L’ascension au ciel de Son Excellence le Masîh (as) d’après le Coran et les hadiths (1)

Le cœur des Banî Isrâ’îl[1] est si scellé qu’aucune forme de vérité ne peut plus y pénétrer. Hormis quelques rares individus, ils n’ont pas foi en Son Excellence ‘Isâ[2] (as). Ils sont si englués dans la voie de la mécréance qu’ils calomnient durement la vierge Maryam[3] (as), la mère du grand prophète de Dieu (as), dont elle tombe enceinte sur ordre divin, sans avoir d’époux. Ils sont si fiers d’assassiner les prophètes (as) qu’ils en viennent même à dire : « Oui, nous avons tué le Messie, Jésus, fils de Marie, le Prophète de Dieu. » (sourate Al-Nisâ’ (Les femmes) ; 4 : 157). L’emploi du terme « Prophète de Dieu » à propos du Masîh[4] (as) peut être ironique et moqueur. Les prêches de ‘Isâ (as) auxquels s’ajoutent ceux de ses disciples entraînent les juifs, dont les représentants religieux judaïques, à nourrir dans leur cœur davantage de rancune à l’encontre de Son Excellence (as). Ils pensent alors à comploter pour assassiner ce grand homme (as). En vue de réaliser leur sinistre objectif, ils manipulent le César romain en lui disant que si cette situation perdure, son pouvoir va être renversé : « Si tu veux conserver le pouvoir, tu n’as pas d’autre choix que de tuer ‘Isâ (as). » Son Excellence ‘Isâ (as) apprend ce que trame l’ennemi. Il change alors de résidence avec ses disciples les plus proches, et reste ainsi sauf et à l’abri du tort que lui veut l’ennemi. En fin de compte, l’un de ses proches compagnons nommé Yahûdâ Askharyûtî[5], l’un des douze apôtres de Son Excellence (as), le vend à l’ennemi pour un pot-de-vin se montant à trente pièces d’argent. Il indique à l’ennemi le lieu où se cache ‘Isâ (as), et il est fait prisonnier puis est jeté en prison. Quant à Yahûdâ Askharyûtî, présentant beaucoup de ressemblances avec ‘Isâ (as), il est tué à sa place par les juifs, il se voit ainsi précipité dans le puits qu’il a lui-même creusé. Voici le détail des événements : ‘Isâ (as) et ses proches disciples entrent dans un jardin et s’y cachent. Cependant, à cause du rapport que fait Yahûdâ (à l’ennemi), lorsque la nuit tombe et que l’obscurité s’installe, les espions et les tortionnaires de l’ennemi pénètrent le jardin de tous côtés et cernent les apôtres. Lorsque les apôtres réalisent qu’ils courent un grand danger, ils abandonnent ‘Isâ (as), le laissant seul, et prennent la fuite. Face à ce danger, Dieu ne laisse pas ‘Isâ (as) seul, Il lui vient en aide et le dissimule des assaillants. Ils se saisissent de celui qu’ils trouvent sur les lieux, qui ressemble parfaitement à ‘Isâ (as) (à savoir ce Judas Iscariote). Effrayé par cette violente déconvenue, cet homme se perd lui-même, sa bouche devient muette et il ne parvient pas à dire qui il est. Yahûdâ est crucifié puis mis à mort par les tortionnaires, se trouvant ainsi châtié pour ce qu’il a fait. Le César romain, les ministres et les militaires pensent alors avoir tué ‘Isâ (as), « Mais ils ne l’ont pas tué ; ils ne l’ont pas crucifié, cela leur est seulement apparu ainsi. » (sourate Al-Nisâ’ (Les femmes) ; 4 : 157), nous dit le Coran. La nouvelle se répand dans la société que ‘Isâ (as) a été exécuté. Même les chrétiens le croient, et le signe de croix que l’on observe lors de toutes les étapes de la vie des chrétiens, s’appuie sur la croyance que ‘Isâ (as) a été crucifié, c'est-à-dire qu’il a été fixé sur la croix et qu’il est mort en martyr. Pourtant, selon le texte explicite du Coran, il n’a pas été tué, il n’a pas été crucifié, au contraire, il a été emporté, vivant, au ciel. Aujourd’hui encore il est vivant et vit dans le ciel. Lors de l’avènement de Son Excellence le Mahdî ('aj), il descendra sur la Terre et accomplira la prière derrière lui. Dans le monde céleste, celui des chérubins, l’événement de l’ascension au ciel de ‘Isâ (as) est un événement très important. Lors de la naissance du Prophète de l’islam (s), Iblîs dit aux démons : « Depuis l’ascension au ciel de ‘Isâ (as) (soit 537 ans auparavant), un tel événement n’a pas eu lieu. » Cette parole d’Iblîs montre l’importance que revêtent l’ascension de ‘Isâ (as) et la naissance du Prophète de l’islam (s). (Tiré du Bihâr al-Anwâr, Vol. 15, p. 258).

