La biographie et les enseignements de son Excellence ‘Isâ (as) (3)

Les principes des enseignements de ‘Isâ[1] (as)

 

En s’interrogeant sur la nature de la qualité des enseignements de ‘Isâ (as) qui fait se rassembler autant de monde autour de lui le temps que dure sa prophétie, on parvient à une spécificité : ‘Isâ (as) s’exprime simplement. Lorsqu’il aborde les questions principales de la religion, il utilise une langue dénuée de termes techniques, adaptée à la compréhension des gens ordinaires. Le plus souvent, il illustre ses propos par ce que l’on peut observer dans la nature et dans la vie humaine. Il adapte son discours aux autres, en fonction de leurs dispositions naturelles. En effet, ‘Isâ (as) est simple, et s’adresse aux gens simples. Il exprime de manière abordable la plupart des sujets profonds et significatifs, au moyen de paraboles faciles d’accès. Il mêle ainsi à son propos de courts et agréables récits qui insufflent de l’esprit et de la fraîcheur aux points religieux. Mais cela n’est pas tout. La légèreté du discours et le style oratoire ne sont pas les seules causes sachant lui attirer les cœurs. En vérité, sa réussite réside dans le fait qu’il parle des pensées intimes des gens, de ce qui agite leur for intérieur, usant d’images et d’exemples tirés de leur vie et de leur personnalité. Les enseignements de ‘Isâ (as) sont de deux types : les principes religieux et les enseignements moraux.

 

A. Les principes religieux

 

