Le rôle de la femme dans l’histoire de l’islam

Le Coran dit à propos de son Excellence Sadiqa Tâhira (as) : « Oui, Nous t’avons donné Al-Kawthâr. » (Sourate Al-Kawthar ; 108 : 1). Il n’existe pas de terme plus élevé que Kawthar. Dans un monde où l’on considère la femme comme la malfaisance absolue, comme le principe même de la séduction et du péché, le Coran dit que non seulement cela est faux, mais il parle de Kawthar, ce qui indique qu’il s’agit là d’une d’erreur monumentale ! Ceci nous conduit au cœur même de l’histoire de l’islam. Dès le premier jour, deux personnes embrassent l’islam : l’Imâm ‘Alî (as) et Khadîja (as). Tous deux jouent un rôle particulièrement significatif dans l’édification de l’histoire de l’islam. Sans les sacrifices de cette femme qui est de quinze ans plus âgée que le Prophète (s), aurait-il pu mener à bien son entreprise (du point de vue des facteurs objectifs et apparents) ?

Dans L’Histoire, Ibn Ishâq, un siècle et demi après l’Hégire, écrit à propos de la dignité de Khadîja (as), de son rôle de soutien vis-à-vis du noble Prophète (s) et en particulier de la consolation qu’elle lui apporte : « Après la mort de Khadîja (as), qui suit dans la même année le décès d’Abû Tâleb, l’étau se resserre tellement autour du noble Prophète (s), qu’il ne peut rester (à Madîna). »

 

Jusqu’à la fin de sa vie, à chaque fois qu’il prononce le nom de Khadîja (as), le Prophète (s) voit couler de saintes larmes sur ses joues. ‘Â’isha dit : « Une vieille femme n’a pas tant de valeur, qu’est-ce que cela veut dire ? » Le Prophète (s) lui répond : « Tu ne t’imagines tout de même pas que je pleure l’apparence de Khadîja ? Il y a un monde entre Khadîja (as) et toi, entre Khadîja (as) et les autres ! » Si vous considérez l’histoire de l’islam, vous voyez qu’il s’agit d’une histoire tant masculine que féminine, l’homme dans son domaine et la femme dans le sien. Le Prophète (s) a des hommes comme des femmes parmi ses compagnons. Il en va de même pour ses paroles, qui sont tant rapportées par des femmes que par des hommes. Il se peut que l’ensemble de leurs noms soit consigné dans des livres écrits il y a mille ans. Il existe quantité de hadiths dont les rapporteurs sont des femmes.

Il existe un livre intitulé Belâghât al-Nisâ’ (Les discours éloquents transmis par les femmes). Ce livre est de Baghdâdî, il date d’environ deux cent cinquante ans après l’Hégire, soit à l’époque où vivait l’Imâm al-‘Askarî (as) (son Excellence l’Imâm al-‘Askarî (as) est mort en deux cent soixante). Parmi les discours que Baghdâdî cite dans son livre se trouve celui que prononça son Excellence Zaynab (as) dans la mosquée de Yazîd, son discours à l’assemblée d’Ibn Zyâd ainsi que celui de son Excellence Zahrâ (as) intervenant au tout début du califat d’Abû Bakr.

 

Sur le nouveau catafalque que l’on a récemment installé pour son Excellence Ma‛sûma (as), on a choisi un hadith dont tous les rapporteurs sont des femmes, la source remontant jusqu’au noble Prophète (s). Elles se nomment toutes Fâtima (il y est question d’environ quarante Fâtima). Fâtima fille de… relate de Fâtima fille de…, etc. La chaîne de transmission descendante aboutit à Fâtima fille de Mûsâ ibn Ja‛far (as). Dans son sens ascendant, elle passe par Fâtima fille de l’Imâm Hosayn (as), et aboutit à Fâtima fille du Prophète (s). Ceci indique que leur participation est à ce point usuelle, et cependant, il ne s’agit à aucun moment de conversations familières. Beaucoup de rapporteurs de hadiths se présentaient pour transmettre leurs hadiths, et les femmes venaient les écouter. Les femmes s’asseyaient dans un coin et les hommes dans un autre. Ou bien, les hommes se tenaient dans une pièce et les femmes dans une autre. Personne n’apportait un siège afin qu’un homme y prenne place, et les femmes ne portaient pas de mini-jupe pour dévoiler le  haut de leurs cuisses ! Les femmes venaient s’instruire. Il est clair qu’en cela, ce qui est apparent et ce qui est caché forment deux choses différentes. L’islam parle de savoir, et non de concupiscence, de moquerie ou de charlatanisme. L’islam s’occupe de la personnalité.

Fâtima Zahrâ (as).

Voici de quelle manière on interprète habituellement le terme Al-Kawthar : « C'est-à-dire : la profusion de biens en cette vie et dans l’autre ; à moins qu’il ne s’agisse du nom propre d’un fleuve du paradis. » (Denise Masson). Certains exégètes, comme l’auteur de ce texte, disent clairement qu’Al-Kawthar, c’est Fâtima Zahrâ (as), la fille du noble Prophète (s).

Médine.

Son Excellence Ma‛sûma (as) est l’une des filles de l’Imâm Mûsâ al-Kâzem (a). Elle entreprend un long voyage afin d’aller rejoindre son frère, l’Imâm al-Ridhâ (as), à Marv, dans l’actuel Turkménistan, où il est l’hôte forcé du calife Ma’mûn. Elle périt en chemin, à Qom, où elle est enterrée en compagnie d’au moins trois de ses sœurs. Son sanctuaire, situé au centre de l’actuelle capitale des études théologiques chiites fait l’objet de pèlerinages incessants.

Soit son Excellence Fâtima al-Ma‛sûma (as), fille de l’Imâm Mûsâ al-Kâzem (as).