Les qualités de Son Excellence ‘Isâ (as) selon le Coran (4)

« Muhammad est le Prophète de Dieu. Ses compagnons sont violents envers les impies, bons et compatissants entre eux. » (sourate Al-Fath (La victoire) ; 48 : 29).

 

Certains exégètes prétendent que la phrase : « Nous avons établi dans les cœurs de ceux qui le suivent la mansuétude, la compassion. » (sourate Al-Hadîd (Le fer) ; 57 : 27), indique le fait que cela leur a été ordonné, qu’une recommandation leur a été faite à ce sujet, avec la promesse d’une récompense en retour. Dans : « … et la vie monastique qu’ils ont instaurée Nous ne leur avions pas prescrite … » (sourate Al-Hadîd (Le fer) ; 57 : 27), le mot rahbâniyyat / رهبانية / monachisme, provient de rahbat / رهبة qui désigne la crainte et la peur. Le mysticisme est fondé sur l’abandon de ce monde, l’adepte coupe ses liens avec les gens et se consacre exclusivement à l’adoration de Dieu, alors même que ce qui le motive est la crainte de Dieu. Par ailleurs, le mot abtadâ‛ / ابتداع désigne une chose intégrée à la religion par les êtres humains alors qu’elle n’en fait pas partie, et l’instauration d’une pratique que ne contenait aucune religion. « Nous ne leur avions pas prescrite » répond à une question qui précède. C’est comme si quelqu’un avait demandé : « En quoi ont-ils innové ? », question à laquelle il est répondu : « Ils ont intégré une chose à la religion alors que Nous ne la leur avions pas prescrite. » Cela veut dire plus précisément : « Les disciples du Masîh (as) ont innové en instaurant la vie monastique, chose que Nous ne leur avions pas recommandée. »

« … uniquement poussés par la recherche de la satisfaction de Dieu. Mais ils ne l’ont pas observée comme ils auraient dû le faire… » (sourate Al-Hadîd (Le fer) ; 57 : 27). Cette exception est, comme on dit, une exception isolée. Son sens, avec la phrase qui précède, est le suivant : « Nous ne leur avons pas prescrit cette vie monastique, ce sont eux qui l’on rendue obligatoire pour eux-mêmes, dans le but d’obtenir la satisfaction de Dieu. Cependant, ils n’ont pas préservé cette vie monastique qu’ils ont eux-mêmes inventée, ils ont outrepassé ses propres limites. » Dans cette parole, nous comprenons que la vie monastique que les disciples du Masîh (as) conçoivent personnellement, bien que Dieu le Très-Haut Lui-même ne légifère pas à son sujet, représente cependant une source de satisfaction pour Lui. « … Nous avons donné leur récompense à ceux d’entre eux qui ont cru, alors que beaucoup d’entre eux sont pervers. » (sourate Al-Hadîd (Le fer) ; 57 : 27). La fin du verset indique qu’ils sont comme les membres des communautés des prophètes antérieurs (as) ; certains sont croyants et dignes d’être récompensés pour leur foi, mais la plupart d’entre eux sont débauchés. Aussi, c’est la débauche qui domine. Certains exégètes nous informent que les mots traduits par mansuétude et compassion comportent une signification commune et unique, qui correspond à ce que l’on nomme en persan (comme en français) la bienveillance. D’autres avancent en revanche que la bienveillance qui consiste à rejeter le mal est appelée ra’fat / رأفت / mansuétude[1], tandis que la bienveillance qui incline à vouloir le bien est appelée rahma / رحمة / compassion. Quoi qu’il en soit, l’intention est claire et Son Excellence le Masîh (as) propage davantage la mansuétude et la compassion. Bien que le Coran affirme que tous les prophètes[2] (as) empruntent une seule et unique voie, et mettent en œuvre un seul et même programme, il rappelle sans ambages le fait que chaque prophète (as) est détenteur d’une responsabilité particulière. Ainsi, un prophète (as) tel Shu‛ayb[3] (as), met uniquement l’accent sur le gaspillage, la dissipation des biens acquis, tandis qu’un autre tel Mûsâ[4] (as), déploie toute son énergie pour mettre son peuple en marche et le rendre fort, et voir s’effacer sa faiblesse et sa paresse. Un autre prophète (as) encore, à l’inverse, entend suggérer aux gens la bienveillance, l’amitié, tel ‘Isâ[5] (as). Comment cela se fait-il ? En réalité, ces programmes ne diffèrent pas. Chacun est envoyé à une époque différente dont il doit corriger les déviations. Prenons par exemple deux médecins, chacun possédant une spécialité. Si nous envoyons ces deux médecins dans deux villages afin d’en régler les problèmes d’hygiène, mais que dans ces deux villages se trouvent deux maladies, l’une sévissant dans un village, et l’autre s’étant emparée de l’autre, le médecin qui se trouve dans le village touché par la malaria par exemple doit traiter cette maladie, et celui qui se trouve dans l’autre village, dont le typhus s’est emparé, doit traiter la maladie qui se présente à lui. Cela ne veut pas dire qu’ils suivent tous les deux un programme distinct. Le programme de l’un est identique à celui de l’autre, ce sont seulement les maladies qui diffèrent. ‘Isâ Masîh (as) est envoyé à une époque où le fléau qui touche son peuple l’amène davantage à inviter les gens à la mansuétude et à la compassion. Tel est le déficit observable chez son peuple et dont ‘Isâ (as) doit inévitablement tenir compte. Il se doit en conséquence de susciter au sein de son peuple une amélioration dans ces domaines et propager ces qualités. Le Coran confirme et confesse que cette bienveillance est diffusée dans la communauté du Masîh (as), par le Masîh (as) lui-même, et que les chrétiens ont toujours mieux aimé cette qualité que les juifs.