Parmi l’ensemble des enseignements qu’il dispense à ses disciples, il se trouve un point qui les concerne tous : la réalité de la religion réside dans son cœur. Du jour où il est baptisé par Yahyâ (as) et jusqu’au dernier jour de sa vie, l’existence de la réalité divine et le lien qui unit son cœur au Seuil divin se manifestent constamment dans son cœur et ce, sur tous les plans. Aussi, il en demeure conscient en toute circonstance. Jamais il ne cherche à échafauder des preuves à propos de la réalité de l’existence de Dieu. A cette époque où la foi en l’existence de Dieu est commune et générale, personne ne lui demande de preuves à ce sujet. Au contraire, ce que les gens espèrent savoir, c’est la manière d’être de Dieu le Très-Haut. Ils ont besoin de savoir comment sont Son essence, Ses qualités, et de connaître la nature des actes qui émanent de Lui. Sur ces sujets, ‘Isâ (as) discoure avec une foi et une confiance continues qui proviennent des profondeurs de son cœur. Il explique ainsi que le royaume céleste de Dieu[2] est une essence puissante possédant diverses qualités et régissant l’ensemble des créatures, et qu’Il est l’esprit agissant qui, au cours des cycles du temps, a toujours été la source de la marche de l’histoire. Il est une créature immaculée et absolument juste qui n’est jamais coupée du bien et de la justice absolue. La source de l’ensemble des destinées des êtres humains se trouve au creux de Sa main de puissance. Et Dieu est également Celui qui donne, ainsi que le Bienfaisant. Sa volonté en ce qui concerne Ses qualités agissantes et Son Verbe se préoccupent avant tout d’indulgence, et de pardonner aux êtres humains. ‘Isâ (as) appelle Dieu, le Père (ou « Notre Père qui êtes aux cieux »). Ses enseignements comprennent ce point disant que bien que Dieu le Très-Haut ait créé l’être humain libre de ses choix et de ses actes, comme l’exige Sa sagesse, l’être humain est cependant le « fils prodigue » de la parabole. Nous comprenons donc que tout ce qu’il faut pour mener une vie aisée est mis à la disposition de ce fils, mais celui-ci corrompt tous ces bienfaits pour s’adonner à la noce, à la boisson et mener une mauvaise vie. Pourtant, son Père le tient toujours en affection et lui pardonne ses péchés, Il lui épargne les pénalités et les malheurs qu’entraîne inévitablement le péché. Lorsqu’il revient vers son Père, ce dernier le reçoit dans Ses bras. De la même façon, l’Essence Très-Haute de Dieu est toute entière faite de pure bienfaisance et de bonté. Avant que l’être humain ne voie s’étendre sur son cœur l’ombre du doute et du mal, il doit placer sa confiance en Dieu et, avec un cœur certain, récolter continûment l’illumination de l’âme et l’embrasement de l’esprit au moyen de la prière et de l’invocation. C’est tout spécialement par la prière et l’invocation secrètes, pratiquées dans la solitude et la retraite – au creux d’un désert ou au sommet d’une montagne – qu’il faut se tourner vers Son saint Seuil. Le regard que porte ‘Isâ (as) sur la nature, aux confins de sa foi et de sa pensée, se porte sur le Créateur, le Très-Haut. Il est lui aussi comme les autres penseurs juifs, il considère la nature comme le métier à tisser ou lieu de manifestation de Dieu, le Très-Elevé ; c’est là que le salut et la liberté de l’être humain apparaissent réunis. Selon ’Isâ (as), la nature n’est pas la réalité ultime, au contraire, les actions divines en surgissent et se manifestent par son intermédiaire. On peut donc dire d’une manière générale que ‘Isâ (as), comme les autres prophètes parmi les Banî Isrâ’îl[3], s’efforce de cheminer vers Dieu à travers la nature et ce, à l’encontre de la philosophie grecque qui s’attache à regarder la nature par le prisme de ses dieux. On peut donc comprendre de manière évidente dans les enseignements de ‘Isâ (as) qu’il porte sur la nature un regard direct, avec un cœur certain et une confiance totale. Ainsi, nous lisons : « C'est pourquoi je vous dis : ‘Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n'amassent rien dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ? Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie ? Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement ? Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent ni ne filent ; cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux.’ » (Evangile selon Matthieu ; 6 : 25 à 29). Il est évident que si vous suivez le chemin qui mène à Dieu, si vous marchez sur la voie de la vérité et de la justice de Dieu, tout ce dont vous aurez besoin vous sera donné. Le regard que porte ‘Isâ (as) sur le corps et sur les réactions corporelles et naturelles de l’être humain est tout autant fondé sur une foi solide et une confiance totale. Il exprime bien par là les pensées des prophètes juifs (as). Visiblement, il croit que l’union du corps et de l’esprit est effective et pratique, aussi il n’invite pas à délaisser ce monde et à mener une vie retirée, au contraire, il participe aux banquets et aux célébrations, parce que cela lui fait plaisir, et jamais il ne prétend que le corps est corrompu dans sa nature même ni que l’esprit est injustement emprisonné dans ce corps. Oui, le corps de l’être humain peut devenir un instrument dangereux dès lors qu’il est soumis à la volonté et au libre choix de l’être humain, de même qu’il peut se trouver partagé entre le bien et le mal, car la volonté et l’activité de l’être humain sont partagées entre ces deux penchants. De ce fait, ‘Isâ (as) préconise à l’être humain de s’efforcer d’instituer une unité parfaite entre ces deux (le corps et l’esprit), c’est pourquoi il dit au sujet des interdits : « Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-les et jette-les loin de toi ; mieux vaut pour toi entrer dans la vie boiteux ou manchot, que d'avoir deux pieds ou deux mains et d'être jeté dans le feu éternel. » (Evangile selon Matthieu ; 18 : 8). D’autre part, argumentant avec l’un de ses apôtres juifs, Bûls[4], il lui dit clairement que le corps de l’être humain peut devenir le temple de l’Esprit Saint.

