La vie de son Excellence Maryam (as) avant la naissance de son Excellence le Masîh (as) selon le Coran (2)

 

La tutelle de Maryam (as)

 

L’histoire[1] relate que le père de Maryam[2] (as), Imrân (as), ferme les yeux sur ce monde avant sa naissance, et que sa mère l’apporte à sa naissance à la Maison sacrée[3] pour la présenter aux savants et théologiens juifs[4]. Elle leur tient alors ce discours : « Cet enfant est un don offert à la Maison sacrée, que l’un d’entre vous assume sa tutelle, car les traces de la majesté sont présents sur son visage, et elle est née au sein d’une famille convenable. » Quelques savants se disputent sa prise en charge, car chacun d’eux, qui sont des oulémas parmi les Banî Isrâ’il[5], désire que lui revienne l’honneur d’assumer la tutelle de Maryam (as). Ils optent finalement pour le tirage au sort, qui désigne Zakariyyâ[6] (as) : « et Il la confia à Zacharie. » (sourate Âl-i ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 35). Le verset suivant : « Ceci fait partie des récits concernant le mystère que Nous te révélons. Tu n’étais pas parmi eux lorsqu’ils jetaient leurs roseaux pour savoir qui d’entre eux se chargerait de Marie. Tu n’étais pas non plus parmi eux lorsqu’ils se disputaient. » (sourate Âl-i ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 44) dévoile un autre aspect de l’histoire de Maryam (as). En effet, celui-ci nous indique : « Ce que Nous te rapportons à propos de la biographie de Maryam (as) et de Zakariyyâ (as) sont des nouvelles de l’inconnaissable que Nous te révélons. Car ces détails, sous cette forme (c'est-à-dire authentiques et dénués de toute forme d’altération), ne sont décrits dans aucun des Livres antérieurs, ils sont absents et leur seule chaîne de transmission est le Livre céleste, le Coran. »

Voici comment se déroule le tirage au sort. Les prétendants à la tutelle de Maryam (as) se réunissent au bord d’un cours d’eau, chacun ayant apporté son calame ou un morceau de bois devant servir à l’opération, et sur lequel est écrit son nom. Les calames sont jetés à l’eau. Ceux qui coulent ne sont pas choisis. Le seul calame qui demeure à la surface de l’eau porte le nom de Zakariyyâ (as). Aussi, la tutelle de Maryam (as) lui revient. En vérité, il est bien celui qui en est le plus digne, car en plus de posséder la dignité de prophète, il est le mari de la tante de Maryam (as).

 

Le tirage au sort est l’ultime voie permettant de régler le différent

 

A partir de ce verset accompagné des versets de la sourate Al-Sâfât (Les rangés, sourate 37) révélés à propos de Yûnus[7] (as), on peut déduire que pour régler un problème et/ou en cas de querelle et de dispute, lorsque les choses se retrouvent dans une voie sans issue et qu’il n’existe aucun moyen de mettre un terme à la querelle, il est possible de recourir au tirage au sort. Ces mêmes versets, joints aux hadiths des Imâms (as) de l’islam, font que la méthode du tirage au sort est dès lors considérée comme une méthode légale issue du Livre de l’islam, et se trouve soumise à la discussion. Cependant, comme cela vient d’être dit, le tirage au sort est l’ultime recours. Par conséquent, dès lors qu’il existe une autre manière de régler l’affaire, on ne peut recourir au tirage au sort. La modalité du tirage au sort ne comporte pas de forme particulière en islam. Il est possible d’utiliser des bâtons aiguisés, des petits cailloux, du papier ou autre chose, à condition qu’aucune collusion ni arrangement ne puisse s’immiscer. Il est évident qu’en islam, il ne saurait être question de tirage au sort permettant de gagner ou de perdre au jeu. Car là, il n’est pas question d’un problème dont la seule solution consiste à recourir au tirage au sort, en effet il s’agit là d’une façon de gagner un revenu illicite. Il est également nécessaire de rappeler que le tirage au sort n’est pas réservé aux querelles et aux différends qui opposent les gens, mais qu’il peut également être utilisé pour débloquer d’autres problèmes insolubles, comme cela apparaît dans les hadiths.

