Les qualités de Son Excellence ‘Isâ (as) selon le Coran (6)

XVI. ‘Isâ[1]  Masîh (as) est celui qui marche sur la voie droite (sirât al-mustaqîm / صراط المستقيم)

 

Dieu le Glorifié place Son Excellence le Masîh[2] (as) parmi ceux qui parcourent la voie droite et qui parviennent au sanctuaire préservé. Pour faire simple, la seule voie reliant le début à la fin et qui parvient à cet objectif, c’est la voie droite. Aussi, Dieu a fait de cette voie la voie des prophètes[3] (as) et des prophètes envoyés[4] (as), ils sont les compagnons de cette voie. Cette voie, la voie élevée, se confond avec celui qui la parcoure contrairement aux voies ordinaires qui sont distinctes de leurs voyageurs. Dans la voie droite, l’être humain ne chemine pas à l’extérieur de lui-même, il n’est pas autre que le voyage, car il chemine à travers la croyance, la création et l’action, chacune correspondant à l’un des trois états de la condition humaine. La perfection de l’être humain s’exerce sur la croyance, la création et l’action, ces trois aspects n’étant pas distincts de lui, car « L’homme ne possédera que ce qu’il aura acquis par ses efforts. » (sourate Al-Najm (L'étoile) ; 53 : 39). Le lien entre l’acte et celui qui le commet est si fort que l’acte ne délie pas son auteur, pas plus que l’auteur n’est à même de fuir son acte : « Si vous faites le bien ou si vous faites le mal, vous le faites à vous-mêmes. » (sourate Al-Isrâ’ (Le voyage nocturne) ; 17 : 7). L’acte est propre à celui qui l’a commis, et l’agent se trouve engagé[5] dans son acte, cela est spécifique à l’existence. Inévitablement, le cheminement de l’être humain qui parcourt la voie ne sort pas de l’enceinte de la croyance, de la création et de l’action, ainsi, la voie est le reflet du voyageur. Dieu présente la religion comme étant la voie droite : « Dis : ‘Mon Seigneur m’a dirigé sur une voie droite : c’est une Religion immuable, la Religion d’Abraham, un vrai croyant.’ Il n’était pas au nombre des polythéistes. » (sourate Al-An‛âm (Les bestiaux) ; 6 : 161). Cependant, le fait de parcourir cette voie droite nécessite que l’être humain croie en ses principes en matière de foi, réalise les vertus morales qui lui sont inhérentes, et mette en œuvre ses décrets. Aussi, la voie droite ne pourra jamais se situer hors de l’enceinte qu’est l’âme humaine. En conséquence, les prophètes (as) qui connaissent bien les vérités de la foi, de la morale et de l’action, et en lesquelles ils croient, dont ils sont forts et qu’ils mettent en œuvre, sont bien les compagnons de la voie / ashâb al-sirât / اصحاب الصراط.

Isâ Masîh (as) est l’une des plus hautes figures ayant parcouru cette voie pour atteindre au degré de la proximité divine. Voici de quelle manière Dieu le Glorifié confirme sa proximité : « Le Messie, Jésus, fils de Marie ; illustre en ce monde et dans la vie future ; il est au nombre de ceux qui sont proches de Dieu. » (sourate Âli ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 45). Parcourir cette voie n’est pas impossible, c’est pourquoi il est enseigné à tous les croyants d’en exprimer le souhait dans la prière adressée à Dieu, afin qu’Il les guide vers la voie droite, qui est la voie de ceux qu’Il a comblé de Sa grâce : « Dirige-nous dans le chemin droit : le chemin de ceux que Tu as comblés de bienfaits ; non pas le chemin de ceux qui encourent Ta colère ni celui des égarés. » (sourate Al-Fâtiha (L'ouverture) ; 1 : 6 et 7). Ceux que Dieu a comblé de bienfaits sont selon le Coran les prophètes (al-nabiyyîn / النبيين), les amis sincères (al-siddîqîn / الصديقين), les martyrs / les témoins (al-shuhadâ’ / الشهداء) et les vertueux (al-sâlihîn / الصالحين) : « Ceux qui obéissent à Dieu et à Son Prophète sont au nombre de ceux que Dieu a comblés de bienfaits ; avec les prophètes, les justes, les témoins et les saints : voilà une belle assemblée ! » (sourate Al-Nisâ’ (Les femmes) ; 4 : 69). C’est sur ce principe que même une femme ordinaire avec de l’éducation peut être associée à certaines des vertus des Gens de la Demeure prophétique, purifiés et impeccables (as), que cite la sourate Al-Insân (L'homme, sourate 76), et qu’un homme ordinaire, profitant de l’éducation et de la purification, peut parvenir au degré de Salmân[6] et ainsi être déclaré membre des Gens de la Demeure (as). Par conséquent, Dieu le Glorifié se fait le héraut de la biographie des prophètes (as), et les autres croyants, en les imitant, peuvent devenir eux aussi des compagnons de la voie droite et des compagnons du paradis.

