agir et au chemin emprunté par les chefs de la communauté juive. Il juge léger la petite secte des Zélotes, car il voit combien cette voie est vaine et constitue en l’état un danger pour le peuple. C’est d’ailleurs ce qu’il dira par la suite : « Qui vit par l’épée périra par l’épée. » La plupart des juifs partagent son idée à ce propos et de grandes assemblées à Nâsara et à Saffûriyya observent avec grande tristesse de quelle manière la révolte de la secte des Qânî[26] ne cause que leur mort et leur destruction. De même, ‘Isâ (as) se détourne de la secte et de la voie des Pharisiens, s’opposant vigoureusement à eux. Sur la base des déclarations qui lui sont prêtées au chapitre 23 de l’Evangile selon Mattâ, ‘Isâ (a) fait d’eux l’objet de son blâme : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous payez la dîme de la menthe, de l'aneth et du cumin, et que vous laissez ce qui est plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité : c'est là ce qu'il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses. » (Evangile selon Matthieu ; 23 : 23). Bien qu’il ait moins de contact avec les Sadducéens, ‘Isâ (as) s’oppose cependant à eux également, qui partagent la même croyance que les Pharisiens. Par ailleurs, il ne parvient pas à se soumettre à la secte des Esséniens, car à l’instar de Yahyâ (as), il est très sensible à la nécessité de satisfaire son devoir à l’égard de la société et ne peut se satisfaire, comme les Esséniens, de demeurer dans un coin et de pratiquer la retraite, l’isolement, et de rester incognito. On ne peut en vérité considérer ‘Isâ (as) comme un ascète, car il passe continuellement son temps avec le commun des gens simples qui se sont soulevés au sein de leur propre classe. Il est présent lors des cérémonies de mariage et lors des réceptions, si bien que les Pharisiens lui en tiennent rigueur et vont crier de toutes parts que ‘Isâ (as) s’assied et se lève aux côtés des bandits et des sans religion, qu’il ne met pas en œuvre les règles de la loi de Mûsâ (as) à propos du manger et du boire, alors même que Yahyâ le Baptiste (as) respecte la coutume du jeûne. Cependant, ‘Isâ (as) dit que le jeûne est un acte que l’être humain doit accomplir dans son cœur, et qu’il ne s’agit pas de jeûner par habitude ou conformément à un protocole, une civilité particulière. Non seulement sa voie diffère de celle de Yahyâ (as) à ce sujet, mais il n’hésite pas à laisser, en toute liberté, son atelier de charpentier pour aller se mêler aux paysans, aux villageois et à la classe des nécessiteux. Il converse avec eux au sujet des questions quotidiennes et ne considère pas comme Yahyâ (as) que le monde soit parvenu à son terme. En sus, Yahyâ (as) est davantage un prêcheur qui invite les gens à venir auprès de lui et à écouter ses paroles, alors que ‘Isâ (as), à l’inverse, se rend auprès des gens et s’adresse à eux individuellement. Il les conseille là où il les trouve.

 

(à suivre…)



[1] Jésus (as). (Traduit du persan. Les notes sont du traducteur et les traductions des passages du Coran de Denise Masson).

[2] Hérode.

[3] Tibère.

[4] Bethléem.

[5] Jérusalem.

[6] Joseph (le charpentier).

[7] Marie (as).

[8] Dans le Coran et dans les écrits musulmans, l’Evangile est toujours au singulier. Ce terme désigne en réalité ce que l’on pourrait appeler la Sunna de ‘Isâ (as) qui se compose du récit de sa vie, de ses actes et de ses dires. L’Eglise catholique et romaine parle quant à elle des Evangiles au nombre de quatre. Il s’agit des Evangiles canoniques, soit quatre textes sélectionnés parmi des dizaines de textes évangéliques, les autres, dits apocryphes étant définitivement exclus et disqualifiés. Aussi, la notion d’Evangile, dans une perspective plus large, peut englober l’ensemble de ces textes, et chercher à les unifier. Ce qui ne gêne pas les musulmans au demeurant, ayant le Coran pour servir de critère, selon cette règle simple qui dit que l’ « on garde ce qui s’accorde au Coran et que l’on rejette ce qui le contredit ». C’est cette même règle qui s’applique pour les hadiths. Les dizaines d’évangiles apocryphes forment en réalité le corpus des hadiths christiques…

[9] Nazareth.

[10] Galilée : nom donné à la chaîne de montagnes située au nord de la Palestine, du côté de Homs, dans une vallée où se situe Nazareth.

[11] Jacob.

[12] Joseph.

[13] Simon.

[14] Sepphoris / Tsipori. La ville a été rayée de la carte en 1948 par l’armée israélienne, et la colline sur laquelle elle était établie a été transformée en pinède. Il n’en subsiste aujourd’hui que quelques maisons.

[15] Jean le Baptiste (as).

[16] Amos (as).

[17] Isaïe (as).

[18] Jérémie (as).

[19] Le Jourdain.

[20] Aujourd’hui la Jordanie.

[21] Messie.

[22] C’est l’histoire de Salomé, magnifiquement représentée dans plusieurs toiles de Gustave Moreau.

[23] Il est à noter que lorsque l’on regarde le rôle joué par Paul dans l’élaboration et le choix des croyances du christianisme, et notamment la façon dont fut écarté Jacques (as), aussi appelé le « Frère du Seigneur », on peut se permettre de parler de paulinisme et non de christianisme ! Paul est à Jésus ce qu’Omar est au Prophète (s) : un réformateur probablement bien intentionné mais ignorant et agissant sans mandat légal…

[24] Ephèse.

[25] Satan.

[26] Les Sicaires / Zélotes.

 

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