 

Des nourritures célestes à la table de Maryam (as)

 

Plus Maryam (as) grandit, plus les traces de la majesté et de la beauté se font jour en elle. Ceci en arrive à un point tel que le Coran dit à son propos : « Chaque fois que Zacharie allait la voir, dans le Temple[8], il trouvait auprès d’elle la nourriture nécessaire, et lui demandait : ‘Ô Marie ! D’où cela te vient-il ?’ Elle répondait : ‘Cela vient de Dieu : Dieu donne, sans compter, Sa subsistance à qui Il veut.’ » (sourate Âl-i ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 37). Le mihrâb est un lieu spécial, il est réservé à l’imâm du lieu de culte ou à des personnes particulières. Plusieurs conditions sont déterminées pour qu’un lieu puisse s’appeler « mihrâb », et les meilleures sont les trois conditions suivantes : la première est que le mot mihrâb / محراب provient du mot haraba / حرب qui signifie « guerre », ainsi les croyants, en ce lieu, doivent livrer bataille contre Shaytân[9] et contre les désirs rebelles. Ensuite, il se trouve que mihrâb / محراب signifie à l’origine « au-dessus de l’assemblée », et que le mihrâb doit être situé au-dessus du niveau général du lieu de culte pour prendre ce nom. Cela dit, rappelons cependant que le mihrâb, qui était à l’époque celui des Banî Isrâ’îl, diffère de celui que les musulmans connaissent aujourd’hui, car les Banî Isrâ’îl l’établissaient plus haut que le niveau du sol, de telle manière que pour y accéder, on devait monter quelques marches. De plus, ce mihrâb-ci était entouré de murs formant une pièce qui l’isolait des fidèles. Ainsi, ceux qui se tenaient dans le mihrâb jouissaient d’une certaine intimité vis-à-vis de l’extérieur[10]. Troisièmement, le mot mihrâb / محراب s’applique à l’ensemble du lieu de culte qui, dans son intégralité, symbolise le lieu du combat contre les désirs de l’âme et contre Shaytân.

Maryam (as) grandit donc sous la tutelle de Zakariyyâ (as). Elle s’absorbe tellement dans l’adoration et le service divin que selon Ibn ‘Abbâs, lorsqu’elle atteint l’âge de neuf ans, elle jeûne les journées et passe les nuits en adoration. Elle fait tant de progrès en matière d’abstinence et de connaissance de Dieu qu’elle va jusqu’à dépasser les savants vertueux de son époque. Lorsque Zakariyyâ (as) se rend auprès de son mihrâb pour lui rendre visite, il voit tout près de celui-ci des nourritures particulières qui provoquent son étonnement. Un jour il lui demande : « D’où apportes-tu cette nourriture ? » Maryam (as) lui répond : « Elle me vient de la part de Dieu. Il offre à qui Il veut son pain quotidien, sans compte. » Mais de quelle sorte de nourriture s’agit-il et d’où l’apporte-t-on à Maryam (as) ? Ceci n’est pas précisé dans le verset. Cependant, à partir des nombreux hadiths rapportés dans le Tafsîr ‘Ayyâshî et ailleurs dans des ouvrages tant shiites que sunnites, il est possible de comprendre qu’il s’agit d’une variété de fruit paradisiaque qui sur l’ordre de Dieu est déposé auprès du mihrâb de Maryam (as). Aussi, il n’y a pas lieu de s’étonner que Dieu offre une telle chose à sa dévote vertueuse. Le fait que le mot rizqân / رزقا désigne une nourriture paradisiaque peut également être déduit à partir des indices que l’on trouve çà et là dans le verset. Car premièrement, le mot rizqân / رزقا est sur le mode indéfini, ce qui montre qu’il s’agit d’une nourriture spéciale et inconnue de Zakariyyâ (as). Deuxièmement, la réponse de Maryam (as) disant que cela vient de la part de Dieu constitue un autre signe allant dans le même sens. Troisièmement, l’émotion qui touche Zakariyyâ (as) et la prière qu’il adresse à Dieu à propos d’un fils et qui est rapportée dans le verset suivant, peuvent être considérées comme un indice supplémentaire. Cependant, certains exégètes (dont l’auteur d’Al-Manâr) prétendent que le mot rizqân / رزقا désigne une nourriture terrestre ordinaire, parce que Ibn Jarîr rapporte que les Banî Isrâ’îl connaissent une famine et que Zakariyyâ (as) n’est pas en mesure de subvenir aux besoins quotidiens de Maryam (as). Alors ils tirent au sort et le sort tombe sur un charpentier qui a ainsi l’honneur de nourrir Maryam (as) grâce à ce qu’il gagne. Ainsi, lorsque Zakariyyâ (as) se tient auprès du mihrâb de Maryam (as), il s’étonne d’y trouver de la nourriture vu la conjoncture si difficile. Quand Maryam (as) répond à sa question en lui disant : « Cela vient de la part de Dieu », cela signifie que Dieu a fait qu’un homme de foi se plaît à rendre ce service malgré la conjoncture. Dans cette phrase, rizqân / رزقا est écrit sans alif ni lam[11], ce qui indique que la nourriture en question n’est pas ce que les gens consomment ordinairement. Certains précisent même qu’à chaque fois que Zakariyyâ (as) rend visite à Maryam (as), il voit auprès d’elle des fruits d’hiver en été et des fruits d’été en hiver.