 

XVII. ‘Isâ (as) est le serviteur de Dieu ainsi que le prophète de Dieu

 

Dieu dit dans la sourate Maryam (Marie) : « (Jésus) dit : ‘Je suis, en vérité, le serviteur de Dieu. Il m’a donné le Livre ; Il a fait de moi un prophète.’ » (sourate Maryam (Marie) ; 19 : 30). ‘Isâ (as) commence sa phrase par : « Je suis, en vérité, le serviteur de Dieu », il annonce ici sa servitude à l’égard de Dieu et entrave les excès des exagérateurs en leur opposant un argument décisif[7]. De même, au terme de son propos, il dit : « Dieu est, en vérité, mon Seigneur et votre Seigneur. Adorez-le ! » (sourate Maryam (Marie) ; 19 : 36). En disant : « Il m’a donné le Livre » il entend révéler que Dieu lui a confié les Saintes écritures qui désignent apparemment l’Evangile. Ensuite, il déclare sa prophétie par ces mots : « Il a fait de moi un prophète. » A ce moment-là, il n’est encore que nabî / نبى, ce n’est que par la suite que Dieu le choisira en tant que prophète envoyé[8]. Pourtant, ses mots semblent indiquer que le Livre lui a d’ores et déjà été donné, et non qu’il en soit question pour l’avenir.

 

XVIII. ‘Isâ (as) dispose de la dignité de l’Imâmat

 