 

L’ascension de ‘Isâ (as) selon le Coran

 

Dieu parle de l’ascension de ‘Isâ (as) dans les sourates Âli ‘Imrân et Al-Nisâ’. Il dit dans la sourate Al-Nisâ’ (Les femmes) : « Mais Dieu l’a élevé vers Lui ; Dieu est puissant et juste. » (sourate Al-Nisâ’ (Les femmes) ; 4 : 158). La question de l’enlèvement au ciel de ‘Isâ (as) apparaît également dans la sourate Âli ‘Imrân (La famille de 'Imrân) : « Dieu dit : ‘Ô Jésus ! Je vais, en vérité, te rappeler à Moi ; [et même] t’élever vers Moi. » (sourate Âli ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 55). Comme nous pouvons le voir, Dieu le Très-Haut indique d’abord qu’Il va le rappeler à Lui, et ensuite qu’Il va l’élever. Le verbe rafa‛a / رفع signifie enlever et emporter, à l’inverse du verbe wada‛a / وضع qui est utilisé dans le sens de poser. La pureté (tahâra / طهارة), dont mutahhar / مطهر est le nom d’agent sous la forme taf‛îl / تفعيل, s’oppose à qadhâra / قذارة qui désigne la souillure. Dans le saint verset, le nom râfi‛uk / رافعك est attaché à l’adverbe ilâ / الى, il apparaît donc clairement que l’objet de cet enlèvement, de cette élévation, est une élévation spirituelle, et non une élévation extérieure et physique, car Dieu le Très-Haut ne se tient pas en un lieu élevé dans le sens de la hauteur, Dieu n’est pas concerné par les lieux physiques où se situent les corps. Pour cette raison, l’éloignement ou la proximité à l’égard de Dieu le Très-Haut ne concernent pas non plus un éloignement ou une proximité physique. Aussi, l’expression citée est analogue à cette autre expression qui vient à la fin de ce même verset : « Votre retour se fera alors vers Moi. » (sourate Âli ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 55). Dans le cas de la mort, il est particulièrement évident que l’objet de rafa‛a / رفع est l’élévation spirituelle, c'est-à-dire l’élévation dans les degrés de la proximité vis-à-vis de Dieu le Glorifié. Le cas est semblable à une formulation que le noble Coran emploie à propos des martyrs (shuhadâ / شهدا), soit ceux qui ont été tués sur la voie qui ramène à Lui : « Ne crois surtout pas que ceux qui sont tués dans le chemin de Dieu sont morts. Ils sont vivants ! Ils seront pourvus de bien auprès de leur Seigneur. » (sourate Âli ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 169). Dans ce verset, l’objet du mot ‘inda / عند / auprès, n’est pas un lieu déterminé, il désigne la proximité spirituelle. Un cas comparable se retrouve dans une formulation de la sourate Maryam (Marie) au sujet de la dignité d’Idrîs[6] (as) : « Nous l’avons élevé à une place sublime. » (sourate Maryam (Marie) ; 19 : 57). Dans cette phrase, le mot « place » fait appel aux notions de position, de dignité, de degré, et non de lieu physique. On retrouve souvent que l’élévation de ‘Isâ (as) vers Dieu désigne son esprit et son corps qui sont emportés physiquement au ciel, car l’aspect apparent du saint verset semble indiquer que Dieu le Très-Haut élève ‘Isâ (as) vers le ciel matériel et physique, alors qu’il est en vie, et que par la même occasion, le lieu de la proximité avec Dieu le Glorifié, le lieu d’où descend la miséricorde, le domicile des nobles anges, c’est ce ciel matériel.