De ce qui précède, il est donc confirmé que si la nourriture susmentionnée faisait partie de ce que les gens mangent ordinairement à l’époque, et si elle était de saison, ce n’est pourtant pas pour autant ce qu’induit le nom rizqân / رزقا sans article défini, alors que Zakariyyâ (as) ne voit jamais la pièce de Maryam (as) dénuée de nourriture, bien au contraire, il en trouve systématiquement auprès d’elle. Dans ce cas également, il ne se serait pas contenté de la réponse de Maryam (as). En effet, la réponse de Maryam (as) indique que cette nourriture lui vient de la part de Dieu, mais le fait que la nourriture vienne de Dieu n’est pas propre à la nourriture de Maryam (as) : la nourriture de tout le monde vient de la part de Dieu. Aussi, Zakariyyâ (as) aurait pu l’interroger de nouveau et lui demander : « Cette nourriture qui te vient de la part de Dieu, qui te l’apporte ? » Parce qu’il est possible qu’une personne allant et venant dans le temple la lui apporte, tout en visant par cet intermédiaire un objectif divin ou un but satanique. Cependant, nous voyons bien que Zakariyyâ (as) se satisfait de la réponse de Maryam (as) ; aussi, il est clair que la nourriture susmentionnée n’est pas une nourriture ordinaire.

En sus, l’invocation que Zakariyyâ (as) fait après avoir entendu la réponse de Maryam : « Mon Seigneur ! Accorde-moi, venant de Toi, une excellente descendance. » (sourate Âl-i ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 38), atteste qu’il considère le fait de trouver cette nourriture auprès de Maryam (as) comme un miracle de Dieu, un fait extraordinaire. C’est pourquoi il en déduit qu’il peut également demander à Dieu le Très-Haut, au titre de subsistance, un fils parfait. Par conséquent, il est clair que la nourriture en question est de nature à prouver que Maryam (as) suscite un miracle de Dieu. La phrase qui contient : « Ô Maryam !... », nous donne elle aussi une information à propos de ce qui vient après. Dans ce verset, alors que Dieu dit : « … il trouvait auprès d’elle la nourriture nécessaire, et lui demandait : ‘Ô Marie ! D’où cela te vient-il ?’ … », sans que la lettre waw / و / et, soit utilisée[12] pour jouxter deux séquences, cela indique qu’Il veut ainsi faire comprendre que Zakariyyâ (as) dit toutes ces paroles à Maryam (as) d’un seul tenant, et qu’elle lui donne aussitôt une réponse qui le satisfait, qui lui donne la certitude que ces nourritures correspondent à un miracle que Dieu octroie à Maryam (as). Dès lors, ayant ainsi goûté lui-même au miracle divin, il demande à son Seigneur un fils parfait. Le Tafsîr ‘Ayyâshî rapporte un hadith de l’Imâm al-Bâqer (as) qui dit en substance ceci : « Un jour, le Prophète (s) se rend chez Fâtima al-Zahrâ (as). Cela fait plusieurs jours qu’il n’a pas vu de nourriture chez elle. Mais ce jour-là, il aperçoit auprès d’elle une nourriture abondante et particulière. Il lui demande : ‘D’où vient cette nourriture ?’ Fâtima (as) lui répond : ‘Elle vient de Dieu, car Il offre à qui Il veut le pain quotidien, sans compte.’ Le Prophète (s) dit : ‘Cette affaire est comme l’affaire de Zakariyyâ (as), qui venant auprès du mihrâb de Maryam (as) y avait vu une nourriture particulière et lui avait alors demandé : Ô Maryam ! D’où vient cette nourriture ? Elle lui avait répondu qu’elle venait de Dieu.’ »