Dieu dit : « Lorsque Nous avons conclu l’alliance avec les Prophètes, et avec toi[9], avec Noé, Abraham, Moïse et Jésus, fils de Marie ; Nous avons conclu avec eux une alliance solennelle. » (sourate Al-Ahzâb (Les coalisés) ; 33 : 7). L’ajout d’un pronom à l’alliance attribuée aux prophètes (as) nous apporte  la preuve que l’alliance des prophètes (as) est une alliance qui leur est réservée, et nous permet également de comprendre la citation des noms des prophètes se rapportant au mot nabiyyîn / نبيين. L’alliance conclue avec les prophètes (as) a un rapport avec le caractère même de leur prophétie. Ce fait mis à part, il s’agit aussi d’une alliance conclue avec le commun des mortels et dont témoigne ce verset : « Quand ton Seigneur tira une descendance des reins des fils d’Adam, Il les fit témoigner contre eux-mêmes : ‘Ne suis-Je pas votre Seigneur ?’ Ils dirent : ‘Oui, nous en témoignons !’ » (sourate Al-A‛râf ; 7 : 172). La question du pacte conclu avec les prophètes (as) apparaît également dans ce verset : « Dieu dit, en recevant le pacte des prophètes : ‘Je vous ai vraiment donné quelque chose d’un Livre et d’une Sagesse. Un Prophète est ensuite venu à vous, confirmant ce que vous possédiez déjà. Croyez en lui et aidez-le. Êtes-vous résolus et acceptez-vous Mon alliance à cette condition ?’ Ils répondirent : ‘Nous y consentons.’ » (sourate Âli ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 81). Bien que le verset en question n’exprime pas explicitement ce qu’est cette alliance, ce pacte conclu avec les prophètes (as), se contentant, comme nous l’avons dit, d’indiquer qu’il s’agit d’une alliance relevant de la dignité de prophète, nous pouvons néanmoins déduire de l’autre verset que nous avons rapporté de la sourate Âli ‘Imrân (La famille de 'Imrân) que l’alliance engage l’unanimité envers la religion et l’absence de divergence à son propos. Cela est confirmé par ces deux versets : « Cette communauté[10] qui est la vôtre est une communauté unique. Je suis votre Seigneur ! Adorez-Moi donc ! » (sourate Al-Anbiyâ’ (Les prophètes) ; 21 : 92) et « Il a établi pour vous, en fait d’obligations religieuses, ce qu’Il avait prescrit à Noé ; ce que Nous te révélons et ce que Nous avions prescrit à Abraham, à Moïse et à Jésus : ‘Acquittez-vous du culte ! Ne vous divisez pas en sectes.’ » (sourate Al-Shûrâ (La consultation) ; 42 : 13). Dans le verset qui nous occupe, le mot nabiyyîn / نبيين / prophètes (as), est commun et donc les concerne tous. Bien que cela concerne l’ensemble des prophètes (as), cinq sont cités par leur nom. Il est dit : « A toi[11] et à Nûh[12] (as), Ibrâhîm[13] (as), Mûsâ[14] (as) et ‘Isâ ibn Maryam[15] (as). » Faire la citation de ces cinq individus est relatif à leurs spécificités, ils sont ainsi démarqués de l’ensemble des prophètes (as), c’est comme s’il était dit : « Et comme Nous avons conclu l’alliance avec vous cinq, et avec les autres prophètes (as), il advient telle et telle chose. » Les citer de manière spécifique a pour fonction de les glorifier et d’exprimer le respect qui leur est dû parce qu’ils disposent d’une dignité immense et d’un degré considérable, parce qu’ils sont les ‘Ûlû al-‘azm[16], les porteurs d’une Loi et d’un Livre. C’est également en raison de ce principe que quatre d’entre eux sont cités selon l’ordre chronologique. L’Envoyé de Dieu (s) est cependant cité avant eux, bien que Son excellence (s) aurait dû être cité en dernier pour suivre la chronologie, cela est dû au fait qu’il est le plus noble, et qu’il a la primauté sur tous les autres. « Nous avons conclu avec eux une alliance solennelle. » (sourate Al-Ahzâb (Les coalisés) ; 33 : 7). Cette phrase marque une emphase sur le pacte en question. Il s’agit ici de préciser que : « l’alliance en question est particulièrement solide », comme on peut le voir dans ce verset : « Lorsque Notre Ordre vint, Nous sauvâmes Houd, et, avec lui, ceux qui croyaient, par une miséricorde venue de Nous. Nous les avons délivrés d’un terrible châtiment. » (sourate Hûd ; 11 : 58).

 

XIX. ‘Isâ (as) compte parmi les élus

 

Dieu dit : « Oui, Dieu a choisi, de préférence aux mondes[17] : Adam, Noé, la famille d’Abraham, la famille de ‘Imran. » (sourate Âli ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 33). Ce type d’élection est motivé par un ou plusieurs aspects que les élus  ne partagent pas avec les autres gens. Visiblement, « la famille de ‘Imrân » (as) désigne celle du père de Maryam (as), l’expression « Maryam fille de ‘Imrân » (as) est plusieurs fois répétée dans le noble Coran, alors que ‘Imrân, père de Mûsâ (as) n’y est même pas cité une seule fois en ces termes. Toutefois, quand il y est cité, ce n’est pas en tant que père de Mûsâ (as), ce qui confirme l’hypothèse qu’il s’agit bien ici de ‘Imrân (as), père de Maryam (as). Par conséquent, la famille de ‘Imrân (as) correspond à Maryam (as) et à ‘Isâ (as), auxquels s’ajoute peut-être l’épouse de ‘Imrân (as).

