Un récit de la rencontre entre l’Imâm al-Ridhâ (as) et les chefs des différentes religions

Après que l’Imâm al-Ridhâ (as) à la suite à son père, ait pris en charge la responsabilité de la guidance et de l’Imâmat, il entreprend de parcourir le monde musulman. Son premier voyage le conduit de Madîna à Basra, afin de pouvoir rencontrer directement et personnellement les dignitaires et d’engager avec eux des conversations sur tous les sujets. Avant même de se mettre en route pour un lieu précis, il a pour habitude d’y envoyer un représentant informer les gens de sa venue, de sorte à ce qu’ils se trouvent prêts à l’accueillir et à le rencontrer. Ensuite, il organise de grandes assemblées réunissant beaucoup de gens pour discuter avec eux à propos de son imâmat et de sa guidance. Là, il leur propose de répondre à leurs questions concernant différents domaines de la connaissance islamique. Ensuite, il s’arrange pour rencontrer les théologiens dogmatiques, les débatteurs et les orateurs. Il rencontre également les savants non-musulmans dans le but d’évoquer avec eux tous les chapitres occasionnant des disputes et d’en débattre avec eux. Lorsque cela est achevé, il fait annoncer aux gens de Kûfa qu’il se rendra auprès d’eux dans trois jours. Il prend lui-même contact avec les places publiques, il rencontre les contradicteurs, les théologiens, les juifs, les chrétiens et tous ceux qui à cette époque, au sein du monde musulman, ont une ligne intellectuelle, et il dialogue avec tous de tous les sujets. Il considère le groupe le plus récent, accordant de l’importance à ses mouvements et à ses opinions et, utilisant les traductions et les controverses théologiques, attire sur lui l’attention du monde musulman.

 

Durant ces voyages, l’Imâm (as) a des discussions variées avec l’ensemble des groupes et des écoles spéculatives. Mohammad bin ‘Isâ Tuqtaynî dit : « J’ai rassemblé les questions posées à l’Imâm (as). Je suis arrivé à dix-huit mille questions auxquelles il répondit. » Ibrâhîm bin ‘Abbâs dit : « Je n’ai jamais vu une question posée à Ridhâ (as) sans qu’il ne sache y répondre. » Les pères de Ridhâ (as) n’entreprenaient pas toutes ces activités publiques. Ils ne voyageaient pas en personne de façon à prendre directement et publiquement contact avec les places publiques. Cependant, pour l’Imâm al-Ridhâ (as), il s’agit là d’une chose naturelle. A cette époque, les places publiques se sont multipliées et l’influence de l’école de l’Imâm ‘Alî (as) s’accroit du point de vue spirituel, intellectuel et social, dans le cœur des musulmans qui agissent consciemment en fonction de l’Imâm (as) et collaborent avec lui. Pourtant, un événement survient : un groupe de compagnons de l’Imâm (as) ne parvient pas à faire le lien entre le changement apparent qui intervient face à la ligne des pères de l’Imâm (as) et les nouvelles conditions, ce qui les amène à s’opposer à l’Imâm (as).

 

Au-delà du dialogue que son Excellence (as) entretient avec les différents groupes et les différentes écoles, Ma’mûn, dans le cadre de sa politique hypocrite, conçoit d’autres complots contre l’Imâm (as). L’immensité de l’autorité spirituelle de l’Imâm (as) au sein de la communauté le chagrine, alors il s’efforce, en mettant son Excellence (as) face aux savants et sous le prétexte du dialogue spéculatif, ainsi que celui de l’utilisation du savoir de l’Imâm (as), de défaire son Excellence (as) et  tente par ce moyen de briser la popularité qui est la sienne au sein de la communauté. Il s’applique à ce qu’aux yeux des gens, l’Imâm (as) apparaisse sans consistance, minime. Pourtant, cette supercherie de Ma’mûn n’a d’autre résultat qu’un accroissement de l’immensité de l’Imâm (as) et la honte de Ma’mûn. La lumière du savoir divin de l’Imâm (as) illumine tellement les assemblées spéculatives qu’à chaque fois, Ma’mûn, telle une chauve-souris hypocrite, brûle davantage au feu de la jalousie et en devient plus aveugle encore.

Shaykh Sadûq, le juriste et grand spécialiste chiite du hadith ayant vécu il y a plus d’un millénaire, écrit : « Ma’mûn invite des groupes de théologiens et des individus pervertis. Il est avide de les voir prédominer sur l’Imâm (as). Ceci est dû à la jalousie qu’il éprouve à l’endroit de l’Imâm (as). Cependant, à chaque fois que son Excellence (as) prend place pour discuter avec quelqu’un, cela se termine toujours par le fait que ce dernier avoue la prééminence de l’Imâm (as) et s’incline devant son argumentation… »