 

La bonne nouvelle de l’élection de Maryam (as) apportée par les anges

 

Dieu parle dans une partie des versets du Coran de l’épanouissement et de la réussite de Maryam (as), et lui attribue des dignités élevées. Il évoque notamment le dialogue entre les anges et Maryam (as) : « Les anges dirent : ‘Ô Marie ! Dieu t’a choisie, en vérité ; Il t’a purifiée ; Il t’a choisie de préférence à toutes les femmes de l’univers.’ » (sourate Âl-i ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 42). Dans ce verset se trouve une preuve que Maryam (as) compte parmi les muhadditha / محدّثه, c'est-à-dire qu’elle fait partie de ceux auxquels s’adressent les anges, et qu’elle entend les paroles de ces hérauts célestes. Ce saint verset, comme les suivants, révélés dans la sourate Maryam, le prouve : « Mentionne Marie, dans le Livre. Elle quitta sa famille et se retira en un lieu vers l’Orient. Elle plaça un voile entre elle et les siens. Nous lui avons envoyé Notre Esprit : il se présenta devant elle sous la forme d’un homme parfait. » (sourate Maryam (Marie) ; 19 : 16 et 17). Quelle plus grande gloire peut-il y avoir pour un être humain que de converser avec les anges ? De plus, il s’agit ici de la nouvelle de son élection de la part de Dieu, de sa pureté et de sa supériorité sur toutes les femmes du monde, ce qui ne résulte de rien d’autre que de sa piété, de sa chasteté, de sa foi et de son adoration. En effet, elle est choisie pour mettre au monde un prophète tel ‘Isâ Masîh[13] (as). Ainsi, l’élection de Maryam (as) indique l’acceptation de son adoration, tandis que sa pureté l’immunise des péchés par la vertu de Dieu le Très-Haut, ce qui fait qu’elle est à la fois élue et impeccable. A maintes reprises, on retrouve cette analyse d’exégètes différents : « L’objet de sa purification est qu’elle est vierge, en ce sens qu’elle n’a pas de menstrues. Dieu le Très-Haut fait d’elle une vierge afin qu’elle ne soit pas contrainte de sortir du temple durant ses jours d’indisposition. » Cette explication ne comporte pas de problème, si ce n’est que notre hypothèse s’accorde mieux avec la suite des versets. Effectivement, lorsque le mot istifâ’ / اصطفاء / élection, choix, devient transitif avec l’emploi de ‘ala / على, il prend la signification de préférence. Cet istifâ’ / اصطفاء / élection, choix, intransitif car non-accompagné de ‘ala / على, est différent car il implique la signification de soumission. Aussi, d’après ce qui précède, la préférence de son Excellence (as) sur les femmes des mondes indique qu’elle dispose d’une primauté sur les autres femmes. Voyons à présent si cette primauté concerne tous les aspects de sa personne ou seulement certains. « Les anges dirent : ‘Ô Marie ! Dieu t’a choisie, en vérité ; Il t’a purifiée ; Il t’a choisie de préférence à toutes les femmes de l’univers.’ » (sourate Âl-i ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 42) « Et celle qui était restée vierge… Nous lui avons insufflé de Notre Esprit. Nous avons fait d’elle et de son fils un Signe pour les mondes. » (sourate Al-Anbiyâ’ (Les prophètes) ; 21 : 91). Le sens apparent de ces deux versets, ainsi que de celui-ci : « et Marie, fille de ‘Imrân, qui garda sa virginité. Nous lui avons insufflé de Notre Esprit ; elle déclara véridique les Paroles de son Seigneur et Ses Livres. Elle était au nombre de ceux qui craignent Dieu. » (sourate Al-Tahrîm (L'interdiciton) ; 66 : 12), qui parmi les vertus de Maryam (as) ne met le doigt que sur