 

XX. ‘Isâ (as) possède la pureté d’esprit

 

Le noble Coran compte pour ‘Isâ (as) plus de vingt qualités parmi les hautes qualités de la wilâya et celles que possèdent les Amis de Dieu. La voie qui permet de les atteindre est la purification de l’esprit (rûh / روح). Celui qui parcourt la voie de la pureté peut alors jouir de ces qualités. De même, il est dit à propos de la purification de Maryam (as) : « Les anges dirent : ‘Ô Marie ! Dieu t’a choisie, en vérité ; Il t’a purifiée ; Il t’a choisie de préférence à toutes les femmes de l’univers. » (sourate Âli ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 42). Nous pouvons lire sur la purification de Son Excellence le Masîh (as) à l’égard des mécréants : « Dieu dit : ‘Ô Jésus ! Je vais, en vérité, te rappeler à Moi ; t’élever vers Moi ; te délivrer des incrédules. Je vais placer ceux qui t’ont suivi au-dessus des incrédules, jusqu’au Jour de la Résurrection ; votre retour se fera alors vers Moi ; Je jugerai entre vous et trancherai vos différends.’ » (sourate Âli ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 55). Cette nouvelle annoncée : « Je vais placer ceux qui t’ont suivi au-dessus des incrédules », permet de comprendre que ses disciples compteront parmi les compagnons dotés de la pureté complète. Celui qui est pur a parcouru la voie christique et obtient la victoire sur les autres ; voilà la promesse de Dieu. Avant l’apparition de l’islam, elle concerne les Apôtres et les autres disciples. Après l’apparition de l’islam, ce sont les véritables musulmans qui parcourent la voie de Son Excellence ‘Isâ (as), car ce que ‘Isâ Masîh (as) a apporté, l’islam également l’a apporté, et les musulmans se sont mis à cheminer sur cette même voie. « Je vais placer ceux qui t’ont suivi au-dessus des incrédules, jusqu’au Jour de la Résurrection », ce passage nous indique que l’ordre du monde est fait de sorte que parcourir la voie de la purification, est ce qui permet la victoire sur les mécréants ; c’est là la promesse de Dieu. Il est nécessaire de prêter attention au fait que l’objet de cette victoire est la victoire politique, la prédominance en terme de pouvoir, et non la victoire du savoir et de l’argumentation, car s’il avait été question de la victoire de l’argument de Son Excellence le Masîh (as) et de ses disciples sur celui des incrédules, il n’aurait alors pas été annoncé : « Je vais te faire trépasser, Je vais t’élever vers moi, et là je vais donner la victoire à l’argument de tes disciples sur celui des mécréants », pour la simple raison que l’argument qui permet la victoire des disciples de ‘Isâ (as) ne diffère en rien de l’argument de ‘Isâ (as) lui-même, or, cet argument est toujours victorieux sur celui des mécréants. Il en résulte donc que la victoire en question est la victoire temporelle, celle du système politique.

 

XXI. La prophétie à destination des Banî Isrâ’îl[18]

 