 

XI. Son Excellence le Masîh (as) incarne la beauté et la splendeur de Dieu

 

Dieu le Glorifié présente ‘Isâ Masîh (as) en tant qu’être béni : il ne se trouve pas un manque dans le sanctuaire préservé qu’est la vie de cet être humain parfait. Il jouit de la bonne santé sur tous les plans. Il est le lieu de la manifestation de la beauté et de la splendeur de Dieu, c’est pourquoi il n’est pas possible de lui faire du tort ni de le priver de sa félicité. Et il ne fait lui-même de tort à personne, il ne prive personne de la félicité. C’est au contraire le bien qu’il prodigue aux autres, ainsi que la compassion et la bénédiction. Et c’est aussi ce qu’il récolte : le bien, la compassion et la bénédiction. L’être humain parfait est tellement immunisé contre la morsure des événements qu’aucun d’eux n’est à même de pouvoir nuire à sa félicité. Il est tellement bienfaisant à l’égard des autres qu’aucun mal émanant de lui n’atteint qui que ce soit. Le noble Coran présente ces deux qualités éminentes par la bouche même de ‘Isâ Masîh (as) quand il s’exprime à propos de lui-même. Il dit en substance : « Il est un serviteur de Dieu qui dispose du Livre divin et de la prophétie. C’est un être béni qui pratique continuellement la prière et l’aumône. Il est bon et clément envers sa mère. Il n’est tyrannique et dur envers personne. Le salut est sur ‘Isâ Masîh (as), le jour où il pénètre le monde d’ici-bas et le jour où il se rend dans le barzakh[6], comme le jour où il sort du barzakh pour la grande Résurrection. »[7] (sourate Maryam (Marie) ; 19 : 31 et 32). Le fait que ‘Isâ (as) soit béni où qu’il se trouve désigne le fait qu’il est en lui-même le lieu de toute bénédiction, au sens de croissance du bien. Il est en somme d’un grand intérêt pour les gens, car il leur enseigne le savoir profitable, il les invite à agir justement, il les instruit à une civilité plus pure, il guérit l’aveugle et le lépreux, il amende les puissants et soutient et renforce les faibles. Dans un hadith de l’Imâm al-Sâdeq (as), nous lisons : « Béni signifie ici ‘qui est source de profit’. » Dieu le Glorifié dit afin de confirmer cette parole et cet état, et afin de réfuter les réflexions associationnistes développées à propos de Son Excellence le Masîh (as) : « Celui-ci est Jésus, fils de Marie. Parole de vérité dont ils doutent encore. » (sourate Maryam (Marie) ; 19 : 34).