cette seule spécificité de la naissance prodigieuse de son fils, n’est pas d’examiner tous les aspects de Maryam (as), mais de viser précisément cette fameuse naissance. D’autres termes sont employés au sujet de Maryam (as) dans les versets du Coran, comme le fait qu’elle soit purifiée, qu’elle confirme les paroles de Dieu ainsi que Son Livre, qu’elle soit humble devant Dieu, et qu’elle voit et entend les anges. Tous ces aspects ne sont pas propres à Maryam (as) car on les retrouve à l’occasion chez d’autres femmes. Le dernier verset mentionné atteste que Maryam (as) est la plus grande personnalité féminine de son époque, ce qui n’est pas incompatible avec ce qui est dit à propos de la grande Dame de l’islam, Fâtima (as), concernant son digne rang de meilleure des femmes du monde, car de nombreux hadiths du Prophète (s) et de l’Imâm al-Sâdeq (as) rapportent : « Cependant, Maryam (as) est la meilleure des femmes de son époque, tandis que Fâtima (as) est la meilleure de toutes les femmes du monde, de la première à la dernière. » Le mot al-‘âlamîn / العالمين n’est en aucun cas incompatible avec cette parole car dans le Coran comme dans ses formulations ordinaires, ce mot désigne les gens qui vivent à une époque donnée, comme on peut le lire à propos des Banî Isrâ’îl : « Ô fils d’Israël ! Souvenez-vous des bienfaits dont je vous ai comblé. Je vous ai préférés à tous les mondes ! » (sourate Al-Baqara (La vache) ; 2 : 47). Il est évident que l’objet de la supériorité des croyants parmi les Banî Isrâ’îl concerne les gens de leur époque. Dans le verset suivant, il est question d’une autre circonstance lors de laquelle les anges s’adressent à Maryam (as) : « Ô Marie ! Dieu t’a choisie, en vérité ; Il t’a purifiée ; Il t’a choisie de préférence à toutes les femmes de l’univers (afin de remercier pour les grandes faveurs qui font que Dieu t’a choisie, qu’il t’a donné la supériorité sur les femmes de ton époque, et t’a purifiée). » (sourate Âl-i ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 43). Dans ce verset, Dieu appelle Maryam (as) et contraint celui qui est appelé de se tourner vers celui qui l’appelle, inévitablement, à chaque fois que le mot nedâ / ندا / appel, est répété, cela équivaut à faire comprendre à celui qui est appelé : « J’ai quelques nouvelles pour toi, alors écoute ces nouvelles. » Dans le verset concerné, Dieu lui fait comprendre : « J’ai deux nouvelles pour toi : l’une est que Dieu le Très-Haut t’a honorée par un degré et une position que tu occupes auprès de Lui, et l’autre est le devoir de servitude qui t’incombe en compensation de ce degré et cette position. » Ainsi, alors que cet ordre correspond à l’exécution d’un devoir de servitude, il consiste également à exprimer de la gratitude pour ce degré et cette position. En fin de compte, la signification de ces paroles est que le verset : « Ô Marie ! Sois pieuse envers ton Seigneur ; prosterne-toi et incline-toi avec ceux qui s’inclinent. » (sourate Âl-i ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 43) tient lieu de conclusion à l’égard du verset : « Ô Marie ! Dieu t’a choisie... » (sourate Âl-i ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 42), ce qui nous donne : « Maintenant que Dieu t’a choisie, il y a lieu de se tenir debout, de s’incliner et de se prosterner. » Et il n’est pas impossible que chacune des trois vertus susmentionnées dans ce verset soit dérivée de chacune des trois qualités citée dans le verset précédent.