Savoir si la prophétie du Masîh (as) est réservée aux Banî Isrâ’îl ou si elle concerne un cercle plus étendu, est une question qui outrepasse le cadre de cet article. Cependant, l’aspect apparent des versets semble indiquer la première assertion, lorsqu’il est notamment dit : « et le voilà prophète, envoyé aux fils d’Israël. » (sourate Âli ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 49). D’après cette affirmation, Isâ (as) est envoyé aux Banî Isrâ’îl seuls, de la même manière que l’on peut déduire des versets relatifs à Son Excellence Mûsâ (as), qu’il a également été envoyé aux Banî Isrâ’îl seuls. D’un autre côté, ce verset est également révélé : « Les hommes formaient une seule communauté. Dieu a envoyé les prophètes pour leur apporter la bonne nouvelle et pour les avertir. » (sourate Al-Baqara (La vache) ; 2 : 213). ‘Isâ (as), comme Mûsâ (as), compte parmi les prophètes ‘Ûlû al-‘azm, les prophètes (as) envoyés à l’ensemble des habitants de ce monde. Bien entendu, il existe une différence entre la qualité de rasûl / رسول et celle de nabî / نبي ; la prophétie (nubuwwa / نبوة, dont découle nabî / نبي ) correspond à la mission (bi‛tha / بعثة) et à la propagation (tablîgh / تبليغ), tandis que la risâla / رسالة est une légation particulière suivie d’une mention exécutive, qui consiste en un décret céleste, un jugement divin entre les gens, tantôt instaurant l’éternité et la grâce, tantôt la mort et la disparition de la grâce, comme le montre ce verset: « Un prophète est envoyé à chaque communauté : quand vient son prophète, tout en tranché avec équité entre ses membres, personne n’est lésé. » (sourate Yûnus (Jonas) ; 10 : 47). Autrement dit, le nabî / نبي est un être humain missionné par Dieu le Très-Haut pour exposer aux gens les décrets de la religion, alors que le rasûl / رسول est un être humain qui est missionné afin d’exposer des formulations particulières suivies de destruction, dans le cas où elles sont ignorées, ou suivies de permanence et de félicité, dans le cas où elles sont bien accueillies. C’est là ce qui ressort clairement des discours que le noble Coran rapporte de prophètes comme Nûh (as), Hûd[19] (as), Sâleh[20] (as), Shu‛ayb[21] (as) et des autres prophètes (as) qui se sont adressés à leur peuple. S’il en est ainsi, il n’est pas nécessaire que la prophétie (risâla / رسالة) d’un prophète (rasûl / رسول) s’adresse à un peuple particulier et que sa mission (bi‛tha / بعثة) concerne ce même peuple. Il est possible au contraire que sa prophétie (risâla / رسالة) concerne un peuple précis, mais que sa mission (bi‛tha / بعثة) et sa prophétie (nubuwwa / نبوة, dont découle nabî / نبي) concernent l’ensemble de l’humanité, comme c’est le cas pour Mûsâ (as) et pour ‘Isâ (as).[22] Les preuves que l’on peut tirer du noble Coran à ce propos sont nombreuses. Parmi elles, il est dit au sujet de la prophétie (risâla / رسالة) de Mûsâ (as) en direction de Pharaon : « Va chez Pharaon ; il est rebelle. » (sourate TaHa ; 20 : 24). Pourtant, nous observons que les magiciens de Pharaon finissent par avoir foi en Mûsâ (as) : « Les magiciens tombèrent prosternés en disant : ‘Nous croyons au Seigneur d’Aaron[23] et de Moïse.’ » (sourate TaHa ; 20 : 70). L’aspect manifeste de ces versets montre que la foi des magiciens est acceptée bien qu’ils ne comptent pas parmi les Banî Isrâ’îl. Au sujet de l’appel lancé au peuple de Pharaon, bien que celui-ci ne fasse pas partie des Banî Isrâ’îl, il est dit : « Avant eux, nous avions éprouvé le peuple de Pharaon, alors qu’un noble Prophète était déjà venu à eux. » (sourate Al-Dukhân (La fumée) ; 44 : 17). Ce qui vient corroborer ces versets, et le caractère universel du message apporté par Son Excellence (as), c’est le fait que de nombreux peuples qui n’appartiennent pas aux Banî Isrâ’îl, embrassent la foi de ‘Isâ (as), et ce avant la mission de l’Envoyé de Dieu (s), comme le peuple de l’Empire romain, les grandes nations de l’Occident, comme la France, l’Autriche, l’Angleterre, ainsi que des peuples de l’Orient, comme le peuple de Najrân[24] qui s’est rassemblé autour de lui alors qu’il ne faisait pas partie des Banî Isrâ’îl. Dans aucun des versets du Coran parlant des Nazaréens (Nasârâ / نصارا / chrétiens) il n’est davantage prêté attention aux « Nazaréens issus des Banî Isrâ’îl ». Au contraire, lorsque le Coran fait leur éloge, il s’adresse à l’ensemble d’entre eux, et s’il les blâme, il les blâme tous.