En résumé, ‘Isâ (as) n’interdit jamais à ses disciples de goûter les plaisirs individuels et collectifs, il ne dit pas que le corps est l’ennemi essentiel du bien et qu’il faut absolument le nier et le réprimer. La vision qui trouve grâce auprès de ‘Isâ (as) se porte vers un autre but. Son enseignement consiste d’abord à entraîner l’être humain à se comporter conformément à la volonté divine, or, ce que Dieu veut de lui, c’est qu’il se prépare à l’avènement du royaume des cieux. Cette préparation consiste à ce que, à l’instar des enfants qui se tournent vers leur père, tous vivent ensemble et tournent leur attention vers Dieu et cheminent sur la voie comme des frères[5]. Il ne faut pas qu’un seul d’entre nous soit considéré comme privé de cette aptitude qui est un don du Ciel, il faut laisser chacun parvenir à cette possibilité. Autrement dit, aucun être humain n’est banni de la grâce qu’est la clémence divine ni de la bénédiction de faire partie de la communauté fraternelle humaine. Au vu des enseignements de ‘Isâ (as), il est évident que dans la personnalité humaine se cachent des aptitudes sans limites. En découle ce que l’on appelle aujourd’hui « le respect de l’individu ». Non seulement ‘Isâ (as) applique ce principe à l’égard des enfants, mais il y inclut également ceux qui se sont éloignés et ceux qui ont péché. Il les fréquente et demeure continuellement en leur compagnie, il dit que dans la Loi, l’amour n’est pas exceptionnel, et qu’au contraire, ce principe général concerne l’ensemble des êtres humains, l’ensemble des nations, des peuples et des races[6] du monde. Ces notions doivent être considérées comme issues des croyances générales et des principes essentiels de la religion de ‘Isâ (as). Bien entendu, à son époque, ces principes prennent la couleur et l’habillage de ses contemporains. Il est évident que ‘Isâ (as), comme les membres de son peuple, croit à la question de l’attente de l’apparition du règne du Masîh[7]. Les sentiments du peuple juif, à cette époque reculée, se concentrent sur cette attente. ‘Isâ (as) lui-même est comme eux, et ce depuis sa jeunesse, sous l’emprise de ce sentiment, il possède ce même espoir et partage cette même attente. Se dressant pour assumer la direction de son peuple, il fait naturellement de sa propre prophétie le phare des sentiments de ceux qui évoluent dans sa sphère, et annonce une nouvelle ère. A titre d’exemple, il dit à ses disciples : « Des jours viendront où vous désirerez voir l'un des jours du Fils de l'homme, et vous ne le verrez point. On vous dira : ‘Il est ici, il est là.’ N'y allez pas, ne courez pas après. Car, comme l'éclair resplendit et brille d'une extrémité du ciel à l'autre, ainsi sera le Fils de l'homme en son jour. Mais il faut auparavant qu'il souffre beaucoup, et qu'il soit rejeté par cette génération. Ce qui arriva du temps de Noé[8] arrivera de même aux jours du Fils de l'homme. Les hommes mangeaient, buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche ; le déluge vint, et les fit tous périr. Ce qui arriva du temps de Lot[9] arrivera pareillement. Les hommes mangeaient, buvaient, achetaient, vendaient, plantaient, bâtissaient ; mais le jour où Lot sortit de Sodome, une pluie de feu et de souffre tomba du ciel, et les fit tous périr. Il en sera de même le jour où le Fils de l'homme paraîtra. » (Evangile selon Luc ; 17 : 22 à 30). Ces mêmes faits, avec une formulation différente, figurent dans l’Evangile selon Marqus[10]. On peut y lire, dans un style courant pour cette époque de prophètes, ‘Isâ (as) qui s’adresse aux gens : « Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu'ils n'aient vu le royaume de Dieu venir avec puissance. » (Evangile selon Marc ; 9 : 1). Et puis : « Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n'arrive. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. Pour ce qui est du jour ou de l'heure, personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul. Prenez garde, veillez et priez ; car vous ne savez quand ce temps viendra… » (Evangile selon Marc ; 13 : 30 à 33). Malgré le caractère classique de ce style, lorsque ‘Isâ (as) analyse la situation, l’originalité de sa pensée et son innovation personnelle apparaissent clairement. Une étude précise des paroles de ‘Isâ (as), ainsi que les propos rapportés de son époque concernant la fin des temps et la résurrection, montrent sans peine que bien qu’il partage avec ses contemporains la même croyance et le même espoir en la parousie du Masîh, il introduit dans son discours quelques changements émanant de son goût propre. Il fait émerger le monde spirituel du Masîh, qui se trouvait emprisonné dans le défilé étroit de la pensée juive. Il étend son domaine et étend le royaume du Père aux êtres humains du monde entier. Il expose le fait que ceux qui seront élus par Dieu sont issus des quatre coins du monde, et exprime ce point de façon directe : « Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite. Car, je vous le dis, beaucoup chercheront à entrer, et ne le pourront pas. Quand le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte, et que vous, étant dehors, vous commencerez à frapper à la porte, en disant : ‘Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !’ Il vous répondra : ‘Je ne sais d'où vous êtes.’ Alors vous vous mettrez à dire : ‘Nous avons mangé et bu devant toi, et tu as enseigné dans nos rues.’ Et il répondra : ‘Je vous le dis, je ne sais d'où vous êtes ; retirez-vous de moi, vous tous, ouvriers d'iniquité.’ C'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham[11], Isaac[12] et Jacob[13], et tous les prophètes, dans le royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors. Il en viendra de l'orient et de l'occident, du nord et du midi ; et ils se mettront à table dans le royaume de Dieu. Et voici, il y en a des derniers qui seront les premiers, et des premiers qui seront les derniers. »… (Evangile selon Luc ; 13 : 24 à 30).