 

L’annonce de la naissance du Masîh (as)

 

La partie importante de la vie de Maryam (as) correspond sans nul doute à la naissance de son fils, son Excellence le Masîh (as). Dieu mentionne dans le Coran des points importants à ce propos. Il dit tout d’abord : « Les anges dirent : ‘Ô Marie ! Dieu t’annonce la bonne nouvelle d’un Verbe émanant de Lui : Son nom est : le Massie, Jésus, fils de Marie ; illustre en ce monde et dans la vie future ; il est au nombre de ceux qui sont proches de Dieu. » (sourate Âl-i ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 45). Visiblement, l’objet de cette annonce est cet événement décrit ailleurs, lorsque Dieu dit : « Elle plaça un voile entre elle et les siens. Nous lui avons envoyé Notre Esprit : il se présenta devant elle sous la forme d’un homme parfait. Elle dit : ‘Je cherche une protection contre toi, auprès du Miséricordieux ; si toutefois tu crains Dieu !’ Il dit : ‘Je ne suis que l’envoyé de ton Seigneur pour te donner un garçon pur.’ » (sourate Maryam (Marie) ; 19 : 17 à 19). Ainsi, cette nouvelle qui, dans le verset en question, est attribuée aux anges, est donc cette même nouvelle qui dans la sourate Maryam (Marie) est attribuée à l’Esprit.



[1] Lorsqu’il est question d’histoire, il s’agit en réalité de hadiths connus pour être rapportés du Prophète (s), de Fâtima (as) et des Imâms (as) et non des conclusions de travaux d’historiens dont l’étude critique serait une partie intégrante. Nous sommes ici dans le domaine de la croyance, du dogme. Le terme « histoire » prête à confusion en français car il véhicule un tout autre sens, ce type de récit en étant justement absent. Il serait plus juste de parler ici d’ « histoire révélée ». (Texte traduit du persan. Les notes sont du traducteur et les traductions des passages du Coran de Denise Masson).

[2] Marie (as).

[3] Bayt al-moqaddas, le Temple de Jérusalem.

[4] Dans la traduction française de la Bible, cet événement est appelé « la Présentation de la Vierge ».

[5] Les fils d’Israël / Jacob (as).

[6] Zacharie (as).

[7] Jonas (as).

[8] Denise Masson traduit mihrâb par temple et explique que ce mot désigne le Temple de Jérusalem. Selon l’exégète auquel nous faisons référence ici, plus précis et mieux renseigné visiblement, le mihrâb est un temple personnel inclus dans le Temple.

[9] Satan.

[10] Dans le film iranien Maryam-e moqaddas (Sainte Marie (as)) scrupuleusement basé sur les hadiths, le mihrâb de Maryam (as) est matérialisé par une sorte de petite cabane en bois construite dans la cour du Temple de Jérusalem à laquelle on accède par quelques marches. La petite pièce est entièrement fermée et dispose même d’un toit. D’une manière générale, ce très beau film (dix épisodes de télévision et une version cinéma) constitue une excellente manière d’aborder la biographie de Maryam (as) selon l’islam, le travail d’ « historiographie révélée » y étant de premier ordre. Les chrétiens y découvriront avec étonnement que les sources islamiques sont beaucoup plus complètes à ce propos que les Evangiles canoniques. Mais n’oublions pas que l’Eglise a écarté environ deux cents évangiles apocryphes, dont l’Evangile de la nativité de Marie et l’Evangile de Marie, qui comportent beaucoup plus de détails sur la vie de la Mère de Jésus (as).

[11] ا + ل = ال soit l’article faisant que le mot est défini.

[12] Denise Masson articule pourtant la phrase par « et » pour plus de commodité, ce qui ôte son argument à notre exégète si l’on se borne à la traduction française. Traduction et exégèse sont des exercices subtils, qui n’ont rien des sciences exactes…

[13] Littéralement : « celui qui est oint ». Ainsi, le mot Messie correspond à l’étymologie du mot christos, qui donne Christ en français, et désigne celui qui a reçu l’initiation. Donc, ‘Isâ al-Masîh (as) correspond précisément à Jésus-Christ (as) et ne diffère pas de la notion de Messie.

 

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