La forme du saint verset de la sourate Al-Nisâ’ (Les femmes) nie ce que prétendent les juifs, à savoir qu’ils auraient tué ‘Isâ (as) et l’auraient crucifié. Son aspect apparent nous indique que l’individu que les juifs prétendent avoir tué, Dieu le Très-Haut l’a en réalité emporté au ciel avec son corps physique, le soustrayant ainsi à la perfidie de l’ennemi. Il apparaît que ‘Isâ (as) est emporté au ciel avec son corps et son esprit, contrairement aux autres êtres humains dont l’esprit se sépare du corps pour être emporté (seul) au ciel. La probabilité qu’il en soit autrement est totalement exclue si l’on se réfère à la forme de ce verset. En effet, « Dieu l’a élevé vers Lui » ne correspond pas à une simple élévation de l’esprit de ‘Isâ (as) après sa mort. En exprimant cela plus simplement, cela donne : quand l’esprit s’élève consécutivement à la mort par assassinat, à la mort par crucifixion, ou même à la mort naturelle et ordinaire, parce que tout individu passant dans la mort voit son esprit s’élever dans le monde des esprits, il est insensé de dire : « Mais Dieu l’a élevé vers Lui ». La présence de la conjonction  « mais » nous fait comprendre que l’élévation de ‘Isâ (as) concerne à la fois son esprit et son corps. Ainsi, cette élévation est une forme de délivrance au moyen de laquelle Dieu, Honoré et Glorieux, sauve ‘Isâ (as) et le tire des mains des juifs. Il n’y a aucune différence que cette délivrance intervienne au moyen de la mort de ‘Isâ (as) ou pas, que l’assassinat et la crucifixion n’aient pas eu lieu et qu’il soit mort d’une manière qui nous est inconnue, ou bien qu’il demeure en vie auprès de la Face divine, par un processus dont nous ignorons tout ; ces possibilités existent.

Plus raisonnablement, il n’est pas absurde que Dieu le Très-Haut ait emporté le Masîh (as), l’ait élevé vers Lui, l’ait gardé auprès de Lui, et/ou l’ait gardé en vie par un processus qui ne correspond en rien à ce qui se passe d’ordinaire pour nous, les êtres humains. Cet événement compte parmi les autres événements miraculeux qui ont été réalisés par ‘Isâ (as), et dont le noble Coran fait le récit. Il n’est ni plus important ni plus étonnant que d’être né d’une mère n’ayant pas pris d’époux, ni qu’il se soit adressé aux gens alors que cela ne faisait que quelques heures qu’il était venu au monde. Si pour la résurrection du mort, les autres miracles de Son Excellence (as), ainsi que les miracles d’Ibrâhîm[7] (as), de Mûsâ[8] (as), de Sâleh[9] (as) et des autres prophètes (as), on a trouvé une explication rationnelle ordinaire, on en trouvera également une pour l’ascension au ciel de ‘Isâ (as) alors qu’il est toujours en vie.[10] Mais jamais la science ordinaire ne pourra fournir d’explications à ce type de prodiges surnaturels et extraordinaires par leur seul biais. Ces miracles disposent d’un unique canal : la preuve de leur existence et de leur survenue est le Livre de Dieu l’Aimé. Les preuves sur ces sujets sont irréfutables, à part bien sûr pour certaines personnes qui, réfutant la loi de causalité commune et l’extraordinaire, se mettent en peine et interprètent les versets du Coran.

 

La purification du Masîh (as) dans sa vie parmi les mécréants

 