 

XII. L’agrément de ‘Isâ (as) dans ce monde comme dans l’autre

 

Dieu rappelle dans le Coran que parmi les spécificités de Son Excellence ‘Isâ (as), on compte la popularité ainsi que la faveur : « Le Messie, Jésus, fils de Marie ; illustre en ce monde et dans la vie future ; il est au nombre de ceux qui sont proches de Dieu. » (sourate Âli ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 45). Wijâhat / وجاهة désigne la faveur, la popularité, le fait que ‘Isâ (as) soit agréé dans le monde présent, comme dans l’autre monde, car le Coran nous informe également à propos de son état dans l’autre monde. Concernant cette formulation : « Il est au nombre de ceux qui sont proches de Dieu. », le sens de muqarrab / مقرب / rapproché, est clair : ‘Isâ (as) est proche de Dieu, il se trouve dans le rang des Awliyâ’[8] et du point de vue de la proximité, il se place au niveau des anges rapprochés, comme on peut le lire dans ce verset : « Le Messie n’a pas trouvé indigne de lui d’être serviteur de Dieu ; non plus que les Anges qui sont proches de Dieu. » (sourate Al-Nisâ’ (Les femmes) ; 4 : 172). Ailleurs, le Coran explique ce qu’est cette proximité : « Lorsque celle qui est inéluctable surviendra… vous formerez trois groupes… Et les premiers arrivés qui seront bien les premiers, voilà ceux qui seront les plus proches de Dieu. » (sourate Al-Wâqi‛a (L'événement) ; 56 : 1 à 11). Ces versets permettent de comprendre qu’il s’agit ici de la proximité vis-à-vis de Dieu le Glorifié, dont la réalité correspond au fait qu’un être parmi les êtres humains parvienne à retourner vers Dieu, en suivant une voie qui est prescrite à tous, une voie pour laquelle ce verset décrète: « Alors toi, l’homme qui te tournes vers ton Seigneur, tu Le rencontreras. » (sourate Al-Inshiqâq (La déchirure) ; 84 : 6), ainsi que celui-ci : « Toutes les choses (du monde créé) ne s’acheminent-elles pas vers Dieu ? » (sourate Al-Shûrâ (La consultation) ; 42 : 53). La qualité de « proches de Dieu » appartient à certains êtres parmi les êtres humains et parmi les anges. Cette qualité n’est pas nécessairement acquise. Il n’y a donc pas lieu de se demander : « Les anges n’ont pas obtenu cette qualité par l’effort pratiqué sur leur âme, alors comment certains d’entre eux peuvent-ils être rapprochés tandis que d’autres ne le sont pas ? » Il est tout à fait possible que le degré de proximité concernant les anges soit inné et qu’il s’acquiert au moyen de la lutte contre l’âme et par la pratique en ce qui concerne les êtres humains.

(A  suivre…)



[1] Il est très délicat, voire impossible, de faire correspondre un terme français exact au regard des distinctions exprimées ici originalement en persan et destinées à expliquer des termes arabes, sachant que ces mêmes termes sont employés dans ces deux langues et génèrent de faux amis. Aussi, les mots français qui sont donnés ici ne sont que des indications peu précises et interchangeables, qui ne peuvent se passer du commentaire qui les accompagne. (Texte traduit du persan. Les notes sont du traducteur et les traductions des passages du Coran sont de Denise Masson).

[2] On ne met pas de majuscules à « prophète » ni à « prophètes » afin de la réserver au Prophète Mohammad (s), car dans les écrits musulmans, il est souvent mentionné par « le Prophète », or, la majuscule coupe à toute confusion et permet de savoir quand il s’agit bien de lui…

[3] Généralement apparenté à Jethro (as).

[4] Moïse (as).

[5] Jésus (as)

[6] Le mot barzakh est généralement traduit par « purgatoire » et désigne le lieu de la purification situé entre l’enfer et le paradis, où la souffrance est de mise. Cependant, selon certains exégètes, le barzakh comporte des degrés et au plus haut de ses degrés, on retrouve les êtres purs et parfaits qui ont illuminé ce bas monde.

[7] Il ne s’agit pas ici de la traduction de Denise Masson, mais de la « traduction-commentaire » du texte original en persan.

[8] Pluriel de walî / ولي / ami de Dieu.

 

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