Nawfalî raconte : « Ma’mûn l’Abbasside ordonne à Fadhl ibn Sahl de réunir les chefs des différentes écoles tels Jâthalîq (le chef des évêques chrétiens), Râs al-Jâlût (le chef des savants juifs), les chefs des Sabéens (il est dit d’eux qu’ils adorent les anges, ou qu’ils adorent les étoiles, ou bien qu’ils n’ont pas foi en la prophétie ni en la loi divine), Harbaz Akbar (arabisé, cela donne Harbad, il est dit qu’il est le servant du temple du feu et le juge des Zoroastriens, les partisans de Zartocht), Nastâs al-Rûmî (le médecin byzantin) ainsi que les théologiens (soit ceux qui excellent dans le savoir dogmatique. Aussi, Fadhl les réunit…

 

Ma’mûn demande à l’Imâm al-Ridhâ (as) par l’intermédiaire de Yâser, le chargé d’affaires de l’Imâm (as), de parler aux chefs religieux s’il le désire. L’Imâm (as) répond : ‘Je viendrai demain.’ Lorsque Yâser revient, l’Imâm (as) me dit : ‘Ô Nawfalî ! Tu es irakien et l’Irakien est perspicace, que déduis-tu du fait que Ma’mûn ait réuni les mécréants et les théologiens ?’ Je dis : ‘Que je sois sacrifié pour toi, il veut te tester et évaluer le degré de ton savoir…’ L’Imâm (as) dit : ‘Crains-tu qu’ils invalident mes arguments ?’ Je dis : ‘Non, j’en jure par Dieu, jamais je n’aurai une telle crainte, Dieu te rendra victorieux sur eux.’ Il dit : ‘Ô Nawfalî ! Aimerais-tu savoir à quel moment Ma’mûn aura des regrets ?’ Je dis : ‘Oui.’ Il dit : ‘Lorsque j’aurai argumenté avec les gens de la Thora en utilisant leur Thora, avec les gens de l’Evangile par leur Evangile, avec les gens des Psaumes par leurs Psaumes, avec les Sabéens en hébreu, avec les Harbaz en pârsî, avec les Byzantins dans leur langue et avec les orateurs selon leur propre vocabulaire. Lorsque j’aurai condamné chaque groupe et invalidé leurs arguments, lorsqu’ils auront lâché leur croyance et abandonné leur discours et se seront ralliés au mien, Ma’mûn comprendra que le trône sur lequel il s’assied n’est pas le sien et là, il aura des regrets.’ L’Imâm (as) ajoute : ‘Nul force, nulle puissance si ce n’est en Dieu, l’Elevé, l’Immense…’

 

Le matin suivant, l’Imâm se rend à leur assemblée… Râs al-Jâlût, le savant juif dit : ‘Nous n’acceptons de ta part que (des arguments provenant de) la Thora, l’Evangile, les Psaumes de Dâwud (as) ainsi que les Livres d’Ibrâhîm (as) et de Mûsâ (as) (Râs al-Jâlût est juif et n’a pas foi en l’Evangile, mais il en a connaissance et entend ainsi tester l’Imâm (as) en présence des chrétiens, c’est pourquoi il demande à l’Imâm (as) d’argumenter également par l’Evangile). Son Excellence (as) accepte. Afin d’apporter des preuves au sujet du Prophète de l’islam (as), il leur donne des arguments détaillés tirés de la Thora, de l’Evangile et des Psaumes. Ils approuvent son Excellence (as), qui discute également avec les autres, et comme tous restent cois, il leur dit : ‘S’il se trouve parmi vous quelqu’un qui n’est pas d’accord et qui a une question, qu’il n’ait point honte et me l’expose.’ ‘Imrân Sâbî, qui n’a pas son pareil en théologie dogmatique dit : ‘Ô toi, le savant ! Si tu ne nous avais pas invités à t’interroger, je ne l’aurais pas fait, car je me suis rendu à Kûfa, à Basra, en Syrie et à Bahreïn, j’ai parlé avec les théologiens de ces contrées et je n’ai trouvé personne pour me convaincre de l’unicité de Dieu…’ L’Imâm (as) lui détaille la preuve de l’unicité de Dieu (la preuve détaillée que l’Imâm (as) expose au cours de cette assemblée a été reprise dans le Tawhîd de Sadûq). Imrân en est satisfait et dit : ‘J’ai trouvé mon maître et j’atteste que Dieu est comme tu l’as dit et que Mohammad est son serviteur ainsi suscité afin de guider vers la vraie religion.’ Là, il se tourne vers la qibla, se prosterne et embrasse l’islam. Lorsque les théologiens entendent les paroles de ‘Imrân, ils ne posent aucune autre question. A la fin de la journée, Ma’mûn se lève et rentre à la maison en compagnie de l’Imâm (as), tandis que les gens se séparent. »

Médine.

Bassora.

Zarathoustra. 

Les musulmans parlent toujours de « l’Evangile », alors que les chrétiens parlent des quatre Evangiles et que les historiens peuvent travailler sur les quelques deux cents évangiles apocryphes…

David.

La direction de la prière des musulmans, matérialisée par la Ka‛ba.

 

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