La prière : la voie de l’ascension vers Dieu (4) L’humilité révérencielle (al-khushû‘‘) (1ère partie)

Parmi les choses nécessaires, voire indispensables, au pèlerin vers Dieu dans l’ensemble de ses actes d’adoration et bien-sûr durant la prière, qui est à la tête de tous les actes d’adoration, même ! qui a la station « collective » (ou « synthétique » al-jâmi‘îat) : l’humilité révérencielle (al-khushû‘‘).

On pourrait la définir ainsi : la soumission totale (à Dieu) mélangée à de l’amour et de la crainte. Elle arrive quand on saisit la grandeur de la Majesté (al-Jalâl) et de la Beauté (al-Jamâl) de Dieu, ce qui suscite des sentiments à la fois de vénération, de crainte, d’humilité et de soumission. Les réactions du cœur peuvent varier selon la constitution et la nature fondamentale (fitra) des gens.

Certaines gens, des « passionnés », des « aimants » de Dieu, sont plutôt sensibles à la grandeur de la Beauté et quand ils voient la beauté apparente, ils se tournent vers la Beauté de l’Aimé, en fonction de leur fitra. Ces gens-là, quand ils saisissent, dans leur cheminement vers Dieu, l’ombre du Beau ou qu’ils voient le principe, l’origine de la Beauté, sont foudroyés, le Grandiose caché dans le secret de la Beauté les faisant s’évanouir. Pourquoi ? Parce que dans toute Beauté se trouve une Majesté cachée, de même que dans toute Majesté, se trouvé une Beauté voilée.

Peut-être est-ce cela que le Maître des gnostiques(p), le Prince des croyants et des pèlerins vers Dieu indiquait dans sa parole : « Gloire à Celui qui a étendu Sa Miséricorde à Ses Proches-Elus dans la vigueur de Son Châtiment, et qui a rendu vigoureux Son Châtiment à l’encontre de Ses ennemis dans la largesse de Sa Miséricorde. » Le prestige, l’ascendant et la grandeur de la Beauté ont fait perdre connaissance à ces gens et l’humilité révérencielle les a saisis face à la Beauté de l’Aimé.

Au début, leur cœur est pris de tremblement ; il est troublé, agité. Puis, après l’affermissement, il connait un état de « familiarité » : de l’état de peur farouche, d’appréhension, d’agitation, né de la grandeur et de l’ascendant de la Beauté sur lui, le cœur est passé à l’état de familiarité et de calme. Il atteint l’état de la tranquillité comme c’était le cas pour le cœur de l’Ami Intime du Tout-Miséricordieux (le Prophète Ibrahim(p)).

D’autres cœurs, qui sont plus facilement impressionnés par l’aspect terrifiant de la Majesté (des « craintifs »), saisissent en permanence la Grandeur, le Superbe, la Majesté. Leur humilité révérencielle proviendrait de la crainte et des effets de la manifestation des Noms de Coercition et de Majesté sur eux. C’était l’état du Prophète Yehia(p), d’après notre Prophète et sa famille(p).

A la lumière de ces exemples des Proches-Elus de Dieu, nous voyons que l’humilité révérencielle est parfois mélangée à l’amour et parfois à la crainte et à la peur farouche – même s’il y a dans tout amour de la peur farouche, et dans toute crainte, de l’amour. De même, nous voyons que les degrés de l’humilité révérencielle (envers Dieu) varient selon les niveaux de la connaissance, de la vision (d’une vision présentielle) de la Grandeur, de la Majesté, du Bien et de la Beauté.

Mais pour des gens comme nous, qui sommes privés de la lumière des visions, il est nécessaire d’atteindre cet état d’humilité révérencielle par d’autres voies, celles de la connaissance et de la foi, comme nous le verrons la prochaine fois.

 

(d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imam al-Khomeiny(qs)1ère partie, chap.3 al-Khushû‘)