 

(A suivre…)



[1] Jésus (as). (Texte traduit du persan. Les notes sont du traducteur et les traductions des passages du Coran sont de Denise Masson).

[2] Littéralement : « celui qui est oint ». Ainsi, le mot Messie correspond à l’étymologie du mot christos, qui donne Christ en français, et désigne celui qui a reçu l’initiation. Ainsi, ‘Isâ al-Masîh (as) correspond précisément à Jésus-Christ (as) et ne diffère pas de la notion de Messie.

[3] Nabî /نبي  : est nabî celui qui entend et/ou voit l’ange de la révélation, en rêve ou en état d’éveil. Cette qualité fonde la prophétie et est partagée par tous les prophètes.

[4] Mursal / مرسل : est mursal celui qui, en plus d’être nabî, est porteur d’un message à destination de son peuple.

[5] Littéralement : est mis en gage dans son propre acte !

[6] Salmân le Perse, zoroastrien devenu chrétien, apprend la venue prochaine du Prophète (s) auprès d’un moine nestorien. Il se rend donc en Arabie, rencontre l’Envoyé de Dieu (s), se convertit à l’islam et devient l’intime des Cinq personnages du manteau (Ahl al-Kisa) (as). Il est le symbole du cheminement sur la voie.

[7] Contre le fait qu’ils puissent le considérer comme le fils de Dieu.

[8] Porteur d’un message / risâla / رسالة.

[9] Toi, le Prophète Muhammad (s) à qui s’adresse cette phrase…

[10] L’auteur de cette exégèse traduit « communauté » par « religion », bien que ce soit bien le mot umma / أمة qui figure dans le verset.

[11] Toi, le Prophète Muhammad (s) à qui s’adresse cette phrase…

[12] Noé (as).

[13] Abraham (as).

[14] Moïse (as).

[15] Jésus fils de Marie (as).

[16] Il s’agit généralement des cinq grands prophètes, soit Nûh / Noé (as), Ibrâhîm / Abraham (as), Mûsâ / Moïse (as), ‘Isâ (as) et Mohammad (as). Il arrive que leur nombre change, ou que l’un laisse la place à l’autre. La grande question consiste à savoir si Âdam (as) en est ou pas. D’après Majlisî, la qualité de ‘Ûlû al-‘azm a trait au degré de fermeté de ces prophètes (as), qui est notamment mesuré par la rapidité avec laquelle ils ont répondu à la question primordiale (Ne suis-Je pas votre Seigneur ?), lors du grand rassemblement des futures créatures, dans la préexistence.

[17] De préférence aux gens du monde, selon la plupart des exégètes.

[18] Les fils d’Israël / Jacob (as), soit les douze tribus.

[19] Héber ou Eber (as).

[20] Shelah (as).

[21] Jethro (as).

[22] Il ne semble pas possible de faire correspondre des termes français précis aux mots : nubuwwa / نبوة, risâla / رسالة, bi‛tha / بعثة, tablîgh / تبليغ sans mentionner les termes arabes, car d’une traduction à l’autre, les termes choisis sont quasiment interchangeables ! En langue persane, la langue originale de ce texte, on est soumis aux mêmes problèmes…

[23] Hârûn (as).

[24] Ville de la péninsule Arabique, dont la communauté chrétienne est célèbre pour les musulmans du fait de la confrontation (avortée) ayant eu lieu entre ses représentants et le Prophète (s) accompagné de sa fille (as), de son gendre (as), et de ses deux petit-fils (as), soit les Ahl al-Kisa (as).

 

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