Dans l’Evangile selon Mattâ[14], on peut lire de manière plus succincte et claire encore : « Or, je vous déclare que plusieurs viendront de l'orient et de l'occident, et seront à table avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le royaume des cieux. Mais les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. » (Evangile selon Matthieu ; 8 : 11 et 12). Selon ce décret, le royaume des cieux ne sera pas limité pour un nombre de personnes, ni réservé exclusivement à quelques-uns au sein des justes parmi les juifs, il s’agit au contraire d’une assemblée fraternelle dans laquelle seront reçus tous les peuples du monde. La condition pour entrer au royaume des cieux est l’observance de la mise en œuvre des lois de Mûsâ[15] (as), car le domaine de ses qualités et de ses propriétés est beaucoup plus étendu que cela. Les paroles de Mattâ ne contredisent pas cette vérité ; il rapporte : « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu ! » (Evangile selon Matthieu ; 5 : 8), « Heureux les débonnaires, car ils hériteront de la terre ! » (Evangile selon Matthieu ; 5 : 5). En sus, il faut considérer le fait que ‘Isâ (as) fait diminuer la douleur et la tristesse de ceux de ses contemporains qui attendent et espèrent l’avènement du royaume des cieux. Il leur enseigne qu’en réalité, le royaume des cieux s’est déjà manifesté, qu’il est là, continuellement présent, en ce moment même. Cette notion ressort clairement du contenu des versets évangéliques, qui nous informent que le royaume des cieux de Dieu est comme le ferment que l’on mélange à un grand contenant de farine, ou comme une petite graine de moutarde, la plus petite des semences, mais qui, le temps faisant son œuvre, devient un arbre immense. C’est pourquoi ‘Isâ (as) atténue le sentiment d’espoir et d’attente du peuple juif dont le regard est rivé sur la route qui amènera le Masîh. Il dit : « Partout, je vois que le principe de la foi réside dans la communion sans relâche avec Dieu le Très-Haut, et c’est tout. »

 

(à suivre)



[1] Jésus (as). (Traduit du persan. Les notes sont du traducteur, les traductions des passages du Coran sont de Denise Masson et les passages des Evangiles proviennent de la Bible de Louis Segond, 1910).

[2] Il semble que l’auteur fasse ici coïncider le royaume de Dieu avec Dieu lui-même, dans le sens où le royaume de Dieu constitue la partie haute de la manifestation et régit tout ce qui se trouve au-dessous. Les créatures, projetées dans le bas de la création, tendent à retourner vers le royaume des cieux en suivant l’arc de la remontée, et le royaume de Dieu, en tant que projection de l’Essence divine dans un sens et destinée divine des créatures dans l’autre, pourraient donc se trouver confondu avec Dieu même, du fait des plans qui se superposent.

[3] Les fils d’Israël / Jacob (as), soit les enfants des douze tribus.

[4] Paul.

[5] Et des sœurs ! N’est-il pas urgent de réformer cette habitude de la langue française (et persane) pour laquelle les êtres humains sont « les hommes » ? « Tous les hommes sont frères » est-il dit… Mais tous les êtres humains sont frères et sœurs, n’est-il pas ?… En persan, cela est plus marqué encore, car le terme qui désigne l’enfant est le même que celui qui désigne le fils, aussi il n’est jamais possible de savoir s’il est question d’un garçon ou d’une fille, même si en vérité, il n’est quasiment jamais question d’une fille…

[6] Le concept de race a en occident généralement été abandonné par les chercheurs en ce qui concerne l’espèce humaine, car il ne présente aucune validité scientifique. Bien que dans un pays comme l’Iran, cette notion ait conservé une grande notoriété, elle s’oppose clairement à la philosophie islamique qui rappelle au minimum que les croyants sont les frères des croyants et que le meilleur d’entre eux est le plus pieux…

[7] Littéralement : « celui qui est oint ». Ainsi, le mot Messie correspond à l’étymologie du mot christos, qui donne Christ en français, et désigne celui qui a reçu l’initiation par l’onction (et qui la donne ensuite à son tour…). Ainsi, ‘Isâ al-Masîh (as) correspond précisément à Jésus-Christ (as) et ne diffère pas de la notion de Messie.

[8] Nûh (as).

[9] Lût (as).

[10] Marc.

[11] Ibrâhîm (as).

[12] Ishâq (as).

[13] Ya‛qûb (as).

[14] Matthieu.

[15] Moïse (as).

 

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