Dieu dit : « Ô Jésus ! Je vais, en vérité, te rappeler à Moi ; t’élever vers Moi ; te délivrer (te purifier) (de la souillure)[11] des incrédules. » (sourate Âli ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 55). L’objet de cette purification est sa délivrance des griffes des gens impurs et sans foi, ou bien sa délivrance à l’égard des calomnies inadmissibles et des complots dénués d’élégance morale provoqués par la victoire de sa religion. Nous pouvons lire un passage analogue à propos du Prophète de l’islam (s) dans la sourate Al-Fath (La victoire) : « Oui, Nous t’avons accordé une éclatante victoire ! afin que Dieu te pardonne tes péchés dans le passé et dans l’avenir. »[12] (sourate Al-Fath (La victoire) ; 48 : 1 et 2). Il s’agit des péchés commis dans le passé qui lui ont attribués et la possibilité que d’autres lui soient attribués dans l’avenir. L’objet de sa purification peut également correspondre au fait que le Masîh (as) soit emporté à l’extérieur de cet environnement souillé. Dans le saint verset de la sourate Âli ‘Imrân (La famille de 'Imrân), Dieu s’adresse à Son Excellence ‘Isâ (as) pour lui parler de trois sujets : le rappeler (mutawaffika / متوفيك), l’élever (râfi‛uka / رافعك) et le purifier (mutahhiruka / مطهرك). Il est clairement sous-entendu que ‘Isâ (as) n’est pas seulement le nom de l’esprit (rûh / روح) et de l’âme, mais aussi celui de l’ensemble que forment le corps et l’âme. Ainsi, le porteur de ces trois puretés est nécessairement le ‘Isâ extérieur (as), c'est-à-dire cet être composé d’un corps et d’une âme. ‘Isâ (as) est autrement dit le nom de cet être extérieur, et c’est à cet être que s’adressent ces paroles de Dieu. En considérant que le mot mutawaffika / متوفيك a pour signification le fait que ‘Isâ (as) est délivré des griffes des juifs, alors les trois puretés en question concernent bien le ‘Isâ (as) en chair et en os. Dieu le délivre ainsi des gens, l’élève, et le purifie de cette proximité d’avec les mécréants. Mais en considérant que le sujet est ici la mort, il semble évident qu’après la mort, ce n’est pas son corps qui va être élevé mais son esprit. Dans ce cas-là, la première pureté de ‘Isâ (as) concerne son corps et son âme, alors que la deuxième s’adresse à son esprit, qui prend son envol seul. Le verset signifie : « Ô Masîh ! Je te fais mourir et j’élève ton esprit. » Cette exégèse nécessite une précision quant à ce qui est qualifié. Ce n’est pas seulement l’esprit de ‘Isâ (as) que désigne son nom, même si sa réalité est bien cet esprit, mais on appelle aussi ‘Isâ (as) cet être matériel associé à l’esprit, et c’est à cet être-là que l’on s’adresse, aussi, ces actions le concernent nécessairement. Ici, la purification à l’égard des mécréants suppose un aspect secondaire et est soumis à une élévation, ce qui indique que l’objet de cette purification est également la purification spirituelle, et pas matérielle, car l’élévation dont il est question est une élévation spirituelle. De ce fait, la purification de ‘Isâ (as) consiste en son éloignement vis-à-vis des impies, à être immuniser contre leur fréquentation et contre une chute possible dans une société atteinte de la souillure que représente la mécréance et le fait d’être juif[13].

 

(à suivre)



[1] Les fils d’Israël / Jacob, à savoir les douze tribus. (Texte traduit du persan. Les notes sont du traducteur et les traductions des passages du Coran sont de Denise Masson).

[2] Jésus (as).

[3] Marie (as).

[4] Littéralement : « celui qui est oint ». Ainsi, le mot Messie correspond à l’étymologie du mot christos, qui donne Christ en français, et désigne celui qui a reçu l’initiation. Ainsi, ‘Isâ al-Masîh (as) correspond précisément à Jésus-Christ (as) et ne diffère pas de la notion de Messie.

[5] Judas Iscariote.

[6] Hénoch (as).

[7] Abraham (as).

[8] Mûsâ (as).

[9] Shelah (as).

[10] Ce point semble avoir simplement pour but de mettre ces prodiges sur le même plan, pour faire sens  avec ce qui suit.

[11] Ces deux parenthèses sont issues de la traduction / commentaire de l’exégète cité dans l’article, et non de la traduction de Denise Masson.

[12] Denise Masson traduit ainsi : « … afin que Dieu te pardonne tes premiers et tes derniers péchés. »

[13] L’auteur entend certainement désigner ici le fait de rester juif alors que ‘Isâ (as) a révélé son message. Il est nécessaire pour lui de faire une distinction entre les mécréants et les juifs, car on ne peut dire des juifs qu’ils sont mécréants. Le terme employé est péjoratif en persan (et même s’il ne l’était pas, il est tout de même question de souillure…), ce qui est loin d’être élégant !

 

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