La prière : la voie de l’ascension vers Dieu (8) Se protéger contre le démon

 

A/Les règles de conduite nécessaires pour l’ensemble des actes d’adoration

De la nécessité de protéger ses actes d’adoration

contre les agissements du diable

La protection contre les agissements du diable est aussi la « mère » des règles de conduite du cœur : assurer cela fait partie des choses les plus grandioses et en même temps les plus précises. Et peut-être que le noble verset qui décrit les croyants comme {ceux qui sont assidus à leurs prières} (92/6 Les Troupeaux) est une indication de l’ensemble des niveaux de la vigilance dont le plus important est celui de la protection de la prière contre les agissements du diable.

Tout comme il y a pour le corps des nourritures qui conviennent à sa croissance et à son maintien, il y a pour le cœur et l’esprit des nourritures qui doivent être appropriées à chacun de leurs états, qui doivent faciliter leur croissance et leur développement. Les nourritures nécessaires pour le développement de l’esprit sont les connaissances divines prenant en considération l’origine des principes de l’existence jusqu’à la fin de l’organisation de l’existence. Quant à celles du cœur, elles puisent dans les faveurs et les rites divins. Si ces deux sortes de nourritures sont exemptes des agissements du diable et sont préparées par les mains de l’allégeance (Wilâyah) au dernier des Messagers et à l’Ami/Allié de Dieu le plus grandiose, alors elles nourrissent l’esprit et le cœur et leur font atteindre la perfection convenant à l’être humain et les degrés de la Proximité de Dieu.

Le pèlerin vers l’Au-delà doit donc purifier ses connaissances et ses rites des agissements du diable et de l’âme instigatrice du mal, quel que soit l’effort que cela demande ; il doit plonger dans ses mouvements profonds et se nourrir des nourritures spirituelles, ne pas négliger les ruses de l’âme et du diable, des cordes de l’âme instigatrice du mal et d’Iblis, avoir une mauvaise opinion totale de l’ensemble de ses mouvements et actes et ne pas donner une quelconque importance aux appels de son âme. Car, en faisant preuve d’indulgence vis-à-vis d’elle, il lui donnera peut-être l’occasion de prendre le dessus et de le mener à sa perte. En même temps, il ne doit pas désespérer des bienfaits intérieurs de Dieu devant les difficultés de la délivrance – qui ne se réalise de façon complète que chez l’Homme Parfait (le Messager de Dieu(s) et par suite chez les plus purs des Proches-Elus(p)) – car le désespoir de l’Esprit de Dieu est à la tête de toute tiédeur, de toute froideur et fait partie des péchés les plus graves.

Et il doit obligatoirement le faire car si les nourritures spirituelles ne sont pas purifiées des agissements du diable et de ses ingérences dans leurs préparations, non seulement elles ne permettront pas le développement de l’esprit et du cœur et ne le mèneront pas à la perfection lui convenant, mais elles seront insuffisantes, déficientes et pourront l’entraîner dans les voies du diable, des animaux et des bêtes sauvages.

Ainsi, ce qui aurait dû être une cause d’accès au bonheur, au capital de la perfection humaine et aux degrés élevés, aura provoqué le résultat contraire et l’aura mené au gouffre ténébreux des malheurs (de l’adoration du diable et de soi-même). Combien nombreux sont ceux qui se sont ainsi égarés pour avoir négligé ce point, même parmi les savants de morale, de droit et des dévots !

Comme il est important, dans ce cas, de bien observer son état, de s’ausculter avec minutie, comme le médecin le fait avec son malade, de rechercher avec précision les erreurs dans sa démarche et son cheminement et bien sûr de ne pas négliger, durant cette introspection, de demander la protection de l’Essence divine (qu’Il soit Glorifié et Magnifié !), avec humilité et soumission !

 

(d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imam al-Khomeiny(qs) Maqâlat 1 chap.5)